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Pas aux contribuables québécois de payer pour les étudiants canadiens

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Depuis quelques jours, nous assistons à une véritable panique de la part de nombreux acteurs concernant la décision de la CAQ d’augmenter les frais de scolarité des étudiants canadiens hors Québec lorsqu’ils voudront étudier en anglais à McGill, Concordia ou Bishop’s. À la fois chantage moral, culpabilisation et blâme d’entraver le « droit à une éducation abordable », le Québec est à nouveau attaqué pour simplement vouloir être une nation normale. Les arguments évoqués choqueront non seulement les partisans du printemps 2012 que les opposants. Petit tour de l’obscur univers de ces gens qui souhaitent profiter de l’État-providence québécois sans y contribuer.

François Legault est souvent blâmé par les nationalistes de ne pas en faire assez. Pourtant, lorsque nous regardons les modestes réformes qu’il entreprend pour rééquilibrer l’injustice historique faite aux Québécois de langue française, nous avons le droit à de copieuses insultes. Si ce n’est pas Pablo Rodriguez, pour qui la décision de la ministre Pascale Déry est de fermer une « fenêtre sur le monde », les libéraux du Québec affirment que c’est aux anglophones de « passer à l’offensive ». Vous y avez cru à leur virage nationaliste? Celui-ci n’aura duré que le temps de dévoiler le rapport d’André Pratte que le naturel est revenu au galop.

Nous avons le droit aux classiques reproches envers la majorité historique québécoise, comme quoi nous faisons des Canadiens anglais des « citoyens de seconde zone » au Québec. Même s’ils ont parmi les universités les mieux financées au Canada. Pendant que McGill s’accapare lentement mais sûrement des pans entiers du centre-ville, nous apprenons qu’il n’y pas d’argent pour des programmes en français à l’Université Laurentienne en Ontario. Deux poids, deux mesures comme nous disons souvent?

Mais ce n’est pas le pire. Le pire provient des étudiants qui s’estiment « lésés » par le gouvernement du Québec. Ceux-ci estiment que l’on viole leur « droit » à une « éducation abordable ». Or, ce n’est pas aux contribuables québécois de payer la facture pour le coût des études des Canadiens anglais hors Québec. Dans ces provinces, il y a une méfiance naturelle envers la sociale-démocratie, et il serait aberrant que ce soit aux Québécois de payer de leur poche l’éducation de gens qui n’ont jamais contribué ici au fardeau fiscal et qui s’en iront chez eux après pour travailler dans des postes mieux payés qu’au Québec. C’est une injustice envers les contribuables, qui paient en bonne partie l’éducation de ces étudiants étrangers. Sur les 8000$ par année payés par les étudiants jusqu’à récemment, il faudrait au moins ajouter 12 000$ pour que cela reflète le coût réel de leurs études.

À 17 000$ par année, comme cela sera désormais exigé, c’est toujours un deal, si l’on considère les frais dérégulés de l’Alberta, de l’Ontario et de la Colombie-Britannique. Ainsi, les frais de certains programmes de droit et de médecin n’ont pas de plafond, qui peuvent coûter plus de 35 000$ par année aux étudiants de ces provinces. Ces provinces ont parfaitement le droit d’imposer les frais de scolarité qu’ils souhaitent, particulièrement quand il y a un retour important sur l’investissement dans le cas de la médecine.

On dit que le Québec a fait d’autres choix de société. L’État-providence est une spécificité québécoise. Nous pouvons être d’accord ou non là-dessus, mais une réalité demeure : lorsque nous voulons être « solidaires » et payer plus d’impôts, nous voulons le faire pour les gens de notre communauté, de notre peuple. Pas pour les autres.

Une des raisons de l’absence d’État-providence aux États-Unis et au Canada anglais, c’est l’absence de sentiment national qui transcende les nombreux clivages ethniques, culturels, religieux et géographiques. Le Québec, comme les nations scandinaves, est un État-nation constitué d’un peuple relativement homogène. En gros, cela ne nous tente pas de payer pour les autres, surtout si cela est pour recevoir en échange du mépris, de la discrimination et des exigences toujours plus grandes. Donc non, ce n’est pas à nous de payer pour le droit à une « éducation abordable », encore moins pour les autres qui n’ont jamais payé d’impôts au Québec, et qui n’en paieront jamais. Même si le représentant des étudiants de l’Université McGill rappelle les événements de 2012, le contexte est totalement différent. Déjà, c’était loin de faire l’unanimité à l’époque, mais là, c’est vraiment de l’abus et du chantage.

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