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Marine Le Pen bannie des élections de 2027

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La présidente du Rassemblement National, Marine Le Pen, a été condamnée à 4 ans de prison dont 2 ferme qui seront aménagés sous forme de bracelet électronique. Le jugement du tribunal correctionnel de Paris lui interdit  également de se présenter aux élections présidentielles de 2027 alors qu’elle est largement favorite, récoltant entre 34% et 37% des intentions de vote au 1er tour. Pour comparer, elle était arrivée en seconde place au 1er tour de 2022 avec 23,15% du vote, derrière 27,85% pour Emmanuel Macron.

23 membres du Rassemblement National (RN) ont aussi été condamnés dans ce jugement, qui a été rendu le 31 mars. Les autres condamnés ont reçu des condamnations, comprenant des peines de prison (souvent avec sursis ou aménageables sous bracelet électronique) et des peines d’inéligibilité, selon les détails du verdict. En tant que parti, le RN a été condamné à une amende de 250,000 euros.

Marine Le Pen n’est pas accusée d’enrichissement personnel. Elle n’a pas détourné des fonds pour se faire construire une luxueuse demeure, ni pour les investir, ou pour acquérir des biens. 

On lui reproche d’avoir orchestré et participé à un système de détournement de fonds publics au profit du Front National (devenu Rassemblement National). Marine Le Pen est accusée d’avoir détourné environ 4 millions d’euros alloués par l’Union Européenne pour des assistants parlementaires dans le cadre du mandat du RN au parlement européen entre 2004 et 2016, alors qu’elle était eurodéputée (elle a exercé trois mandats consécutifs au Parlement européen, de juillet 2004 à juin 2017).​

Dans l’Union Européenne, les partis politiques nationaux des états membres présentent des candidats qui vont siéger au palier de gouvernement européen. Ces partis se rassemblent ensuite dans différents groupes politiques paneuropéens selon leurs affinités idéologiques. Le RN fait partie du groupe Patriotes pour l’Europe (PfE).

Le crime ici, c’est que l’argent alloué par l’UE aurait été détourné pour payer des individus qui travaillaient pour le FN/RN mais dont les tâches n’étaient pas liées à son mandat européen. Le tribunal a même estimé que certains de ces emplois étaient « fictifs » car les assistants n’avaient pas de lien direct avec l’activité parlementaire à Strasbourg ou Bruxelles.

Cependant, les règles du Parlement européen sur les assistants étaient, jusqu’à des réformes post-2016, suffisamment vagues pour permettre des interprétations larges. La rétroactivité des actuelles exigences plus strictes n’est-elle pas injuste?

Marine Le Pen soutient que ses assistants, comme Catherine Griset ou Thierry Légier (également inculpés dans cette affaire), effectuaient des tâches liées à son mandat, mais à distance ou en France, ce qui est conforme à la flexibilité du statut. Des activités comme la rédaction de discours, la gestion de l’agenda ou la préparation de positions politiques peuvent se faire hors des bâtiments officiels, notamment dans les bureaux du parti ou en circonscription. Le RN aurait agi dans un flou juridique que beaucoup d’autres partis exploitaient aussi. Certains allèguent que de telles pratiques ont été très répandues durant la période ici examinée (le Mouvement Démocrate de l’actuel Premier Ministre français François Bayrou a été visé par une affaire de détournements de fonds l’an dernier, mais le tribunal a été plus clément, relaxant Bayrou).

Il faut aussi considérer la loi Sapin II, adoptée en décembre 2016 sous le gouvernement de François Hollande pour renforcer la lutte contre la corruption. Cette loi rend obligatoire une peine d’inéligibilité (allant jusqu’à 10 ans) pour tout élu condamné pour des infractions graves comme le détournement de fonds publics. Cependant, comme le fait remarquer Pierre Gentillet, avocat au barreau de Paris, la loi Sapin II ne s’applique qu’aux faits commis après son entrée en vigueur, en raison du principe de non rétroactivité des lois pénales plus sévères. Or, les fautes reprochées au RN et à Marine Le Pen ont été commises entre 2004 et 2016.

