Le discours du Trône du premier ministre Justin Trudeau a fait d’autres références à la législation sur la « haine en ligne » et aux plans visant à réglementer les géants des médias sociaux qui partagent du contenu canadien.
Le discours du Trône, prononcé par la Gouverneure générale Julie Payette au Sénat mercredi après-midi, a marqué le retour du Parlement cet automne.
Dans une section sur la lutte contre le racisme systémique, le plan libéral fait référence à « l’action contre la haine en ligne ».
Bien qu’aucun détail n’ait été fourni sur la définition du gouvernement de ce qui constitue la « haine », une attention particulière a été accordée à la réglementation des médias sociaux dès le début du discours.
« Les géants du Web prennent l’argent des Canadiens tout en imposant leurs propres priorités. Les choses doivent changer, et elles changeront », a déclaré Mme Payette.
« Le gouvernement agira pour que leurs revenus soient partagés plus équitablement avec nos créateurs et nos médias, et exigera également qu’ils contribuent à la création, à la production et à la distribution de nos histoires, à l’écran, dans les paroles, dans la musique et dans les écrits ».
Avant le discours, plusieurs ministres du gouvernement Trudeau ont fait allusion à des plans visant à réglementer les entreprises de médias sociaux comme Facebook.
En début de semaine, la ministre de l’Infrastructure et des Communautés, Catherine McKenna, a menacé les sociétés de médias sociaux d’une surveillance gouvernementale si elles n’agissaient pas pour lutter contre les discours haineux et la désinformation.
« Je pense que nous pouvons faire beaucoup, mais les entreprises de médias sociaux elles-mêmes doivent s’engager. Nous n’avons pas à tout réglementer, mais si vous ne pouvez pas vous réglementer vous-mêmes, les gouvernements le feront », a tweeté Mme McKenna avant d’étiqueter son collègue Steven Guilbeault, ministre du Patrimoine canadien.
Avant le tweet de M. McKenna, M. Guilbeault a annoncé que son gouvernement prévoyait de forcer les entreprises de médias sociaux à obtenir une licence et à payer pour l’hébergement de contenu d’information canadien sur leurs sites web.
« Nous allons mettre un peu d’équité dans le système réglementaire canadien, car pour l’instant il n’y a pas d’équité. Nous avons des entreprises canadiennes qui ont des obligations réglementaires et nous avons des géants internationaux du web qui n’en ont aucune. Et cela n’est pas viable », a déclaré M. Guilbeault.
Le discours du Trône a également confirmé que le gouvernement n’a pas l’intention d’étendre davantage la Prestation d’intervention d’urgence du Canada (PIRC), une mesure sur laquelle le chef du NPD, Jagmeet Singh, a indiqué que son soutien lors d’un vote de confiance reposerait.
« Si le gouvernement propose une loi, qu’il indique clairement qu’il va faire ces deux choses — étendre la CERB et mettre en place des congés maladie payés pour tous les Canadiens — nous allons soutenir cela », a déclaré Singh mardi.
Selon le plan libéral, les bénéficiaires du CERB seront transférés à l’assurance-emploi (Æ) et ceux qui ne sont pas traditionnellement éligibles à l’Æ seront aidés par une nouvelle prestation de rétablissement du Canada.