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Une motion unanime contre le gaz naturel à l’Assemblée nationale cause l’incompréhension dans la population

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Une semaine après avoir interdit aux municipalités de bannir le gaz naturel, voilà maintenant que le gouvernement caquiste se range du côté de Québec solidaire dans une motion appelant à « sortir le Québec du gaz naturel », occasionnant une nouvelle unanimité douteuse à l’Assemblée nationale sur un sujet qui est loin de faire l’unanimité dans la population, ni parmi les experts. Non seulement ça met en relief l’indécision imprudente du gouvernement dans le dossier de notre sécurité énergétique, mais ça donne l’impression, une fois de plus, que malgré une majorité écrasante, la CAQ s’écrase devant toutes les motions les plus idéologiques et délirantes de Québec solidaire.

C’est Gabriel Nadeau-Dubois qui a annoncé la nouvelle de ce vote unanime contre le gaz naturel ce matin, célébrant « un pas de plus vers l’atteinte de la carboneutralité ».

Les réponses n’ont pas tardé à s’accumuler sous le tweet en question, soulignant le caractère nordique du pays, le fait que nous manquons déjà d’électricité et qu’interdire toutes autres sources d’énergie était extrêmement risqué. En effet, nous savons depuis 2022 qu’Hydro-Québec s’enligne droit vers les déficits en 2027 s’il ne construit pas rapidement de nouvelles centrales. De plus, le réseau de distribution est en piètre état et les pannes deviennent de plus en plus régulières, ce qui fait craindre le pire en cas de bannissement des alternatives telles que le gaz naturel.

Certains font aussi remarquer à quel point ces unanimités à tour de bras sont curieuses en un temps où la polarisation se fait particulièrement ressentir dans la population. Cette situation engendre beaucoup d’anxiété et une impression que les décideurs politiques sont complètement déconnectés des préoccupations de la population. Lorsque les sphères politiques refusent de débattre des sujets qui sont débattus dans la population, ça engendre simplement plus de cynisme et, à terme, de radicalisation.

Outre les préoccupations au sujet de l’usage domestique du gaz naturel, qui s’avère une source d’énergie beaucoup plus fiable que l’électricité en cas d’intempéries et qui peut alléger la pression sur le réseau d’Hydro-Québec, il faut aussi noter l’inquiétude grandissante du secteur industriel qui, dans certains cas, dépend entièrement de cette source d’énergie. Dans un dossier de La Presse la semaine dernière (Le gaz naturel à la croisée des chemins), on apprenait qu’Énergir évaluait que le volume de gaz distribué aux clients résidentiels baisserait de 50% dans les prochaines années, que les investisseurs désertaient l’entreprise et que le passage au GNR rendait la ressource plus coûteuse. Autant d’éléments qui font en sorte que les prix explosent pour le secteur industriel qui constitue la moitié du volume total des branchements à Énergir.

Une catastrophe considérant qu’avec les limitations énergétiques d’Hydro-Québec, on doit déjà refuser plus de la moitié des demandes de branchement des projets de développement industriels sur le territoire. Autrement dit, notre développement est déjà étouffé par notre manque de ressources énergétiques, et on veut en rajouter une couche en « sortant du gaz naturel », dont la moitié du volume consommé est destiné à l’industrie!

C’est un problème majeur, puisque contrairement au chauffage résidentiel ou aux électro-ménagers, le secteur industriel n’a aucune solution à court ou moyen terme pour se départir de cette ressource énergétique: « On sait qu’on ne pourra pas se passer de gaz pour encore 40 à 50 ans. On sait aussi qu’on ne peut pas s’approvisionner ailleurs parce qu’Énergir a le monopole de la distribution au Québec. », explique Nazim Seeba, vice-président de l’Association des consommateurs industriels de gaz naturel (ACIG).

Ainsi, dans cette folie purement idéologique de diaboliser le gaz naturel alors qu’il s’agit d’une énergie d’appoint idéale pour le Québec et d’une énergie de transition contribuant à la décarbonation au niveau mondial, nous sommes en train de saboter la sécurité énergétique et le secteur industriel québécois. Et malgré une majorité écrasante de la CAQ à l’Assemblée nationale, qui devrait pouvoir lui donner le champ libre pour prendre des décisions éclairées, loin des pressions idéologiques des partis d’opposition, le parti à François Legault continue de s’écraser devant les activistes de gauche radicale de Québec solidaire et persiste obstinément à enfoncer le Québec dans une transition énergétique prématurée et carrément dangereuse.

Comme l’explique bien Pierre-Olivier Pineau, titulaire de la chaire en énergie de HEC Montréal, « Si ces industries déménagent en Ontario ou aux États-Unis, le Québec a perdu et la planète n’a pas gagné. »

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