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Troisième lien : pas qu’une question de trafic

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Dans la foulée des débats sur le troisième lien, qui ont resurgi suite à la sortie de Bernard Drainville cette semaine, le maire de Lévis Gilles Lehouiller a interpellé le Parti Québécois, en avance dans les sondages dans la grande région de Québec, pour les faire réfléchir sur le fait que la capitale nationale d’un Québec indépendant aurait besoin d’infrastructures appropriées. Il était à peu près temps que quelqu’un sorte de ces débats qui tournent en rond et rappelle ce point important : le troisième lien n’est pas qu’une question de traffic.

Étalement urbain

L’un des arguments utilisés pour critiquer le troisième lien, c’est qu’il contribuerait à l’étalement urbain et, par le fait même, au trafic. Cet argument pourrait être valable s’il n’y avait pas déjà de l’étalement urbain abusif à l’ouest et au nord de la ville.

En effet, en l’absence d’un lien routier à l’est, les développements résidentiels des dernières décennies se sont majoritairement concentrés à autour des ponts et dans la couronne nord. Les uns en raison de leur proximité avec les liens inter-rives et les autres en raison de leur lien direct via les autoroutes. Mais les développements ont été pratiquement inexistants au sud et à l’est de la communauté métropolitaine de Québec.

C’est donc dire que le développement de Québec est complètement excentré. La ville se développe à 10 km de son centre-ville alors que la campagne ne se trouve qu’à moins de 2 kilomètre à l’est du centre-ville de Lévis.

On ne combat donc pas du tout l’étalement urbain en bloquant le troisième lien ; on force simplement la ville à se développer d’une manière chaotique, en entonnoir autour des ponts, et on accentue la pression dans la couronne nord, jusque dans les montagnes, d’une manière tout à fait ridicule.

Le concept du troisième lien est donc de créer un périphérique autour de la ville pour recentrer son développement autour du centre-ville, et non pas autour de Sainte-Foy. Le but est d’offrir une alternative à la couronne nord qui est déjà saturée et aux quartiers à l’ouest, qui sont de plus en plus éloignés.

Est-ce que ça veut dire que la campagne à l’est et au sud de Lévis disparaîtrait sous les nouveaux développements advenant la construction d’un troisième lien? Oui, mais ça serait beaucoup plus logique de développer des secteurs à 2 km de la zone urbaine que de continuer à s’étaler à plus de 10 km des centres-villes. D’autant plus si vous avez à cœur de densifier les villes et de mettre en place des réseaux de transport en commun efficace!

Il y a quand bien même des limites à se développer jusqu’à Saint-Augustin, Saint-Nicolas ou Sainte-Brigitte-de-Laval! Comment voulez-vous faire adopter le transport en commun dans des circonstances pareilles?

Développement économique

Les retombées économiques potentielles sont une autre raison pour construire un troisième lien. En effet, limiter l’enjeu au trafic voudrait essentiellement dire qu’on voudrait à tout prix limiter le développement de la ville et la maintenir à son niveau actuel. On voudrait que Québec demeure une petite ville tranquille.

Or, au contraire, je pense qu’il faut le dire haut et fort : on veut construire un troisième lien pour stimuler le développement économique et multiplier les opportunités dans la ville. On veut que Québec devienne de plus en plus dynamique, de plus en plus populeuse, de plus en plus active.

Et au diable le trafic ; si c’est la conséquence de développer la prospérité et de devenir une métropole attractive pour les investisseurs du monde entier, c’est un risque qu’on est prêt à prendre!

Est-ce qu’on est vraiment en train de dire que les Québécois veulent étouffer leur développement économique parce qu’ils ont peur du trafic et de l’étalement urbain? Est-ce qu’on peut arrêter d’être des pleutres pour une fois?

Un troisième lien débloquerait massivement les opportunités économiques dans la région de Chaudière-Appalaches et du Bas-Saint-Laurent. On améliorerait significativement l’accès aux quartiers industriels de Québec et on éviterait aux camionneurs des centaines de milliers de kilomètres de détours inutiles par année.

En fait, c’est tout l’est du Québec qui serait stimulé. La province entière en profiterait.

Sécurité

Maintenant, un aspect incontournable de la nécessité d’un troisième lien est qu’à ce stade, c’est carrément un enjeu de sécurité. On le dit à la blague, mais c’est tristement vrai : le projet de troisième lien est en passe de devenir le projet d’un deuxième lien, voir même d’un premier.

Le Pont de Québec est dans un état lamentable, la rouille l’a tellement grugé que certaines de ses poutres de métal ne tiennent carrément plus. Et en plus, on ne le possède même pas! C’est le CN qui en est le propriétaire et refuse de l’entretenir. Le gouvernement veut le racheter, mais les négociations s’étirent en longueur. Ce dossier est une véritable honte et traîne depuis des années. Et pendant ce temps, le pont tombe en ruine.

De toute façon, le Pont de Québec n’est même pas une autoroute. C’est un lien ferroviaire avec trois petites voies pour les voitures connectées à des petites artères de moindre importance.

Pour ce qui est du pont Pierre-Laporte, lui aussi commence à se faire vieux et on l’a fermé à plusieurs reprises ces dernières années pour effectuer des travaux d’urgence. À chaque fois, on nous dit que son état est pire que ce qu’on pensait…

Attend-on vraiment que les deux liens inter-rives s’écroulent ou deviennent inutilisables avant de réagir? Advenant une catastrophe, le pont Laviolette à Trois-Rivière deviendrait notre lien routier le plus proche. C’est à 100 km, ce qui veut dire que passer du centre-ville de Lévis au centre-ville de Québec serait un trajet de 200km. Et ne venez pas nous parler du traversier, ce serait rire de nous…

La survie du Français

Finalement, pour rejoindre un peu les propos de M. Lehouiller, je ne m’explique toujours pas la raison de l’indifférence des souverainistes à l’égard du développement de la ville de Québec, dont ils aspirent pourtant qu’elle devienne un jour la capitale nationale de leur pays.

C’est encore une fois un exemple où le gauchisme du mouvement souverainiste l’emporte sur son objectif de faire un pays et de protéger la culture Québécoise.

C’est simple, Québec est la plus grande ville 100% francophone en Amérique. Nous savons très bien que Montréal est fortement anglicisée et que le phénomène s’accélère. Ne serait-ce donc pas logique de s’assurer que la Capitale-Nationale, la deuxième ville en importance dans la province, se développe le plus possible et devienne elle-aussi une métropole?

Ça ne veut pas dire de laisser Montréal à son sort ; il faut continuer de se battre pour y préserver le fait français, mais à Québec, nous avons l’opportunité de développer une métropole qui est déjà entièrement francophone.

Aspirer à ce que Québec demeure le plus possible une petite ville tranquille et tenter de limiter son développement, c’est en fait une très bonne allégorie de ce qui se passe avec la nation Québécoise dans son ensemble. Refuser de se développer, c’est signer notre arrêt de mort.

Si les Québécois ne veulent pas voir leur Capitale-Nationale devenir une métropole, s’ils ont peur d’un pont ou de l’étalement urbain, il n’y a aucune chance qu’ils accomplissent l’indépendance un jour. Ça veut dire qu’on est un peuple déjà mort qui ne fait qu’attendre tranquillement son assimilation dans la civilisation anglo-saxonne qui, elle, continue de se développer de manière exponentielle.

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