L’Agence du revenu du Canada dépouille une famille de son héritage : 660 000 $ d’impôts réclamés après la mort des parents

Lorsqu’Ashley Galea et son frère ont perdu leurs deux parents en l’espace de onze mois, ils n’imaginaient pas que leur deuil serait alourdi par une facture fiscale de plus de 660 000 dollars. Comme le rapporte Pat Foran de CTV News, l’Agence du revenu du Canada a exigé que la quasi-totalité des économies de retraite de leurs parents serve à couvrir cette somme astronomique.

La mère d’Ashley, Jackie, est décédée en janvier à l’âge de 62 ans. En décembre de la même année, son père Michael est mort subitement à 63 ans. Les deux étaient de véritables amoureux du secondaire, raconte leur fille, et Ashley confie à CTV News qu’elle croit que son père est décédé « d’un cœur brisé ».

Le couple, décrit par leur fille comme « de classe moyenne », avait travaillé dur dans leurs carrières respectives, Jackie dans les soins infirmiers et Michael en affaires. En 1998, ils avaient réalisé leur rêve d’acheter un chalet, puis, cinq ans avant leur décès, ils avaient vendu la maison familiale pour s’installer définitivement dans cette résidence de campagne.

Comme l’explique Pat Foran, la succession a déclenché un mécanisme fiscal particulièrement lourd : à la mort de Jackie, ses épargnes-retraite (REER) sont passées à son mari, pour un total de 715 000 $. Lorsque Michael est décédé la même année, cette somme a été considérée comme un revenu imposable. Résultat : une imposition d’environ 50 %, à laquelle s’est ajoutée une taxe sur les gains en capital du chalet pour la période de 1998 à 2019. Au final, la famille s’est retrouvée avec une facture de 669 126 $.

Pour éviter de vendre le chalet, symbole des sacrifices et du travail acharné de leurs parents, Ashley et son frère ont dû utiliser presque la totalité des REER pour payer la dette fiscale. « Ce que mes parents avaient économisé pour nous est parti en impôts », déplore Ashley, qui veut désormais prévenir les autres familles des risques liés à une mauvaise planification successorale.

Pat Foran rapporte aussi les propos d’Evelyn Jacks, experte fiscale au Knowledge Bureau, qui recommande aux familles de mettre en place une stratégie de réduction d’impôt bien avant la retraite. Selon elle, il est préférable de commencer à planifier entre 55 et 60 ans, et parfois même de retirer de l’argent d’un REER plus tôt afin de le transférer dans un compte d’épargne libre d’impôt (CELI). « Mieux vaut prendre un coup fiscal en cours de vie que d’être frappé de plein fouet par le taux marginal le plus élevé au décès », explique-t-elle.

Jacks souligne également que l’assurance-vie peut constituer une protection précieuse pour les héritiers et rappelle que les dettes envers l’Agence du revenu peuvent être étalées sur dix ans, mais avec intérêts.

Pour Ashley Galea, au-delà du choc financier, l’histoire de ses parents met en lumière la nécessité d’un débat sur le système fiscal canadien. Elle croit que des réformes devraient permettre aux familles de conserver une plus grande part de l’épargne accumulée durant toute une vie de travail. « Si ce que nous avons vécu aide d’autres familles à éviter ce piège, alors mes parents seraient fiers de moi », confie-t-elle à CTV News.

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