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Québec puritain: quand Éduc’alcool nous fait la morale

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Le joueur de hockey professionnel Samuel Girard était de passage à Roberval dimanche dernier, accompagné de la Coupe Stanley que son équipe a gagné lors des dernières séries. C’était évidemment l’occasion de célébrer cette victoire et de nombreux fans étaient au rendez-vous.

Or le joueur, qui doit s’entraîner dur et être discipliné à longueur d’année pour son métier, aurait pris quelques verres « de trop » sur un bateau avec ses proches avant de rejoindre les fans en villes. Il se serait donc présenté un peu éméché et aurait même dû écourter une séance de signature d’autographes.

Jusqu’ici, rien de très choquant : simplement un homme qui célèbre une victoire que peu de gens pourront revendiquer dans leur vie, et qui en profite « un peu trop ».

Or la chose a déplu à Geneviève Desautels, directrice générale de Éduc’alcool, qui affirme : « La coupe Stanley à Roberval est un évènement très particulier qui donne espoir que jouer au hockey est un rêve réalisable pour les jeunes […] Si le joueur de hockey en question l’échappe en termes de consommation excessive, c’est un message totalement incohérent »[1].

Il faudra demander à Mme. Desautels quel est le lien entre la manière de célébrer une victoire et le fait qu’une carrière professionnelle de hockey soit accessible (ce qui est statistiquement faux, en passant) et en quoi ça créé une « incohérence », mais en tout cas, on aura compris l’essentiel : les joueurs de hockey, quand ça célèbre, ça doit aussi un peu travailler, rester beaux et présentables, etc.

Comme des mannequins qui doivent se la fermer et être beaux.

Car absolument tout au Québec de nos jours doit avoir une fonction utilitaire ; rien ne doit être laissé au hasard, à l’impulsivité. Même les célébrations doivent être contenues… On ne doit pas aller « trop loin ». On doit rester dans la respectabilité.

C’est simple ; le Québec est désormais une société vieille et puritaine.

Fini le temps du Québécois qui se siffle une canne de Caribou au Carnaval, fini le temps des feux de joies sur le plaines lors de la Saint-Jean… et fini le temps des joueurs de hockey qui célèbrent leurs victoires avec de la bière versée à même la coupe Stanley.

On ne doit évidemment pas se surprendre qu’Éduc’alcool se prononce contre une consommation excessive d’alcool, or son intervention publique pour moraliser Girard, dans une attitude de briseurs de party, laisse songeur. Desautels y va d’une telle naïveté en affirmant, comme une professeure d’école primaire, « Mais est-ce que pour célébrer, on est obligés de consommer de façon excessive? ».

Depuis des millénaires, les êtres humains ont célébré en buvant « un peu trop », n’en déplaise à l’organisme de sensibilisation. Mais aujourd’hui, c’est à croire que chaque aspect de nos vies est désormais régulé par un organisme ; on nous veut en parfaite santé, d’une discipline de fer, mais sans aucune liberté ou plaisirs spontanés.

« Vous ne célébrerez pas et vous serez heureux », en quelques sorte.


[1] Geneviève Desautels cité dans Gagnon, M. « Le comportement de Samuel Girard lors du défilé de la Coupe Stanley fait réagir ». Radio-Canada. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1897372/samuel-girard-coupe-stanley-alcool

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