D’après un article de Lauren Krugel, publié par La Presse Canadienne dans le Financial Post le 7 juillet 2025
Le gouvernement de l’Alberta s’apprête à consulter la population cet automne sur l’ajout éventuel de l’énergie nucléaire au mix énergétique provincial. La première ministre Danielle Smith en a fait l’annonce le 7 juillet 2025, lors du déjeuner annuel du Stampede à Calgary, en compagnie du premier ministre de l’Ontario Doug Ford.
Dans cet article signé par Lauren Krugel, journaliste à La Presse Canadienne, et publié dans le Financial Post, on apprend que la série de consultations sera menée par Chantelle de Jonge, secrétaire parlementaire à l’Accessibilité et aux Services publics. Ces rencontres auront pour but d’ouvrir un dialogue avec les Albertains sur une technologie encore peu explorée dans la province.
« Nous voulons parler aux Albertains, parce que c’est nouveau pour nous », a déclaré Danielle Smith, soulignant que l’Ontario, lui, tire environ 60 % de son électricité du nucléaire.
Lauren Krugel explique que les réacteurs nucléaires modulaires de petite taille (ou small modular reactors, SMR) sont perçus comme une solution particulièrement adaptée aux sites industriels éloignés ayant de lourds besoins énergétiques, comme les projets des sables bitumineux. Ces réacteurs peuvent être fabriqués hors site et transportés, et ils produisent environ un tiers de la puissance d’une centrale nucléaire traditionnelle.
Doug Ford, lui aussi cité par Lauren Krugel, a soutenu que ces SMR pourraient jouer un rôle clé dans l’établissement de centres de données consacrés à l’intelligence artificielle. « Ces centres consomment une quantité d’énergie sans fin », a-t-il dit. « C’est là que les emplois seront créés. »
Parmi les entreprises intéressées, X-Energy Reactor Co., une firme américaine, affirme avoir conçu un réacteur parfaitement adapté aux besoins de l’Alberta. Son PDG, Clay Sell, affirme que l’un des défis des réacteurs traditionnels est leur complexité de construction : « Notre objectif a toujours été de simplifier les choses, de réduire la taille et le nombre de composants. »
X-Energy envisage d’alimenter tant le réseau général que les installations des sables bitumineux utilisant la technique du drainage gravitationnel assisté par vapeur. L’entreprise Ontario Power Generation (OPG) étudie aussi l’implantation de ces réacteurs dans des sites industriels en Ontario.
Krugel rapporte également qu’un projet bien plus ambitieux est en cours dans le nord-ouest de l’Alberta. La société Energy Alberta veut construire une centrale nucléaire dans la région de Peace River, avec deux à quatre réacteurs Candu pour une capacité totale de 4 800 mégawatts, soit jusqu’au quart de l’approvisionnement actuel de la province.
Danielle Smith a déclaré que ce projet semblait autrefois « démesuré » pour le réseau de la province, mais qu’avec les besoins croissants des centres d’IA, il est désormais envisagé plus favorablement.
Lors du Global Energy Show, Carl Marcotte, vice-président principal chez Candu Energy, a affirmé que l’Alberta aurait avantage à inclure le nucléaire dans son bouquet énergétique. « Vous aurez besoin de beaucoup plus de puissance pour alimenter votre croissance. Une puissance fiable, disponible 24/7, peu importe la météo, et abordable », a-t-il souligné.
Le journaliste Lauren Krugel cite également Scott MacDougall, directeur des programmes en électricité à l’Institut Pembina, qui croit que le nucléaire peut contribuer à réduire l’empreinte carbone des sables bitumineux, mais souligne que d’autres options sont plus rapides à déployer. « L’Alberta devrait adopter une approche globale, où les énergies renouvelables occupent une place centrale », a-t-il suggéré, soulignant la baisse continue des coûts des renouvelables et du stockage.
L’article de Lauren Krugel, relayé par La Presse Canadienne et publié dans le Financial Post, expose donc une province en pleine réflexion, cherchant à concilier développement économique, innovation technologique et transition énergétique.



