Brian Giesbrecht, juge à la retraite et chercheur principal au Frontier Centre for Public Policy, revient dans une chronique publiée par Western Standard sur la notion de « boondoggle » et de « scandale » pour analyser ce qu’il considère comme le plus grand gaspillage de fonds publics de l’histoire canadienne : ce qu’il nomme « l’Affaire Kamloops ».
Il rappelle que le terme « boondoggle », aujourd’hui synonyme de projet inutile et dispendieux, provient à l’origine d’un objet confectionné par les scouts, tandis que « scandale » dérive du grec et signifiait initialement « trébucher » avant de prendre le sens actuel de faute ou de déshonneur. Dans l’histoire canadienne, explique-t-il, ces deux types d’affaires ont souvent impliqué une mauvaise utilisation de l’argent des contribuables.
Giesbrecht cite des précédents célèbres, comme le scandale du chemin de fer du Pacifique, qui fit tomber le gouvernement conservateur de John A. Macdonald dans les années 1870, ou le scandale des commandites, qui contribua à la défaite des libéraux de Jean Chrétien. Dans ces cas, souligne-t-il, le système démocratique avait fonctionné : l’opposition officielle avait joué son rôle de contre-pouvoir, et les débats publics avaient conduit à des changements politiques.
Pour l’auteur, la situation actuelle est radicalement différente. Il affirme que la prétention selon laquelle 215 enfants autochtones auraient été secrètement enterrés près de l’ancien pensionnat de Kamloops — et que 15 000 à 25 000 autres le seraient ailleurs — est infondée. Selon lui, cette affirmation, non vérifiée, a entraîné une réaction politique et médiatique disproportionnée, l’adoption de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (UNDRIP), une dépense publique supplémentaire de 70 milliards de dollars pour des revendications autochtones « douteuses », ainsi que l’adoption unanime par la Chambre des communes d’une motion qualifiant ces faits présumés de « génocide ».
Il insiste sur le fait que les recherches financées par Ottawa pour retrouver ces sépultures, évaluées à 320 millions de dollars, n’ont rien révélé de concluant et que la demande de subventions est telle qu’il faudrait doubler ce budget. Pourtant, déplore-t-il, les conservateurs, contrairement à leur attitude lors des scandales précédents, sont restés silencieux, se contentant de quelques déclarations timides de Pierre Poilievre et soutenant même la motion de la députée Leah Gazan.
Giesbrecht considère cette absence de contestation comme une faute politique majeure, aggravée par le risque que le gouvernement de Mark Carney poursuive la même ligne que celui de Justin Trudeau. Selon lui, une future commission d’enquête publique, dirigée par une figure respectée comme Preston Manning ou Jean Chrétien, devra un jour faire la lumière sur cette affaire. En attendant, il appelle les députés conservateurs à retrouver le courage de remettre en cause ce qu’il décrit comme une folie collective, estimant que ni la peur de froisser certaines sensibilités ni la quête de réconciliation ne devraient justifier un tel gaspillage des fonds publics.



