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Israël-Palestine ; la malédiction des conflits asymétriques

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La récente incursion des terroristes du Hamas en territoire israélien et l’état de guerre ainsi créé est un dur rappel de la précarité d’un ordre international pacifiste face aux guérillas et petits groupes armés. La logique asymétrique de la majorité des conflits en 2023 fait en sorte qu’il est de plus en plus difficile d’imposer la paix par des traités ; les groupes militants trouvant toujours une manière de réactiver les combats dans des guerres irrégulières. C’est particulièrement vrai dans le cas du conflit israélo-palestinien.

Le pacifisme dans une impasse

Si l’idée de ne jamais accepter la défaite, se battre jusqu’au bout et « résister » à un envahisseur demeure compréhensible – particulièrement pour des québécois n’ayant pas encore digéré la défaite des plaines d’Abraham ou des Français fiers de la résistance contre l’occupant nazi – c’est tout de même plutôt récent d’un point de vue historique et est apparu à l’époque moderne avec, notamment, le développement du sentiment national. Pour la majorité de l’histoire humaine, la guerre était l’exclusivité des États et de certaines castes privilégiées ; les populations acceptaient normalement les décisions des traités.

Même jusqu’aux guerres mondiales, le système westphalien faisait en sorte qu’une minute après la fin officielle d’une guerre signée dans un traité, les soldats pouvaient sortir de leur tranchée pour recommencer à sympathiser avec les soldats du camp opposé. C’est dire le niveau de discipline et de « civisme » des participants à ces guerres qui étaient pourtant d’une horreur inhumaine. Le respect hiérarchique de la détermination de l’état de guerre ou de paix aidait les chefs d’États à assurer un minimum de stabilité dans les relations internationales.

Dit simplement, autrefois, le résultat des guerres et les traités de paix étaient respectés. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, et on se retrouve avec des guérillas et des conflits interminables partout sur terre.

C’est que la deuxième guerre mondiale a été un traumatisme tel pour la civilisation occidentale qu’elle en est venue à refuser d’assumer l’entièreté de sa puissance militaire. Les destructions et les horreurs de cette guerre ont poussé à la constitution d’institutions internationales telles que l’ONU visant à « bannir les guerres entre les États ». « Plus jamais » on ne voulait retomber dans une guerre de cette ampleur. Les États modernes, avec leurs armées de conscrits et de technologies, accumulaient tout simplement un trop gros potentiel de destruction. Et c’est sans parler de la bombe atomique, qui dessinera la possibilité d’une véritable « apocalypse » en cas de nouveau conflit entre les plus grandes puissances…

Tout cela était bien beau – le pacifisme part de bons sentiments – mais il demeure trop souvent teinté d’une certaine naïveté qui apporte son lot de problèmes.

En devenant réfractaires à tout effort guerrier de la part de nos pays, on les a décrédibilisés et rendu impotents sur la scène mondiale. Les conditions de victoire n’étant plus réellement basées sur des rapports de force sur le terrain, mais plutôt dans l’opinion publique. Ainsi, pour un simple groupe armé, vaincre une superpuissance telle que les États-Unis nécessite simplement un peu de patience et d’usure, jusqu’à ce que sa population et son gouvernement se tanne et rapatrie ses troupes.

La Guerre du Vietnam en est un bon exemple, mais on peut aussi penser, plus près de nous, aux guerres en Afghanistan et en Irak.

Aussi, en tentant d’interdire aux États de régler leurs différends par la guerre et les traités – et ce fait accentué par l’impasse nucléaire qui a conduit à une « guerre froide » – on a poussé les pulsions guerrières à s’exprimer par d’autres moyens. Si les pays ne peuvent pas se faire la guerre, ce sont les groupes armés non-étatiques qui prennent alors le relais des conflits frontaliers et des tensions internes. On embarque dans une logique de conflits interposés où les puissances ne se font pas officiellement la guerre, mais où les guerres continuent tout de même, alimentées par ces puissances.

Nous avons donc paradoxalement consolidé la prééminence de guérillas interminables. Les conflits avortés mènent à des décennies d’instabilités et de troubles internes parfois plus violents que n’aurait pu l’être une guerre. Bref, on se retrouve dans une impasse complète : accepter les guerres entre États mènerait à des destructions apocalyptiques, mais tenter de les interdire mène à des guérillas et du terrorisme partout sur terre.

L’exemple israélo-arabe

Cette dynamique insidieuse de faire fi des traités internationaux et continuer une lutte politique par la guérilla et le terrorisme est, vous l’aurez compris, particulièrement pertinente dans le cas du conflit israélo-arabe, devenu par la suite « israélo-palestinien » (Ce simple glissement sématique dans l’historiographie du conflit indique d’ailleurs ce passage d’un conflit inter-étatique à un conflit irrégulier).

