Les politiques de DEI sont un frein à la science, selon le professeur Steven Pinker

L’ancien recteur universitaire Peter MacKinnon, dans un texte paru dans le National Post, met de l’avant le témoignage du professeur de Harvard et auteur canadien Steven Pinker, entendu le 15 septembre devant le Comité permanent de la Chambre des communes sur la science et la recherche. MacKinnon rappelle que Pinker, figure intellectuelle internationale et auteur de l’ouvrage Enlightenment Now, a livré un message clair : les politiques de diversité, d’équité et d’inclusion (DEI) nuisent autant à la recherche scientifique qu’à la société canadienne.

Peter MacKinnon explique que les universités et institutions publiques du pays en viennent souvent à imposer des quotas raciaux ou de genre, au détriment du principe fondamental de non-discrimination inscrit dans l’article 15(1) de la Charte canadienne des droits et libertés. Ces pratiques, selon lui, produisent un effet pervers : la discrimination se perpétue sous couvert de justice sociale, alors que les valeurs démocratiques libérales sont mises de côté.

Steven Pinker, cité par MacKinnon et résumé par Tristin Hopper du National Post, a soutenu que les établissements universitaires se transforment en « monocultures étouffantes » où l’opinion dissidente est punie. Pinker a demandé explicitement que les universités cessent de donner aux politiques DEI un pouvoir structurant. Il a insisté sur le fait qu’il est irréaliste et même contre-productif d’attendre des corps professoraux ou étudiants qu’ils reflètent parfaitement la composition ethnique globale de la société canadienne.

Le chercheur a donné plusieurs exemples : au Canada, on s’interroge sans cesse sur la représentation numérique des Asiatiques, des Blancs, des Autochtones ou des Noirs dans le monde académique. D’autres catégories viennent compliquer ce calcul : LGBTQ2S+, personnes transgenres, appartenances religieuses, etc. Selon Pinker, ces débats détournent l’attention de la véritable finalité : l’excellence académique et scientifique. Comment justifier, se demande-t-il, que les résultats scolaires de haut niveau cèdent la priorité à l’appartenance à un groupe dit « en quête d’équité »?

MacKinnon rappelle que ces questions touchent au cœur de la mission universitaire et risquent d’affaiblir l’ensemble du système scientifique canadien. Il souligne que ceux qui osent émettre des réserves sont souvent réduits au silence par crainte d’être accusés de racisme. Or, la prise de parole de Steven Pinker pourrait libérer d’autres voix modérées et favoriser un retour au respect de la diversité d’opinions, à l’ouverture cosmopolite et au principe de non-discrimination.

En conclusion, MacKinnon affirme que les Canadiens devraient être reconnaissants envers Pinker d’avoir porté ce discours devant les parlementaires. Selon lui, c’est un appel au courage civique et intellectuel dans un contexte où le conformisme institutionnel pèse lourdement sur la liberté académique.

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