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Référendum sur le Tramway : peur de la démocratie, chers élus?

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C’est sans surprise qu’une fois de plus, après des rumeurs de possible référendum sur le projet de Tramway à Québec, Legault doit faire marche arrière et trancher en défaveur de cette consultation. C’est sans surprise, aussi, que le maire Marchand, l’homme d’un seul projet – de retour d’une énième mission d’observation de pistes cyclables en Europe – s’oppose à cet exercice qui pourrait délégitimer l’entièreté de son mandat.

De toute évidence, la CAQ fait des pieds et des mains pour tenter de séduire à nouveau les gens de la Capitale-Nationale depuis leur défaite dans la partielle de Jean-Talon. D’abord par la réouverture maladroite de la porte pour la construction d’un troisième lien, et maintenant en laissant fuiter des rumeurs d’un intérêt particulier pour l’opinion des citoyens sur la question du tramway.

On peut les comprendre… Après avoir menti au Québécois de manière éhontée aux dernières élections, le parti de François Legault a mis toute sa crédibilité en jeu et cherche à la regagner.

Mais encore une fois, comme trop souvent, il n’y avait pas de réelle volonté politique ; que du bla bla pour nous jouer dans la tête. Il n’était pas question que le très excité maire de la ville s’en fasse passer une vite et se fasse sacrifier pour la CAQ. Les gouvernements ont tranché : pas de référendum.

Les projets d’infrastructure dans la ville de Québec sont devenus un panier de crabe dans la vie politique au Québec. Sans être capable de convaincre qui que ce soit en dehors de l’axe de fonctionnaires et d’étudiants de la Haute-Ville, les véritables problèmes de circulation qui concernent la couronne nord et le transport inter-rives sont laissés irrésolus. Mais dans l’obstination des décideurs pour des projets pharaonesques dont la nécessité est questionnable, on se retrouve à travailler pendant des années sans réel consensus, au risque de sérieusement perdre notre temps.

Car après des années de débats au sujet du tramway et tout l’argent déjà dépensé, la perspective de faire marche arrière semble aussi maussade que d’accomplir un projet ruineux qui va défigurer la ville.

Et cette indécision éternelle – de plusieurs décennies dans le cas du troisième lien – alimente la fameuse rivalité entre la Québec et Montréal, chez qui il ne semble jamais y avoir d’accrochage quand vient le temps d’investir des sommes faramineuses.

Investir dans la capitale, semble-t-il, nécessite des justifications inatteignables. Et quand on est prêt à investir, c’est pour des projets qui sont loin de faire consensus et dont les justifications sont boiteuses. Va savoir.

Dans le cas du nouvel amphithéâtre, par exemple, qui nous avait coûté 400 millions d’argent public, une seule évocation floue d’un possible élargissement de la LNH par une compagnie qui se fout éperdument du Québec – voire déteste littéralement le Québec – et c’était dans le sac!

Dans le cas d’un tramway qui coûtera plus de 4 milliards de dollars, le dogme de la transition, quelques visites en Europe et un support de la part de citoyens déjà bien desservis en termes de transport en commun, et il paraîtrait qu’on n’a pas le droit d’émettre le moindre doute.

C’est simple : les municipalités sont devenues le principal instrument de la réingénierie sociale environnementaliste. Le but n’est pas d’accéder aux demandes des citoyens, mais bien de les forcer à adopter un nouveau mode de vie. Pourquoi voudrions-nous les consulter alors que leurs habitudes sont justement « problématiques »?

Face à ces rumeurs de référendums, Marchand s’est montré confiant que le gouvernement provincial ne forcerait pas sa tenue : « Je n’ai pas cette crainte-là. Je n’ai pas peur du spectre d’un référendum. La consultation démocratique a été faite à plusieurs reprises sur ce projet-là, et pas juste à la Ville de Québec, même au gouvernement du Québec. »

Est-ce vraiment le cas? La dernière élection provinciale était-elle réellement un référendum sur la question? Ce n’est pas l’impression qu’on en avait… C’était avant tout une question de remplacer le maire Labeaume, qui avait été maire pendant 14 ans. Oui, le tramway était un enjeu, mais on ne voulait pas nécessairement le maire d’un seul projet.

D’ailleurs, il faut se rappeler l’infime marge de 834 voix qui séparait Marchand de son adversaire, Marie-Josée Savard… Pas le mandat le plus solide, disons.

Parle-t-il des multiples consultations publiques sur le sujet, comme si ce genre d’exercice n’était pas fréquenté que par une petite minorité de militants mobilisés? Je sais ; les absents ont toujours tort. Mais je suis toujours surpris qu’on puisse voir en ce genre d’exercice des consultations populaires légitimes pour mesurer l’acceptabilité sociale. Les familles et les travailleurs qui tentent de joindre les deux bouts entre le boulot, la garderie et la maison n’ont bien souvent pas le temps d’aller s’exprimer dans ces mascarades de démocratie fréquentées par des coucous et des râleurs.

De quelle « consultation démocratique » Marchand parle-t-il? Est-ce vraiment parce qu’il croit la question tranchée qu’il refuse de soumettre son projet à un vote? Ou non pas parce qu’il sait très bien que le projet est impopulaire et ne passerait probablement pas le test des urnes?

On apprenait le mois passé dans un sondage que l’opposition au projet se maintenait – et même augmentait – à un taux record de 60%. Et ça fait des semaines que Geneviève Guilbeault rappelle à Marchand la nécessité de convaincre la population. On est loin, très loin d’une question tranchée. Et si vraiment on veut se parer de légitimité démocratique, ce n’est certainement pas en essayant de se rentrer la tête dans le sable en ignorant l’opinion des citoyens.

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