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Et le mondialisme récupéra le wokisme

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Issu du politiquement correct, le wokisme repose sur la notion d’oppression systémique selon laquelle chaque membre d’un groupe minoritaire serait systématiquement oppressé par le groupe majoritaire ou dominant: les femmes par les hommes, les personnes de couleur par les blancs, les minorités religieuses par les chrétiens [de confession ou d’héritage], les homosexuels par les hétérosexuels, les transgenres par la majorité qui n’a pas d’identité de genre. Il en résulte une hiérarchisation des individus en fonction de ces dites oppressions et de leurs intersections [d’où la notion d’intersectionnalité]. On aspire à égaliser les opportunités au départ [noble intention] mais vise aussi à éliminer les inégalités à l’aboutissement [impliquant l’ingérence d’une autorité].

En passant, l’exemple des filles de Barack Obama, qui sont nées plus privilégiées que les garçons de n’importe quelle famille de prolétaires blancs, déboute d’emblée ce système de gradation.

À cette intersectionnalité se greffe un sentiment anti-colonialiste, qui fait porter à l’Occident le blâme pour toutes les injustices de l’histoire. Comme si le colonialisme avait été exclusif à l’Occident. Idem pour l’esclavage, qu’il a pourtant aboli. Révisionnisme historique aidant, le wokisme se campe dans une posture rédemptrice antinationaliste renchérie d’un complexe de culpabilité qui nécessite l’auto-flagellation pour expier ses péchés.

Le wokisme s’implante comme idéal vertueux et vient combler le vide laissé par l’abandon du christianisme. Son fanatisme fait d’ailleurs écho à celui d’un fondamentalisme religieux. Sur le front « queer », la seule croyance suffit à invalider l’observation empirique. La primauté d’une notion subjective comme l’identité de genre sur le réel du sexe biologique témoigne d’une ouverture au transhumanisme. Ici, c’est l’homme qui devient Dieu.

Paradoxalement, le wokisme survient dans un endroit du monde et à une époque où l’on observe une ouverture à l’autre inégalée. Jamais et nulle part ailleurs l’humanité n’a connu une meilleure égalité homme-femme et une plus large acceptation des minorités sexuelles et religieuses. Au lieu de célébrer leurs gains, les militants continuent de crier à la discrimination, comme si aucun progrès n’avait été réalisé depuis 50 ans. Cette arrogance risque de provoquer un retour de balancier. Voilà ce qui se produit quand l’activisme devient une vocation, qui plus est subventionnée.

Rien n’expose mieux la fumisterie du wokisme que le traitement réservé aux individus « opprimés » s’ils viennent à refuser les cases de prêt-à-penser qui leur ont été assignées. Les femmes qui ne souscrivent pas à l’aboutissement actuel du féminisme, les personnes LGBT qui rejettent la mouvance LGBTQ+, les noirs qui critiquent Black Lives Matter et les personnes de confession musulmane qui mettent en garde contre le fondamentalisme tombent automatiquement en disgrâce. Leurs précieux points d’intersection ne valent subitement plus rien: ils sont discrédités et bannis. Pas très humaniste pour un courant qui se veut de gauche…

Agissant comme police du régime diversitaire, l’autoritarisme woke invoque vertueusement le combat contre le fascisme pour réprimer la liberté d’expression. Sa volonté de censurer les œuvres jugées inacceptables et ses manœuvres pour intimider et exclure les individus considérés coupables de délit d’opinion évoquent cependant les tactiques fascistes du siècle dernier.

Son caractère liberticide devrait préoccuper, mais certains sont encore tentés de hausser les épaules en désignant un phénomène marginal passager. Pourtant, en l’espace de quelques décennies, une contre-culture porteuse de contestation sociale et de libération sexuelle s’est établie comme doxa. Les idéaux progressistes d’autrefois ont pavé la route aux prescriptions d’un post-modernisme intransigeant. L’hymne punk d’il y a 30 ans teinte maintenant le discours du milieu académique et de la classe politique.

On observe l’application de mesures de discrimination dite « positive », dont le « Day of Absence » à l’université Evergreen dans l’État de Washington en 2017, lors duquel on demandait aux personnes de race blanche de ne pas se présenter sur le campus. Apparaît aussi un favoritisme à l’embauche visant à aider les classes « opprimées », comme par exemple les règles imposées par Ottawa à la direction de l’Université Laval pour exclure les hommes blancs de certains appels de candidatures. Il y a aussi les nominations préférentielles d’individus en raison de leurs points d’intersection, comme Karine Jean-Pierre, une lesbienne de race noire, au titre de porte-parole de l’administration Biden.

Une notation ESG est attribuée aux entreprises en fonction de leur respect de normes environnementales, sociales et de gouvernance [qui incluent la diversité de la main d’oeuvre]. À l’instar du crédit social à la chinoise, les compagnies faisant affaire avec celles ayant un mauvais score voient leur propre notation baisser. Il en résulte une surenchère d’obédience au wokisme perceptible dans les publicités qui mettent en scène une part disproportionnées d’individus apparentés à la diversité.

Le 22 juillet 2021, le NASDAQ a lancé l’index Next Generation 100 ESG (NGXESG™), dont les entreprises avec une cote de risque ESG « sévère » sont automatiquement exclues. Comme quoi, le wokisme s’étend désormais jusqu’aux hauts lieux du monde de la finance.

Si l’élite mondialiste a embrassé le wokisme, c’est davantage par opportunisme que par conviction. Comme l’empereur Constantin qui avait compris qu’en faisant sien le christianisme, il pouvait rallier les millions de chrétiens qui refusaient de rejoindre les rangs de son empire [qui aussi s’écroulait] et continuer de les dominer économiquement.

L’hyper-classe globaliste a fait pareil avec la frange altermondialiste qui hier encore manifestait contre le néo-libéralisme et le 1%. En faisant siens les enjeux wokes chers aux militants anarcho-gauchistes, elle rallie ses plus fervents opposants, dont la colère se reporte sur les nouveaux infidèles, ces populistes ou conservateurs désignés « sexistes, racistes, homophobes, transphobes, islamophobes et haineux ». Il en résulte une division bien pratique sur laquelle asseoir son pouvoir.

Entretenant une atomisation de la société qui réduit les individus à leur plus simple expression de consommateurs, le multiculturalisme woke est parfaitement compatible avec le corpo-capitalisme mondialiste, et moins menaçant qu’une idéologie basée sur la lutte de classes.

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