Récemment, a été inaugurée à Montréal la place des Montréalaises. C’est une œuvre qui aura coûté près de 100 millions de dollars. Au-delà du côté féministe un peu suranné, il faut dire que lorsque la gauche inclusive prend le contrôle d’une mairie, ce n’est jamais bon pour les commerçants, ni pour les locataires, ni pour personne. Sauf une petite clique d’amis du régime.
La place a coûté près de 100 millions de dollars, alors qu’elle était censée en coûter environ 60 millions. On affirme que les coûts ont explosé en raison de l’inflation. Mais bon, disons que ça ne date pas d’hier qu’au Québec, les coûts explosent — inflation ou pas.
Il y a l’aspect financier, esthétique, particulièrement douteux. Mais bien au-delà de cela, c’est le côté féministe bon chic bon genre. « Que la place des Montréalaises donne le goût à toutes les jeunes filles de réaliser leurs rêves », a quant à elle lancé Nelly Dennene, présidente du Conseil des Montréalaises. Ah bon ? On empêcherait les jeunes filles de réaliser leurs rêves au Québec ?
Faut-il sortir les nombreuses statistiques qui montrent l’espérance de vie plus faible des hommes, leur scolarité inférieure à celle des femmes ? Ou bien le fait qu’ils sont surreprésentés dans les accidents de travail ? D’autres l’ont déjà fait. Mais encore une fois, qu’est-ce qu’une place bétonnée peut bien pouvoir changer ?
On se donne bonne conscience en affirmant être pour la représentation des femmes et des minorités. Pourtant, depuis quelques années déjà, une seule catégorie démographique est constamment reléguée aux poubelles : les hommes blancs hétéro cisgenre. À l’université, dans les médias, la publicité, la politique fédérale.
Il faut dire que la gauche inclusive municipale s’entend très bien avec le gouvernement fédéral pour marginaliser le Québec francophone. La gauche, qui se prétend en résistance face à une offensive de la droite conservatrice, est en réalité hégémonique. Et ça, il faut en parler. Même si certains essaient de nous faire taire.
Pour en revenir à l’administration Plante, celle-ci n’empêche ni la spéculation immobilière ni l’itinérance d’être de plus en plus visibles dans les rues de la métropole. À chaque fois qu’un parti de gauche a pris le pouvoir dans une mairie — que ce soit à Paris, Barcelone, Sherbrooke ou Montréal — il y a toujours eu les mêmes conséquences.
Soit une accélération du déclin des villes, de leurs services publics. On ajoute bien sûr des pistes cyclables à n’en plus finir, mais qui, au Québec, avec la météo, peut bien faire du vélo toute l’année ? Des sommes délirantes sont investies dans des projets inutiles, visant seulement à flatter l’ego surdimensionné des bien-pensants.
Montréal mérite mieux, et on espère que l’administration Plante perdra le pouvoir lors des prochaines élections municipales. Celle-ci ne se représentera pas, mais ses conseillers, oui. Pour cela, il faut s’intéresser au palier politique le plus incompris, et pourtant le plus proche de nous. Un devoir de citoyens.