Pierre Gentillet déplore également l’exécution provisoire décidée par la juge Bénédicte de Perthuis. Cette mesure permet d’appliquer immédiatement une peine, même en cas d’appel, alors qu’en principe un appel suspend l’exécution en droit français. Pour justifier cette exécution provisoire, la juge à invoqué le risque de récidive. Selon Gentillet, par sa sévérité et la justification avancée, cette décision est une tentative de neutraliser Marine Le Pen avant 2027, dénonçant une justice politisée qui outrepasse son rôle.

Invitée à l’émission Ligne Droite, la députée européenne du RN Angéline Furet abonde dans le même sens: « ce n’est pas une décision de justice, c’est une exécution politique ». Angéline Furet a évoqué l’affaire Huawei pour démontrer le deux poids deux mesures de l’UE. En 2022, l’ONG Transparency International avait alerté l’Office Européen de Lutte Antifraude (OLAF) sur de possibles paiements illégaux de Huawei à des eurodéputés des groupes PPE et Renew Europe pour promouvoir ses intérêts. L’OLAF a classé l’affaire en 2023, jugeant les soupçons « insuffisants ». Pourtant, en mars 2025, les autorités belges ont repris l’enquête, perquisitionnant 21 lieux et arrêtant plusieurs personnes, révélant que l’OLAF avait sous-estimé l’ampleur du scandale. PPE est le groupe d’Ursula Von Der Leyen; Renew Europe, celui auquel appartient le Parti Renaissance d’Emmanuel Macron.

Dans le jugement rendu, un texte de 154 pages, il est écrit (en page 33) que « l’atteinte aux intérêts de l’Union européenne revêt une gravité particulière dans la mesure où elle est portée (…) par un parti politique qui revendique son opposition aux institutions européennes ». Donc, un détournement de fonds équivalent serait considéré moins grave venant d’un parti européiste. Quand le jugement lui-même reconnaît l’instrumentalisation de l’appareil juridique…

Cette ingérence du juridique dans la joute politique n’est pas sans rappeler les quatre actes d’accusation criminels qui ont été déposés contre Donald Trump en 2023 pour tenter de l’écarter de la course à la présidence. On peut aussi faire un parallèle avec l’annulation du processus électoral par la Cour constitutionnelle de Roumanie, après que le candidat populiste qualifié d’extrême droite, Călin Georgescu, soit arrivé en tête au 1er tour avec 23% des voix. De l’ingérence russe sur le réseau Tik Tok aurait compromis les élections (comme si un peuple tout entier allait laisser des vidéos Tik Tok lui dicter pour qui voter). L’idée a été reprise par  l’ancien commissaire européen Thierry Breton: en janvier, il a affirmé qu’une intervention d’Elon Musk en faveur de l’AfD durant la campagne électorale allemande pourrait compromettre leur validité et conduire à leur annulation.

Suite à sa condamnation, Marine Le Pen s’est montrée défiante et a décidé de se battre. « Tous ceux qui n’ont que l’État de droit à la bouche sont en général les premiers à chercher à violer cet État de droit », a-t-elle affirmé en point de presse. Elle qualifie le verdict de « bombe nucléaire » visant à la neutraliser politiquement à un moment où le RN est en position de force dans les sondages. Plusieurs chefs d’État et figures politiques internationales de premier plan lui ont exprimé leur soutien, dont Geert Wilders, Matteo Salvini, Viktor Orban et Donald Trump.

Le peuple français n’est pas le peuple américain; il est difficile de déterminer combien les efforts déployés par le camp européiste pour empêcher Marine Le Pen de participer aux élections galvaniseront le camp nationaliste/populiste. L’état de panique du régime mondialiste ne passe pas inaperçu. Quiconque s’intéresse aux détails de cette affaire ne peut que constater la sévérité excessive d’un jugement purement politique. Les gens sont de plus en plus nombreux à constater que le camp qui agite le spectre de menace pour la démocratie est aussi celui qui la bafoue à mesure qu’il sent son règne menacé.

Le jugement énonce que les actes reprochés au RN « ont porté une atteinte grave et durable aux règles du jeu démocratique ». On a pourtant observé des préjudices plus significatifs. Par exemple: le peuple français avait rejeté la Constitution européenne en votant NON à 54,67% au référendum de 2005, mais elle a été ratifiée malgré tout sous une forme modifiée (via le traité de Lisbonne) par Nicolas Sarkozy en 2008.

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