La ville de Québec possède un amphithéâtre moderne, une population passionnée de hockey et une équipe dont le retour demeure profondément souhaité. Pourtant, plus de dix ans après l’ouverture du Centre Vidéotron, la capitale nationale attend toujours sa franchise de la Ligue nationale de hockey.
Le commissaire adjoint de la LNH, Bill Daly, vient de préciser une nouvelle fois ce qui bloque le dossier. Lors d’une entrevue accordée le 29 juillet au balado The Sick Podcast – The Eye Test, il a affirmé que la Ligue n’avait toujours pas trouvé un propriétaire disposé à payer le prix exigé et à exploiter durablement une équipe à Québec.
«Nous avons poursuivi nos conversations, nos rencontres et nos démarches exploratoires avec ceux qui souhaitent une équipe à Québec, mais nous n’avons pas encore trouvé de propriétaire prêt à aller de l’avant», a résumé Bill Daly, selon les propos rapportés par The Sick Podcast.
Cette explication a au moins le mérite de clarifier la position de la LNH. Le principal obstacle ne serait ni l’intérêt des partisans, ni la qualité du Centre Vidéotron, ni même nécessairement la capacité du marché québécois à soutenir une équipe. Daly a d’ailleurs souligné que les sept marchés canadiens actuellement représentés dans la Ligue se portent bien financièrement.
Le problème se trouve plutôt du côté de la propriété. Pour obtenir une franchise, il ne suffit plus de manifester son intérêt ou de présenter un amphithéâtre répondant aux normes de la LNH. Il faut réunir un groupe financier suffisamment solide pour acquitter des droits d’expansion qui pourraient atteindre environ 2 milliards de dollars américains, puis assumer les dépenses considérables liées à l’exploitation d’une équipe.
Le propriétaire recherché doit également convaincre la Ligue qu’il ne cherchera pas à déménager la franchise au premier ralentissement économique ou après quelques saisons difficiles. C’est pourquoi Daly insiste autant sur l’engagement à long terme. La LNH veut éviter d’accorder une équipe à un groupe qui considérerait Québec comme une solution provisoire plutôt que comme un marché permanent.
Cette réalité montre également les limites de la construction du Centre Vidéotron. L’amphithéâtre, inauguré en 2015 grâce à un investissement public important, a réglé une faiblesse évidente de la candidature québécoise : l’absence d’une installation moderne. Il constituait une condition nécessaire au retour de la LNH, mais il n’a jamais représenté une garantie.
Québec était d’ailleurs dans la course lors de la précédente expansion, mais Las Vegas avait finalement obtenu une équipe après l’arrivée d’un propriétaire prêt à payer le prix demandé et à piloter le projet. Les Golden Knights sont entrés dans la Ligue en 2017. Depuis, Seattle a également obtenu une franchise, pendant que le dossier québécois demeurait au même point.
Les déclarations de Daly ne ferment donc pas officiellement la porte aux Nordiques. Elles indiquent cependant que les campagnes populaires, les interventions politiques et la nostalgie de l’ancienne rivalité avec le Canadien de Montréal ne suffiront pas. La prochaine avancée véritable devra venir d’un investisseur capable de déposer une candidature crédible devant les gouverneurs de la LNH.
Québec a déjà ses partisans, son histoire et son amphithéâtre. Ce qui lui manque encore, selon la Ligue elle-même, c’est le milliardaire — ou le groupe de milliardaires — prêt à transformer ce potentiel en entreprise durable. Tant que cet élément essentiel ne sera pas au rendez-vous, le Centre Vidéotron pourra accueillir des matchs préparatoires et entretenir l’espoir, mais le retour des Nordiques demeurera en suspens.



