Séparatisme sikh : après l’assassinat de Nijjar, l’arrestation de son successeur

Un vent de tension souffle de nouveau entre Ottawa et New Delhi après l’arrestation, en Ontario, du militant séparatiste sikh Inderjeet Singh Gosal. Âgé de 36 ans et considéré comme une figure centrale de Sikhs for Justice au Canada, il fait face à une douzaine de chefs d’accusation liés aux armes à feu, dont la possession illégale et l’usage négligent d’un pistolet prohibé dans des circonstances jugées dangereuses pour la paix publique. Ce développement a été rapporté par Thomas Seal et Laura Dhillon Kane pour Bloomberg News.

Gosal avait pris la relève de Hardeep Singh Nijjar, abattu à Surrey en juin 2023, un assassinat qui avait provoqué une crise diplomatique majeure entre le Canada et l’Inde. Alors que quatre hommes accusés d’être impliqués dans ce meurtre attendent toujours leur procès, l’arrestation de son successeur ne manquera pas d’attirer l’attention des autorités indiennes, qui qualifient Sikhs for Justice de groupe « terroriste ». Au Canada, l’organisation n’est pas désignée comme telle et se présente comme un mouvement pacifique militant pour un référendum sur l’indépendance du Khalistan.

Les journalistes de Bloomberg News rappellent que Gosal avait refusé d’intégrer un programme de protection des témoins malgré les avertissements des autorités canadiennes sur les menaces pesant contre sa vie. Dans un communiqué, Sikhs for Justice a réagi en affirmant que cette affaire touche avant tout au devoir de l’État canadien de protéger ses citoyens.

Cet épisode intervient dans un contexte délicat : le gouvernement de Mark Carney tente de rebâtir les ponts avec le premier ministre indien Narendra Modi, après la dégradation des relations diplomatiques sous Justin Trudeau en 2023. Les gestes d’ouverture, dont l’invitation de Modi au sommet du G7 de Kananaskis, s’accompagnent d’un dialogue sécuritaire renforcé. Nathalie Drouin, conseillère à la sécurité nationale, a récemment rencontré son homologue indien Ajit Doval afin de discuter de coopération et d’éviter toute répression transnationale.

Cette affaire Gosal illustre la difficulté pour Ottawa de conjuguer sécurité intérieure, liberté d’expression et relations diplomatiques, alors que la diaspora sikh reste partagée entre mobilisation politique et crainte des représailles.

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