Comprenons d’abord qu’à la création de l’État d’Israël, le Moyen-Orient en entier venait de vivre une importante recomposition politique. 30 ans plus tôt, les populations des actuelles Turquie, Syrie, Irak, Jordanie, Liban, Palestine, Arabie-Saoudite, Yémen, Koweit, Qatar, etc. formaient toutes l’Empire Ottoman, qui avait régné pendant des siècles sur un territoire encore plus large, de l’Afrique à la Perse en passant par les Carpates. Il n’y avait pas réellement de sentiment identitaire national particulier à chacun de ces territoires ; on le sait, ce sont les Français et les Britanniques qui diviseront le territoire suite à la première guerre mondiale.

Et même suite à la création de ces nouveaux États, le nationalisme arabe se développera plutôt dans l’idée de fédérer tous les pays arabes ensemble dans la même entité politique. Le panarabisme mènera à la fondation de la Ligue Arabe et même à la fusion de l’Égypte et de la Syrie sous Nasser pendant un certain temps.

Bref, l’idée que la Palestine exprimait des aspirations nationales avant la création de l’État Hébreu est plutôt boiteuse. En réalité, c’était le monde arabe qui s’opposait à la création de cet État autour de la ville sacrée de Jérusalem, la constitution d’une identité strictement palestinienne viendra plus tard.

C’est donc la Ligue Arabe qui se lance en guerre contre Israël dès 1948-49. Résultat : cuisante défaite nommée Al Naqba (la catastrophe). Le monde arabe est ébranlé et peine à croire que ce petit pays nouvellement constitué ait pu vaincre toutes les plus grandes puissances arabes à lui-seul.

En 1967, Israël déclenche une guerre en réaction à des mouvements de troupes égyptiennes et le blocus du détroit de Tiran. La Syrie, la Jordanie, l’Irak et le Liban se joignent à l’Égypte. Le premier jour, la moitié de l’aviation arabe est détruite. Après six jours, les armées arabes sont défaites et Israël triple son emprise territoriale, prenant le plateau du Golan, la Cisjordanie, la bande de Gaza et la péninsule du Sinaï.

En 1973, l’Égypte et la Syrie en redemandent, fortes de multiples soutiens à l’international, et attaquent Israël en pleine fête du Yom Kippour. Les armées arabes avancent pendant deux jours et font des gains considérables, jusqu’à ce que les Israéliens reprennent l’initiative et repoussent les Arabes profondément en Syrie et dans le Delta du Nil. Encore une fois, c’est une défaite humiliante pour les Arabes, qui conduit finalement à une normalisation des relations et les débuts de véritables accords de paix. En 1978 sont signés les accords de Camp-David, qui mènera au premier traité de paix entre Israël et un pays arabe (Égypte).

Mais voilà, malgré les résultats très clairs de ces guerres successives sur le plan militaire, et malgré des décennies de traités de paix et de normalisation des relations entre les États arabes et Israël, les populations arabo-musulmanes n’ont jamais accepté la défaite et continuent de prendre des moyens détournés pour continuer la guerre. Et en Occident, une vision un peu romantique de la « lutte d’un peuple opprimé » contre les méchants Israéliens fait en sorte qu’on soutient ouvertement une guérilla terroriste qui ne cesse d’emporter des vies.

Le temps de voir la réalité en face

Au lieu de refaire leur vie dans les pays de l’immense monde arabe, qui venait simplement de perdre le tout petit territoire de l’État Hébreu, les Palestiniens ont choisi de demeurer d’éternels réfugiés enlisés dans un combat à mort pour l’annihilation complète de la présence juive au Moyen-Orient. Et de nombreux occidentaux les soutiennent là-dedans et les confortent dans leur déni.

Et encore aujourd’hui, les accords de paix sont constamment violés et contournés par des groupes terroristes financés notamment par l’Iran. Encore une fois, à défaut de guerres interétatiques, on se retrouve avec des conflits interposés de guérillas et de terrorisme éternel.

La récente attaque du Hamas pourrait commencer à allumer une lumière pour certains qui ont trop souvent trouvé des excuses aux tendances terroristes des Palestiniens. Malgré des résultats particulièrement impressionnants directement sous le nez du Mossad, le monde entier voit aujourd’hui la vacuité complète de ces attaques, qui auront évidemment une réponse dans une contre-attaque israélienne dévastatrice. Les images de meurtres de civils absolument arbitraires viendront mettre un terme à cette image enjolivée d’une Intifada vertueuse de pierres contre les chars d’assauts.

Peut-être est-il temps qu’on recommence à respecter et supporter l’autorité des États et des traités de paix au lieu de continuellement soutenir les éléments de sédition révolutionnaire à l’étranger. Peut-être est-il temps de reconnaître que bien souvent, la limite entre résistants et terroristes est bien mince.

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