L’article de Tristin Hopper, publié dans le National Post le 28 août 2025, revient sur l’annonce du ministre québécois de la Laïcité, Jean-François Roberge, qui a promis d’interdire les « prières de rue ». Hopper précise que le ministre a évité de nommer une religion en particulier, mais que la mesure survient dans un contexte marqué par la multiplication des prières islamiques collectives lors de manifestations anti-israéliennes.
Le journaliste explique que cette interdiction s’inscrit dans une série de recommandations émises par un rapport de 278 pages sur la laïcité au Québec, incluant des propositions touchant les vêtements religieux en garderie, les visages masqués dans les cégeps et les espaces de prière dans les universités. Si le rapport suggérait de laisser les municipalités gérer les prières publiques, Québec a choisi d’intervenir directement.
Selon Hopper, la pratique est devenue particulièrement visible devant la basilique Notre-Dame de Montréal, où le groupe pro-palestinien Montreal4Palestine organise depuis plusieurs mois des rassemblements dominicaux comprenant la prière islamique en plein air. Certaines de ces manifestations ont été annoncées avec des slogans radicaux tels que « One solution. Intifada revolution ». L’auteur note que ces prières ont suscité des contre-manifestations nationalistes, comme celle menée en juillet par Mandana Javan, militante iranienne d’origine et défenseure de la laïcité, qui affirmait : « Les rues de Montréal ne sont pas des mosquées à ciel ouvert ».
Tristin Hopper rappelle que l’inquiétude québécoise face aux prières islamiques dans l’espace public n’est pas nouvelle. Déjà en 2017, une controverse avait éclaté lorsqu’une prière avait eu lieu dans le parc safari de Hemmingford. En 2023, l’imam montréalais Adil Charkaoui avait été condamné par la classe politique pour avoir conduit une prière appelant à la destruction des « agresseurs sionistes ».
Le premier ministre François Legault a d’ailleurs exprimé clairement sa position : « Voir des gens prier dans la rue, dans les parcs publics, ce n’est pas ce que nous voulons au Québec. Quand on veut prier, on va à l’église ou à la mosquée, pas dans un lieu public. »
Cette orientation ne fait pas l’unanimité. Hopper rapporte que l’Assemblée des évêques catholiques du Québec a dénoncé en décembre dernier un projet qui risquerait « l’effacement des personnes et des communautés croyantes de l’espace public ». Le Canadian Muslim Forum a également défendu les prières de rue comme une « manifestation de liberté d’expression ». Les libéraux québécois, pour leur part, estiment que des lois existent déjà pour interdire l’occupation illégale de la voie publique, rendant inutile une nouvelle interdiction.


