Fin de la grève chez Air Canada : un retour progressif à la normale

La grève historique des agents de bord d’Air Canada, la première en quarante ans, a pris fin mardi avec l’annonce d’une entente de principe entre le transporteur et le syndicat représentant ses 10 400 membres. Allison Lampert et Wa Lone rapportent pour Reuters, dans une dépêche publiée le 19 août 2025, que cet accord met un terme à près de quatre jours de perturbations massives qui ont affecté des centaines de milliers de voyageurs à travers le pays.

Une entente après un bras de fer sans précédent

Selon Reuters, le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui représente les agents de bord, a confirmé sur Facebook la fin du conflit : « La grève est terminée. Nous avons une entente de principe que nous soumettrons à nos membres ». Le transporteur, qui assure normalement le déplacement quotidien d’environ 130 000 passagers, a indiqué que la reprise complète des activités nécessiterait « une semaine ou plus », certains vols demeurant annulés au cours des dix prochains jours.

Les journalistes de Reuters rappellent que les grévistes avaient quitté leur poste samedi dernier après l’échec des négociations contractuelles, en réclamant notamment une rémunération pour des tâches au sol comme l’embarquement. Le syndicat a affirmé que la question du « travail non payé » était désormais réglée, sans dévoiler les détails de l’entente.

Un défi à l’autorité fédérale

L’épisode a été marqué par un geste rare : malgré une décision de la Commission canadienne des relations industrielles jugeant leur grève illégale, les agents de bord ont poursuivi leur mouvement. Reuters souligne que ce refus de se plier aux injonctions a créé une impasse à trois entre la compagnie, ses employés et le gouvernement fédéral. La ministre de l’Emploi, Patty Hajdu, avait appelé les parties à accepter une médiation et promis d’ouvrir une enquête sur les allégations de travail non rémunéré dans le secteur aérien.

Répercussions financières et sociales

Les auteurs de Reuters précisent que la grève a poussé Air Canada à retirer ses prévisions financières pour le troisième trimestre et l’ensemble de l’année 2025. Malgré tout, l’annonce de l’entente a entraîné un rebond boursier : l’action du transporteur a gagné 4 % en début de séance mardi, bien qu’elle ait perdu 14 % depuis le début de l’année.

Du côté des voyageurs, la patience s’amenuisait. Reuters rapporte le témoignage de Klaus Hickman, un retraité qui a manqué un vol vers Toronto et dû se réorganiser pour ne pas compromettre un déplacement vers l’Allemagne. S’il dit comprendre les revendications salariales, il s’inquiète des répercussions personnelles sur sa santé et ses déplacements.

Encore plus dramatique, James Numfor, originaire de Regina, a raconté à Reuters être resté coincé à Toronto avec sa famille, de retour du Cameroun après les funérailles de son frère. Air Canada lui avait fourni une seule nuit d’hôtel avant de le laisser, avec ses proches, dormir dans l’aéroport.

Un mouvement dans un contexte plus large

Comme le rappellent Lampert et Wa Lone, le conflit s’inscrit dans une série de tensions sociales qui secouent depuis deux ans les secteurs de l’aérospatiale, de la construction, du ferroviaire et du transport aérien, alors que les syndicats profitent d’un marché du travail serré pour exiger de meilleures conditions. Chez Air Canada, la direction avait offert une hausse de 38 % de la rémunération totale des agents de bord, une proposition jugée insuffisante par le SCFP tant que la question du travail au sol non payé n’était pas réglée.

La grève des agents de bord d’Air Canada aura marqué un précédent par sa durée, son intensité et son défi à l’autorité fédérale. Si l’entente de principe doit encore être ratifiée, Reuters note qu’elle met fin à une paralysie qui a révélé l’ampleur des frustrations accumulées dans l’industrie. Les prochaines semaines seront cruciales pour rétablir la confiance des voyageurs, stabiliser les opérations et mesurer la portée des gains syndicaux obtenus.

Article basé sur les informations rapportées par Allison Lampert et Wa Lone pour Reuters, avec des contributions additionnelles de Nathan Gomes, Arpan Varghese, Aishwarya Jain et Divya Rajagopal, rédaction par Caroline Stauffer, édition par Sam Holmes et Arun Koyyur.

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