Québec FIER affirme être la cible d’une campagne coordonnée de signalements massifs sur Facebook, orchestrée à partir d’un groupe privé intitulé Musulmans de Québec (CCIQ), lié au Centre culturel islamique de Québec (CCIQ).
Selon un communiqué publié par son président Léo Dupire, cette opération viserait à faire supprimer la page du mouvement en l’accusant de diffuser du contenu « haineux » — une accusation que l’organisation qualifie de « purement idéologique ».
Une mobilisation planifiée « après la prière du Maghrib »
Des captures d’écran du groupe Musulmans de Québec (CCIQ), partagées par Québec FIER, montrent un appel explicite à « signaler » la page du mouvement « après la prière du Maghrib, samedi à 18 h », accompagné d’instructions détaillées et d’images montrant comment effectuer le signalement pour « contenu violent, haineux ou dérangeant ».
Sous le message principal, on peut lire : « Soyez nombreux pour que ça marche ! » — une phrase qui illustre la nature concertée de l’initiative.
Plusieurs membres du groupe confirment avoir effectué l’action, certains écrivant simplement « Fait », auxquels l’administrateur officiel du groupe, Centre culturel islamique de Québec, répond : « Baraka Allah fik » (« que Dieu te bénisse »).
Des administrateurs liés au Conseil des imams du Québec
L’un des modérateurs du groupe, Fouad Abdelrahman, se présente publiquement sur son profil Facebook comme imam et membre du Conseil des imams du Québec, tout en étant associé au Centre culturel islamique de Québec. Une capture d’écran montre que le groupe privé, qui rassemble plus de 3 000 membres, est administré par deux personnes : « Seyf » (administrateur) et « Fouad » (modérateur).
Cette information soulève des questions sur le rôle institutionnel du Centre culturel islamique de Québec dans des actions de censure politique en ligne, notamment contre un mouvement identifié à la droite nationaliste québécoise.
Une tentative « d’intimidation politique », selon Québec FIER
Pour Léo Dupire, il s’agit d’une attaque frontale contre la liberté d’expression :
« Des militants islamistes s’organisent ouvertement pour censurer une voix patriotique québécoise. C’est une tentative de museler le mouvement nationaliste et de faire taire toute critique de l’islam politique », écrit-il.
Québec FIER indique avoir signalé la situation à Meta, l’entreprise propriétaire de Facebook, rappelant que les campagnes de signalement coordonnées enfreignent les règles de la plateforme.
Une offensive dans un climat idéologique tendu
Le communiqué du président de Québec FIER qualifie l’initiative de « méthodes d’intimidation typiques de l’islam politique », une idéologie qu’il décrit comme « totalitaire » et « incompatible avec les libertés fondamentales du Québec ».
Dupire y affirme que le mouvement continuera de défendre la laïcité, la liberté d’expression et l’identité québécoise, tout en dénonçant « toute idéologie qui menace nos libertés et notre mode de vie ».
La campagne de signalement s’inscrit dans un climat de polarisation croissante autour de la liberté d’expression au Québec, où plusieurs groupes religieux et militants invoquent régulièrement les politiques de modération des réseaux sociaux pour contester des contenus jugés offensants.
Une question plus large : la censure numérique communautaire
Au-delà du cas particulier, cet épisode illustre un phénomène récurrent sur les plateformes numériques : l’utilisation des outils de signalement non pas pour protéger les utilisateurs d’abus réels, mais pour faire disparaître des pages ou opinions divergentes par saturation des systèmes automatisés de modération.
Des spécialistes du numérique notent que les plateformes, en traitant les signalements massifs comme des indicateurs de comportement « problématique », risquent de donner un pouvoir disproportionné à des groupes organisés sur des bases idéologiques, religieuses ou politiques.
Une affaire à suivre
Pour l’heure, la page Facebook de Québec FIER demeure accessible. Mais son président prévient que d’autres campagnes pourraient survenir :
« Aujourd’hui, ils s’en prennent à nous. Demain, c’est vous qu’ils tenteront de faire taire si vous osez critiquer leur idéologie », conclut Léo Dupire.



