L’article de Geoff Russ, publié dans le National Post le 27 août 2025, avance que Pierre Poilievre et les conservateurs vont faire de l’immigration leur principal cheval de bataille à la rentrée parlementaire. Russ explique que ce thème, déjà sensible dans l’opinion publique, représente pour le chef conservateur une occasion de reprendre l’avantage sur les libéraux de Mark Carney, dont la gestion du dossier migratoire est critiquée pour son laxisme.
Geoff Russ souligne que les conservateurs accusent le gouvernement d’avoir dépassé ses propres plafonds. En août, le parti a rappelé que le cap fixé à 82 000 travailleurs étrangers temporaires avait déjà été dépassé, avec 105 000 permis émis. De même, dans le cadre du Programme de mobilité internationale, 302 000 admissions avaient eu lieu en six mois, alors que la limite était censée être de 285 000. Selon Poilievre et sa critique en matière d’immigration, Michelle Rempel Garner, Ottawa est en train d’accueillir l’équivalent de deux fois la population de Guelph et quatre fois celle d’Abbotsford, malgré des cibles déjà parmi les plus élevées de l’histoire canadienne.
Russ rapporte aussi que Poilievre a diffusé sur les réseaux sociaux une série de graphiques montrant la divergence entre les promesses du gouvernement Carney et la réalité des admissions. Ces données trouvent un écho auprès d’une opinion publique de plus en plus sceptique. Un sondage Léger de juillet indique que 62 % des Canadiens estiment que trop de nouveaux arrivants s’installent au pays, et que seulement 42 % leur font confiance. Russ note que cette perception est partagée autant par les citoyens de naissance que par les immigrants établis.
Selon l’auteur, les sondages récents d’Abacus Data confirment cette tendance : plus de la moitié des Canadiens voient désormais l’immigration d’un œil négatif et 25 % la considèrent comme le principal enjeu national. L’avantage politique va pour l’instant aux conservateurs, perçus comme mieux placés pour gérer ce dossier (56 % contre 15 % pour les libéraux).
Geoff Russ insiste sur l’impact du programme des travailleurs étrangers temporaires sur les jeunes Canadiens. Le taux de chômage des 15-24 ans atteint près de 15 %, un sommet depuis la fin des années 1990. Les employeurs, attirés par les incitations à embaucher des travailleurs étrangers, négligeraient la formation et l’embauche locale. Cela tirerait les salaires vers le bas et réduirait la productivité.
L’article rappelle également des scandales révélés en 2024 par le Toronto Star, selon lesquels Ottawa aurait fermé les yeux sur des fraudes liées aux demandes de TFW. Certains migrants auraient payé jusqu’à 70 000 $ pour de faux emplois. On estime désormais qu’entre 600 000 et un million de personnes vivent sans papiers au Canada.
Russ affirme que la situation est injuste, autant pour les Canadiens que pour les nouveaux arrivants qui ont suivi les règles. Il accuse Justin Trudeau d’avoir déclenché la crise migratoire en abaissant drastiquement les critères d’Express Entry en 2015. Près de cinq millions de personnes sont entrées au Canada depuis 2014, sans que cela n’ait amélioré le sentiment de prospérité ou de justice sociale.
Pour Geoff Russ, l’immigration a toujours été un sujet controversé dans l’histoire canadienne, mais rarement débattu de façon frontale aux Communes. L’automne 2025 pourrait marquer un tournant : les Canadiens réclament un débat, et les conservateurs, selon lui, sont prêts à le mener avec vigueur.



