Pourquoi les politiques EDI n’ont plus d’avenir dans une Amérique de plus en plus complexe

Selon Victor Davis Hanson, dans un article publié le 9 août 2025 par le National Post, les récentes mesures de Donald Trump interdisant les politiques de préférence raciale et de genre liées à la diversité, l’équité et l’inclusion (EDI) ne font qu’accélérer la disparition d’un système déjà en déclin. Hanson soutient que la moitié des Américains ne soutiennent plus ces préférences, jadis promues comme un remède aux tensions raciales après la mort de George Floyd et les émeutes de 2020.

Il rappelle que l’EDI a progressivement remplacé l’« affirmative action » des années 1960, initialement centrée sur les Afro-Américains victimes de l’héritage de l’esclavage et de la ségrégation, pour étendre les privilèges à une multitude de groupes. Sous l’ère Obama, ce glissement idéologique a instauré une logique binaire marxiste : d’un côté, la majorité blanche perçue comme « oppresseur », de l’autre, les « opprimés » issus de la diversité.

Hanson souligne plusieurs contradictions. D’abord, la définition même de « diversité » devient problématique dans une société de plus en plus métissée, intégrée et interconnectée. Faudrait-il exiger des « preuves » raciales ou ethniques, au risque de dériver vers un fétichisme généalogique, ou fermer les yeux, au risque de favoriser les impostures, comme dans le cas de l’ancienne sénatrice Elizabeth Warren ou du politicien new-yorkais Zohran Mamdani ?

Ensuite, la réalité économique brouille les frontières : certains bénéficiaires supposés de l’EDI, comme les enfants de Barack Obama ou de LeBron James, jouissent déjà d’un statut social privilégié, tandis que des immigrés récents, sans lien historique avec les injustices américaines, pourraient paradoxalement revendiquer ces avantages.

Il questionne aussi la pertinence du mot « minorité » dans des États comme la Californie, où aucune population n’est réellement majoritaire et où les Latinos dépassent désormais les Blancs en proportion. Cette réalité démographique rend flou le cadre d’application des politiques EDI, que ce soit à l’université, dans le sport ou dans la culture.

Enfin, Hanson critique la subjectivité de l’EDI dans l’évaluation des discriminations acceptables ou non. Les cérémonies de remise de diplômes par affinité raciale ou sexuelle pour certaines communautés sont vues comme positives, mais l’équivalent pour des Blancs ou des Européens serait jugé inacceptable.

Pour l’auteur, l’EDI, minée par ses paradoxes et hypocrisies, est devenue un concept corrompu et profondément diviseur, incapable de déterminer objectivement qui doit bénéficier de privilèges et sur quels critères. Il conclut qu’il est temps de tourner la page.

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