Service obligatoire : oui pour l’hôpital, non pour l’armée, note John Robson

Dans une chronique publiée le 20 août 2025 dans le National Post, John Robson s’inquiète de l’attitude des Canadiens face à la défense nationale. Commentant un récent sondage Angus Reid, l’auteur explique que la majorité des citoyens se disent favorables à un service obligatoire pour les jeunes, mais uniquement dans des domaines comme la santé ou l’environnement, et non lorsqu’il s’agit de protéger militairement le pays.

Robson souligne que 74 % des répondants souhaitent que les jeunes consacrent une année à soutenir le système de santé, 73 % à l’environnement, 72 % à des « services jeunesse » et 70 % à la « protection civile ». En revanche, à peine 43 % appuient un service lié à la défense nationale, tandis que 44 % s’y opposent. Pour l’auteur, ce décalage est révélateur : « nous voulons conscrire les jeunes pour obtenir gratuitement des services, mais pas pour assurer la sécurité de la nation ».

Selon Robson, cette attitude démontre une inversion dangereuse des priorités. Il rappelle l’exemple des Pays-Bas en 1940 : « Peu importait que leur système de sécurité sociale soit progressiste, il ne leur a servi à rien lorsque les nazis ont envahi le pays ». À ses yeux, dépenser pour notre confort alors que « les barbares minent les murs de la cité » relève à la fois d’un manque de prudence et de dignité.

Pour appuyer son argument, Robson cite John Stuart Mill dans ses Principes d’économie politique. Mill écrivait : « La guerre est une chose laide, mais pas la plus laide : l’état de décomposition morale et patriotique qui pense que rien ne vaut une guerre est bien pire ». Robson rappelle que Mill n’était pas un belliciste : il condamnait les guerres menées pour des intérêts égoïstes, mais il considérait qu’une guerre défensive ou pour protéger les opprimés pouvait être régénératrice pour un peuple.

À la lumière de ces considérations, Robson dénonce une mentalité de « passagers clandestins » au Canada : tout le monde bénéficie de la sécurité, mais trop peu sont prêts à l’assurer. Selon lui, vouloir forcer des jeunes à travailler dans les hôpitaux ou dans des projets environnementaux pendant que la défense nationale est négligée démontre un appauvrissement du sens du devoir collectif.

Il critique aussi la complaisance des Canadiens face à l’aide « pitoyable » offerte à l’Ukraine. Dans ce contexte, écrit-il, le manque de volonté de défendre le pays prend une dimension encore plus inquiétante.

Enfin, Robson conclut que « tant que la lutte entre justice et injustice continuera de structurer les affaires humaines, il faudra des gens prêts à se battre pour la première contre la seconde ». Or, le sondage Angus Reid laisse plutôt croire que les Canadiens préfèrent « profiter des fruits du travail des autres » plutôt que d’assumer eux-mêmes leurs responsabilités les plus fondamentales.

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