Course à la direction du NPD : entre radicalisme et marginalisation

Selon John Ivison du National Post, le Nouveau Parti démocratique (NPD) traverse une crise existentielle qui pourrait le mener vers « la marginalisation » ou « l’oblitération électorale ». La course à la direction, lancée au début septembre et censée se conclure en mars prochain, peine déjà à susciter l’intérêt. Jusqu’ici, seul Yves Engler, militant controversé et figure marginale de la gauche radicale, a annoncé sa candidature.

Ivison rappelle qu’Engler milite pour abolir le capitalisme, réduire volontairement l’économie et retirer l’Ordre du Canada à l’ancien ministre de la Justice Irwin Cotler en raison de son soutien à Israël. Connu pour ses provocations, Engler a multiplié les confrontations publiques, notamment avec l’ex-ministre libéral Marc Miller et des journalistes, ce qui lui vaut d’être considéré comme un « amuseur de rue » plutôt qu’un homme d’État.

D’autres candidatures plus sérieuses devraient émerger, écrit John Ivison. La députée d’Edmonton Strathcona, Heather McPherson, rassemble déjà des appuis. Elle est critique des politiques israéliennes, mais elle ne prône pas, contrairement à Engler, la fermeture des sables bitumineux. Avi Lewis, issu d’une famille emblématique du NPD, serait aussi en lice. Ancien journaliste à CBC et Al Jazeera, il est surtout connu pour son rôle dans le Leap Manifesto de 2015, qui proposait un virage vert radical et un revenu de base universel.

Le problème, explique Ivison, est que les membres semblent prisonniers d’un choix restreint entre « très à gauche », « inéligiblement à gauche » et « carrément farfelu ». Les règles internes du parti accentuent cette impression : priorité de parole donnée à certains groupes identitaires lors des congrès, ou encore critères exigeant que la moitié des signatures pour appuyer une candidature viennent de femmes et qu’un cinquième provienne de groupes minoritaires.

Cette orientation idéologique a contribué à faire fuir une partie importante de l’électorat masculin. Alors qu’en 2021, 13 % des hommes votaient pour le NPD, ce taux serait tombé à seulement 4 % lors de l’élection d’avril dernier, selon l’Institut Angus Reid.

John Ivison souligne que cette faiblesse ne touche pas seulement le NPD, mais l’ensemble du paysage politique canadien. Si le parti avait obtenu 10 % des voix — soit environ 700 000 votes de plus — Pierre Poilievre aurait probablement accédé au pouvoir, au lieu de laisser Mark Carney former un gouvernement libéral orienté vers la droite.

Pour l’auteur, le NPD aurait pourtant une occasion de se relancer auprès des électeurs mécontents de la suspension de la taxe carbone ou du recul sur les véhicules électriques. Mais cela nécessiterait de renouer avec son identité traditionnelle : être le parti des travailleurs, notamment les hommes de la classe ouvrière, aujourd’hui largement détachés du NPD.

Ivison conclut que le parti est à la croisée des chemins. S’il ne redéfinit pas rapidement son ancrage et son électorat, il risque de s’enfoncer dans l’insignifiance politique.

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