L’Italie presse l’Union européenne de classer le Corps des gardiens de la révolution islamique comme organisation terroriste

Depuis plusieurs semaines, la répression brutale exercée par les autorités iraniennes contre des manifestations de masse a ravivé les tensions diplomatiques entre Téhéran et les capitales occidentales. Dans ce contexte, Rome appelle désormais l’Union européenne à poser un geste politique majeur : inscrire le Corps des gardiens de la révolution islamique iranienne sur la liste européenne des organisations terroristes.

Rome plaide pour la désignation terroriste des Gardiens de la révolution

Selon Euronews, dans un article signé par Gavin Blackburn et publié le 26 janvier 2026, le ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani a officiellement exhorté l’Union européenne à classer le Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC) comme organisation terroriste.

S’exprimant à la veille d’une réunion des ministres européens des Affaires étrangères à Bruxelles, Antonio Tajani a indiqué qu’il soumettrait cette proposition « en coordination avec d’autres partenaires ». Dans un message publié sur X, le chef de la diplomatie italienne a justifié cette démarche par l’ampleur des pertes civiles enregistrées lors de la répression récente, estimant qu’elles « exigent une réponse claire » de la part de l’Union européenne. Il a également appelé à des sanctions individuelles ciblant les responsables directs des violences.

Des bilans humains lourdement divergents

Toujours selon Euronews, l’ONG américaine Human Rights Activists News Agency (HRANA) affirme avoir confirmé la mort de près de 6 000 personnes depuis le début des manifestations, tout en enquêtant sur environ 17 000 décès supplémentaires potentiels. Ces chiffres contrastent fortement avec le bilan officiel communiqué pour la première fois par les autorités iraniennes la semaine précédente, lesquelles évoquent 3 117 morts.

Les protestations, précise Euronews, ont débuté le 28 décembre après l’effondrement du rial iranien à des niveaux historiquement bas face au dollar américain, déclenchant une vague de colère sociale rapidement réprimée par les forces de sécurité, dont les Gardiens de la révolution constituent l’épine dorsale.

Une pression croissante sur Bruxelles

L’Union européenne n’en est pas à ses premières sanctions contre Téhéran. Comme le rappelle Euronews, plusieurs centaines de responsables iraniens ont déjà été sanctionnés par le passé en lien avec des répressions antérieures, mais aussi pour le soutien militaire apporté par l’Iran à la Russie dans le cadre de la guerre en Ukraine.

Le bloc européen a également interdit l’exportation vers l’Iran de nombreux composants susceptibles d’être utilisés dans la fabrication de drones et de missiles. La semaine précédente, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé de nouvelles mesures visant à étendre ces interdictions à des technologies critiques supplémentaires liées aux drones et aux missiles.

Un responsable européen cité par Euronews a confirmé que la désignation de l’IRGC comme organisation terroriste figure bien à l’ordre du jour de la réunion ministérielle, tout en précisant que cette décision nécessite l’unanimité des États membres — une condition qui, à ce stade, n’est pas encore remplie.

Qu’impliquerait une telle désignation ?

L’inscription du Corps des gardiens de la révolution islamique sur la liste terroriste de l’Union européenne placerait cette force militaire au même rang que des organisations telles que l’État islamique, al-Qaïda, le Hamas ou le Jihad islamique palestinien, souligne Euronews.

Concrètement, une telle désignation entraînerait des interdictions de voyage, le gel des avoirs financiers et l’interdiction de fournir des fonds ou des ressources économiques aux personnes ou entités associées à l’organisation, conformément aux règles établies par le Conseil européen.

Des États membres favorables, d’autres plus prudents

D’après des diplomates cités par Euronews, des pays comme l’Allemagne et les États baltes figurent parmi ceux qui souhaitent relancer activement le débat, choqués par l’ampleur des violences exercées contre les manifestants. Le ministre néerlandais des Affaires étrangères David van Weel a publiquement appelé sur X à inscrire l’IRGC sur la liste terroriste.

En France, le député centriste Pieyre-Alexandre Anglade a tenu un discours similaire, affirmant que l’Europe « ne pouvait rester silencieuse » face aux morts et aux blessés causés, selon lui, par « les soldats brutaux du régime, en particulier les Gardiens de la révolution ».

À l’inverse, l’Italie, la France et l’Espagne n’ont pas encore arrêté de position définitive. Un diplomate européen cité anonymement par Euronews estime qu’une « discussion approfondie » demeure nécessaire avant toute décision, sans préciser si son pays s’opposerait formellement à la mesure.

Un pas déjà franchi par plusieurs alliés occidentaux

Comme le rappelle enfin Euronews, les États-Unis, le Canada et l’Australie ont déjà désigné le Corps des gardiens de la révolution islamique comme organisation terroriste. L’Union européenne se retrouve donc face à un choix stratégique : s’aligner sur ses principaux alliés ou maintenir une position plus prudente, au risque d’apparaître divisée face à l’escalade répressive iranienne.

L’issue de ce débat, qui exige l’unanimité des Vingt-Sept, pourrait marquer un tournant majeur dans la politique européenne à l’égard de l’Iran — et redéfinir durablement les lignes de confrontation diplomatique entre Bruxelles et Téhéran.

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