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En ce 8 mars 2023, les féministes au Québec sont-elles à court de combats pertinents?

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Nous sommes le 8 mars 2023, soit pour reprendre la terminologie officielle, la Journée internationale des femmes. Pas de la femme, des femmes. Et qui sont les femmes? Toutes les femmes, qu’elles soient biologiques, de ressenti, en questionnement. Dans cette époque qui a du mal à définir quelque chose d’aussi simple que la femme et sa différence avec l’homme, les féministes au Québec tentent de renouveler leurs combats pour justifier leur pertinence. Parfois au prix du bon sens. Analyse de certains combats postmodernes qui peuvent laisser de glace.

L’écriture inclusive est-elle inclusive pour tous?

Vous avez sûrement remarqué en lisant un média en ligne depuis un an ou deux l’utilisation régulière du point médian, pour ‘’féminiser’’ les professions ou les personnes dont on parle. Cela est sûrement dû au départ à la retraite de nombreux journalistes de la vieille école, et leur remplacement par de jeunes loups (louves?) biberonnés au politiquement correct. À Radio-Canada, au journal Métro, au Devoir. Lorsque je militais adolescent dans des groupes de gauche, l’écriture inclusive existait déjà. Mais elle se cantonnait aux brochures, blogues et journaux d’extrême gauche.

Par exemple l’utilisation du E majuscule était très courante pour mettre l’emphase sur la femme que la langue française voudrait supposément faire disparaître de nos représentations mentales. OppriméEs, militantEs, vous voyez le principe. Oui, cela était déjà difficile pour les yeux. Ce qui se limitait jadis à d’obscurs milieux de gauche radicale est désormais mainstream. Québec Sciences a adopté une forme d’écriture inclusive (car oui, il y en a plusieurs), la ville de Montréal utilise l’écriture épicène (par exemple remplacer les policiers de Montréal par la police de Montréal).

Est-ce que les féministes sont à ce point à court de combats pour militer activement pour une écriture qui n’est rien d’autre qu’une distinction de marque sociale, une croyance de luxe? La moitié des Québécois éprouvent des difficultés en lecture et en écriture, et cette écriture que l’on qualifie d’inclusive ne fait que rajouter des difficultés à la lecture. Les correcteurs de texte ont aussi de la difficulté avec ces textes et cette ponctuation. Les féministes parlent d’inclure alors qu’elles excluent une bonne partie de la population qui a des difficultés avec une langue française déjà très codifiée qu’il faut travailler pour en maîtriser les subtilités.

Et si nous critiquons cette écriture? Nous sommes super violents! Patrick Lagacé a soulevé avec pertinence que nous ne connaissons plus la lourdeur des mots à notre époque. En effet, une étudiante de l’UQAM s’est fait ordonner de cesser l’écriture inclusive dans ses travaux. Sa réponse? C’était super violent! L’art de passer pour une victime, car on emploie une méthode d’écriture du français qui n’est rien d’autre qu’une distinction sociale supplémentaire dans une société de plus en plus inégalitaire. Et ce au nom de l’inclusion!

Intimidation des féministes ‘’universalistes’’ au nom de la lutte contre la transphobie

À McGill s’est tenue il y a quelques semaines une conférence sur les besoins des LBG mais sans le T, c’est-à-dire des personnes lesbiennes, gais et bisexuelles, mais sans les transgenres. Car selon plusieurs personnes concernées, les personnes qui ont une orientation sexuelle divergente de la majorité ont des besoins différents des personnes transgenres, qui n’est pas une orientation sexuelle. Mais plutôt ce qu’ils appellent dans leur jargon une ‘’identité de genre’’. Quelle fut la réponse des militants trans? On tente d’annuler la conférence dans la violence! En effet, Annie-Ève Collin, féministe universaliste, c’est à dire qui croit que les femmes devraient avoir des droits égaux et non différenciés selon l’origine, a témoigné au micro de QUB radio de cette agression. On lui a crié dans les oreilles avec un mégaphone. Le lobby trans se fait de plus en plus hostile. Il considère qu’être femme n’est pas une question de biologie, mais de « ressenti ».

Qu’une femme dite trans, c’est-à-dire qu’il s’agissait d’un homme avant, est même davantage une « femme » qu’une femme cis (c’est-à-dire de naissance), car il a choisi de l’être en subissant des mutilations génitales et la prise d’hormones. JK Rowling a raison de s’inquiéter de l’effacement de la femme dans la société avec la multiplication des compétitions sportives qui autorisent des femmes trans à participer. C’est à dire des hommes biologiques qui ont toujours le physique donc les avantages des hommes à compétitionner contre des femmes biologiques qui n’ont pas la musculature et le corps permettant d’être au même niveau que ces hommes biologiques.

