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« L’inclusivité » ; dénominateur commun des controverses?

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C’est devenu une occurrence normale du cycle des nouvelles : une décision X d’une institution, d’un organisme ou d’un individu engendre des accusations de wokisme d’une partie de la population et, le lendemain, cette partie de la population est accusée de voir du wokisme partout. Dans toutes les situations, on vient constamment défendre la décision X en disant qu’il ne s’agit pas de wokisme, mais simplement de faire preuve de plus « d’inclusivité ». Mais qu’est-ce alors que cette « inclusivité » qui cause autant de controverses? Ce concept qui semble de prime abord aller de soi ne cacherait-il pas, justement, un agenda woke auquel la population choquée faisait référence à la base?

Le dénominateur commun

Drag queen, fête des parents, transgenres dans les compétitions sportives, voile islamique, pronoms non genrés, inclure inclusive ; les exemples ne manquent pas de ces controverses ayant causé des débats de société ces dernières années au Québec. Peu à peu, on a attribué à ce genre de revendications l’étiquette de « woke ». D’une manière un peu floue, on voyait en cela une « ‘nouvelle gauche », plus radicale, mais surtout plus plaintive et à fleur de peau.

Associé au concept de « Social Justice Warrior » et à celui de « Snowflakes » (i.e flocon de neige), les opposants à ces nouvelles revendications ont rapidement réalisé la fragilité glorifiée dans ces nouvelles idéologies. Dans un esprit de réparation, elles mettent en quelque sorte les « victimes » sur un piédestal.

Au nom de « l’inclusivité », on change désormais toutes les normes communes des populations majoritaires pour plaire aux minorités. Toute expression de « privilège » est désormais vue d’un mauvais œil et condamnée – au risque, d’ailleurs, d’être exclus de ce bel idéal d’inclusivité.

C’est pourquoi, depuis quelque temps au Québec et ailleurs dans le monde, on ne cesse de voir ces controverses opposant la majorité aux minorités, et à chaque fois, les gens à l’origine de la controverse se revendiquent de « l’inclusivité » comme si le mot à lui-seul excusait leurs biais idéologiques.

Ça n’excuse rien ; ça ne fait que pointer dans la même direction que les opposants, mais en utilisant des mots qui paraissent mieux.

Un biais langagier

On appelle « biais langagier » des situations où le sens des mots dans un débat peut être détourné à l’avantage de l’un des débatteurs. En effet, si deux débatteurs ne s’entendent pas sur la signification d’un mot, ils auront beaucoup de difficulté à débattre convenablement du sujet. Par exemple, on pourrait facilement imaginer un débat au sujet d’un groupe d’insurgés où un débatteur les qualifierait de « révolutionnaires » alors que l’opposant les qualifierait de « terroristes ». Déjà, à la base, il y aurait mésentente dans le choix des mots utilisés pour qualifier le phénomène.

De plus, on parle aussi de « mots biaisés » dans le sens que certains mots portent en eux même tout un bagage argumentaire. Le mot « bourgeoisie », par exemple, évoque à lui seul toute l’analyse marxiste qui en a été fait, et est très souvent révélateur d’un biais de gauche.

Eh bien, il en va de même du mot « inclusivité », qui, avec son apparence innocente, évoque néanmoins clairement les nouvelles tendances militantes post-modernistes, qui carburent à la déconstruction de la société, des soi-disant « dynamiques intersectionnelles de domination », et qui tentent d’atteindre la diversité et l’inclusivité par de la « discrimination positive », de la moralisation hautaine et des mesures coercitives pour les majorités.

En d’autres termes : l’inclusivité est un mantra du wokisme, et ça ne trompe personne. Tâcher de simplement balayer sous le tapis les accusations de promouvoir le wokisme en se défendant de ne faire qu’appliquer des mesures « inclusives » est simplement une manière de reformuler la situation avec des mots qui paraissent mieux. Mais tout le monde sait de quoi on parle.

L’attaque à la normalité

D’autant plus que la majorité du temps, ces mesures inclusives sont une attaque directe à la normalité. Dans une sorte d’inversion du fardeau de la preuve qui devrait incomber à une minorité aspirant à faire changer d’avis une majorité, on impose simplement le changement à la majorité et, devant le fait accomplit, c’est à elle de prouver si l’ancienne norme était préférable.

À force d’imposer de nouvelles normes « inclusives » un peu partout, dans toutes les institutions, les offres d’emplois, les écoles, les médias et j’en passe, on accomplit le changement sans aucune consultation. On l’impose de force à la population, et à partir de là, tout désaccord – qui est pourtant normal étant donné les changements en cours – est qualifié de « réactionnaire » et « d’extrême-droite ».

Or ce n’est pas la population qui s’y oppose qui a changé, elle n’est jamais devenue réactionnaire ou d’extrême-droite; elle s’oppose simplement à un changement rapide qu’elle juge injustifié et qui se fait sans son consentement. Et dans la majorité des cas, ce sont les gens normaux qui écopent parce que leurs normes sociales tout à fait banales sont qualifiées de régressives par les partisans de l’inclusivité.

La saturation sociale

Maintenant, l’une des raisons pourquoi ce terme d’inclusivité est derrière toutes les controverses depuis quelque temps n’est pas anodine. Les militants politiques sont tout à fait conscients que pour rentrer une idéologie dans la gorge d’une population, il faut de la répétition, jusqu’à saturation.

Pour implanter durablement une idéologie, il faut frapper partout, tout le temps, sans jamais laisser à l’opposition le temps de se remettre de la dernière controverse. Prenez l’exemple des drag queens : ça a commencé avec quelques lectures de contes dans des bibliothèques, pour ensuite passer à la fée des étoiles d’un défilé de Noël, et ensuite à une émission pour enfants à Radio-Canada, des capsules de cette émission dans des classes du primaire, un drag queen à la place des duchesses au Carnaval de Québec et enfin, Barbada à l’Orchestre Symphonique de Montréal. Dans tous les cas, dans tous ces domaines différents, la chose était justifiée par un besoin « d’inclusivité ».

À partir d’un certain moment, le dogme s’implante, et les gens commencent à adopter ces comportements sans même réfléchir. Cette histoire de « fête des parents » à la place de la fête des mères et de la fête des pères, cette semaine, a beau avoir été le résultat de la bonne foi d’une professeure qui voulait seulement épargner un malaise à certains de ses élèves, mais elle l’a fait conformément au dogme d’inclusivité désormais en place.

Bref, si la gauche veut qu’on arrête de voir du wokisme partout, il faudrait qu’elle commence par cesser de mettre de wokisme dans tout, et reconnaisse une bonne fois pour toutes que la population n’est pas dupe devant des termes comme « inclusivité » ou « diversité ».

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