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Quand même des gens de QS le reconnaissent…

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Réunis dimanche à Trois-Rivières pour un débat national entre les candidates au poste de porte-parole féminin, les militants de Québec solidaire ont eu droit à une rare démonstration de modération dans le dossier des politiques environnementales lorsqu’une candidate a souligné la perception d’iniquité vécue dans les milieux ruraux par rapport aux milieux urbains. Moins d’une semaine après la suspension partielle de la taxe carbone pour certains milieux ruraux dépendants au mazout par le gouvernement de Justin Trudeau, la simple reconnaissance que les politiques de transition n’affectent pas tout le monde de la même façon est plus que bienvenue. Particulièrement pour ces partis reconnus pour une certaine radicalité écologiste.

On peut évidemment demeurer sceptiques que ces réflexions mènent bel et bien à des politiques plus modérées que, par exemple, la CAQ, qui malgré un positionnement de prime abord plus centriste, s’est avérée tout de même extrêmement zélée dans la mise en œuvre de sa transition énergétique. QS demeurera probablement toujours le parti offrant les mesures les plus radicales, tant des points de vue sociaux, économiques et écologistes ; ces discussions concernent donc plus la forme du message que son contenu.

Néanmoins, l’un des grands enjeux du petit parti est de s’imposer comme une alternative crédible en dehors des grands centres urbains auxquels on l’associe habituellement. On le sait: les députés de Québec Solidaire se concentrent majoritairement à Montréal et dans les villes et suite à une percée majeure en 2018, on a observé une certaine stagnation de la formation politique. Séduire les régions et sortir des centres urbains est ainsi primordial pour QS.

Ce n’est donc pas un hasard que deux des trois candidates au poste de porte-parole féminin viennent de l’extérieur de Montréal ou de Québec. Christine Labrie, comme nous l’avons mentionné, a réussi à élargir sa majorité à l’extérieur de Montréal en vainquant des grosses pointures libérales et caquistes et Émilise Lessard-Therrien, pour sa part, s’était démarquée en 2018 en remportant Rouyn-Noranda-Témiscamingue, devenant la première députée de QS en région éloignée (on se rappelle d’ailleurs ses positions plus nuancées sur les armes à feu et la chasse). Ruba Ghazal, député de Mercier, a un profil montréalais plus classique.

Bref, dans le cadre du récent débat à Trois-Rivières, Christine Labrie aurait déclaré ce qui suit :

«Les gens sont conscients qu’il faut lutter contre les changements climatiques, mais se sentent jugés par notre discours. C’est particulièrement vrai en dehors des grands centres urbains parce qu’on a eu l’habitude, dans les dernières années, de beaucoup axer notre discours de lutte aux changements climatiques en parlant des transports. On ne se le cachera pas, en dehors des grands centres urbains, ce n’est pas partout où c’est assez dense pour avoir du transport en commun et ça, les gens le savent très bien.»

«Il faut avoir une manière d’inclure ces gens-là d’une façon constructive dans la lutte aux changements climatiques parce qu’autrement, ce qu’on leur envoie, c’est un projet dans lequel ils ne peuvent pas vraiment contribuer et on les pointe quasiment du doigt comme étant des gens qui ne participent pas».

Une analyse pleine de bon sens et qui fait étrangement du bien dans un contexte où les sphères politiques semblent imposer un agenda écologiste extrêmement coûteux et peu soucieux des particularités régionales. Et cela, moins d’une semaine après le même type de reconnaissance du problème de la part du gouvernement fédéral.

C’est pourtant une réalité des plus évidentes : la transition énergétique n’a pas les mêmes impacts partout et s’avère beaucoup plus dommageable pour les régions éloignées qui ne bénéficient pas des infrastructures urbaines de Montréal ou de Québec. Et malgré tout, on tente de bannir les voitures à essence, le chauffage au gaz et tout autre type d’activité dépendant des énergies fossiles à la grandeur de la province, créant une grande iniquité.

Encore une fois, il s’agit probablement plus d’une réflexion sur la forme de leur message qu’un réel changement de politique pour Québec Solidaire, mais la simple mention de cet enjeu demeure un développement appréciable du débat au pays. On en vient même à se demander si la CAQ est capable d’une telle sagesse… La transition énergétique radicale mise en œuvre par le parti de François Legault ne fait pas ce genre de nuances et en vient à mettre à mal notre sécurité énergétique pour les prochaines décennies.

Si même des gens de QS et Justin Trudeau peuvent reconnaître ce problème majeur dans l’application des politiques environnementales, François Legault et Pierre Fitzgibbon seront-ils capables, eux aussi, de mettre de l’eau dans leur vin et de nous éviter la catastrophe des déficits énergétiques et des iniquités engendrées? Il y a des limites à vouloir être plus catholique que le pape!

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