Le féminisme défend le voile islamique, symbole de la régression des droits des femmes dans le monde musulman

Ce n’est pas nouveau, mais le mouvement féministe au Québec, à l’exception de Pour les droits des femmes au Québec (PDF-Québec) défend le voile islamique coûte que coûte. Avec la loi 21, il est bien vu dans ces milieux militants de défendre ce qui est un symbole politique et le drapeau des Frères musulmans. En effet, il y a à peine quelques décennies, dans l’ensemble du monde musulman, le voile était porté essentiellement par des femmes âgées ou dans les régions rurales. En Iran, en Afghanistan, en Indonésie, au Koweït, en Irak, les femmes allaient à l’université sans porter le voile.

Mais grâce à l’argent du pétrole des pays du Golfe, un Islam plus rigoriste s’est diffusé : le salafisme. Cette branche de l’Islam qui prétend vouloir retrouver la religion des origines, du temps du Prophète il y a environ 1400 dans la péninsule arabique, a pour but de voiler les femmes, car elles seraient l’objet d’un désir sexuel de la part des hommes. Et ce incluant les petites filles. Qui normalement ne devrait faire l’objet d’aucune forme de sexualisation.

Est-ce que cela est dû au changement de garde à Québec solidaire? Nous connaissons la vie d’Amir Khadir, ayant grandi dans une famille iranienne laïque, qui était en opposition à la République islamique de l’Ayatollah Khomeini, mais est-ce que cela n’aurait pas des racines plus profondes? Dans un milieu qui pourfend constamment le christianisme au nom du décolonialisme, l’Islam est vu comme la religion des opprimés. Pour reprendre l’expression du théoricien martiniquais de la décolonisation Frantz Fanon, les damnés de la terre.

Des croyances de luxe versus des problèmes quotidiens et concrets

Évidemment, nous pourrions écrire des livres entiers sur la futilité des combats féministes au Québec en 2023. Sur l’utilisation d’une méthode d’écriture du français qui exclut potentiellement la moitié de la population (et ce au nom de l’inclusion!), l’intimidation de femmes biologiques par des hommes biologiques qui se sentent femmes et qui utilisent la violence pour imposer leur vision de la société, et bien sûr la défense du drapeau des Frères musulmans, soit le voile pour les femmes, pour combattre le colonialisme occidental. Je n’ai fait qu’effleurer ces sujets, il y a beaucoup de bonnes analyses qu’il sera facile de creuser si vous en avez l’envie.

Par contre, je précise que je parle d’un certain type de féminisme. Celui de la Fédération des femmes du Québec, qui avait un temps une femme trans à sa tête. Celui des militants 2.0. de Québec solidaire. Celui des départements d’études féministes et de genre de l’UQAM. Un féminisme qui n’est rien d’autre qu’un marqueur de classe sociale. Une croyance de luxe. C’est-à-dire que pour se distinguer socialement des gens que l’on déconsidère comme étant arriérés et ignorants, on adopte des croyances qui sont déconnectées de la réalité du quotidien.

Par exemple, presque aucune femme se sent opprimée en lisant un article du Journal de Montréal qui parle des pharmaciens sans point médian pour dire qu’il y a aussi des femmes qui ont le droit de pratiquer la pharmacie. Pas plus que pour la majorité de la population, le voile est un symbole d’émancipation quand on sait que le Coran autorise explicitement un mari à frapper sa femme. Et que des associations musulmanes, telles que celle d’Amira Elghawabi multiplient les contorsions mentales pour justifier certains types de coups, leur force.

Il existe toujours des enjeux pertinents pour les droits des femmes au Québec en 2023. Notamment la lutte contre l’obscurantisme religieux. Et l’existence même de la femme et de ses besoins dans un espace public de plus en plus accaparé par un lobby trans particulièrement intransigeant. Les féministes au Québec doivent retrouver le sens des mots et la pertinence de leurs combats au lieu de noyer des revendications légitimes dans un océan d’absurdités. Car à force de crier au loup, elles ne feront qu’amplifier un sentiment misogyne dans notre société. Car comme les militants qui se disent antiracistes à blâmer les blancs pour tous les maux de notre planète, ils produisent exactement le contraire de ce qu’ils prétendent défendre.

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