Tylenol, autisme et grossesse : les médias tordent les faits en attaquant Donald Trump

Jamie Sarkonak, chroniqueuse au National Post, critique la manière dont CBC couvre désormais la controverse entourant l’acétaminophène, plus connu sous son nom commercial Tylenol, lorsque l’ancien président américain Donald Trump s’en empare. La journaliste rappelle qu’en 2016, puis en 2021, CBC et d’autres médias avaient traité sans scandale des études médicales évoquant un lien potentiel entre la consommation de Tylenol durant la grossesse et des troubles du développement chez l’enfant, notamment l’autisme et le TDAH.

Or, en septembre 2025, le département américain de la Santé (HHS) a annoncé vouloir modifier les étiquettes de sécurité du médicament afin d’y inclure une mention de prudence pour les femmes enceintes. Trump, relayant cette décision, a affirmé que le Tylenol « peut être associé à un risque très élevé d’autisme ». Sarkonak souligne que cette déclaration, bien que formulée de manière brutale et exagérée, s’appuie sur une position officielle déjà nuancée par les autorités sanitaires américaines : celles-ci évoquent des « corrélations dignes de prudence et d’étude », tout en rappelant qu’aucun lien concluant n’a été établi.

La chroniqueuse cite notamment une étude menée en 2020 par un chercheur de Johns Hopkins, ainsi qu’une recherche de Yale en 2019, qui établissaient des associations entre l’acétaminophène et des troubles neurodéveloppementaux. En 2021, treize chercheurs, dont certains issus de ces travaux, avaient signé une déclaration de consensus appelant à une approche de précaution. CBC avait alors rapporté ces inquiétudes, en donnant la parole à des médecins canadiens favorables à une utilisation limitée du médicament pendant la grossesse. Le message d’alors : ne pas paniquer, mais éviter un usage prolongé et préférer d’autres solutions en première intention.

Ce qui a changé, explique Sarkonak, c’est l’implication de Trump. Depuis ses déclarations, CBC a multiplié les vérifications factuelles, vidéos et articles, insistant sur l’absence de preuve définitive et dénonçant les propos de l’ex-président comme de la désinformation. Barack Obama est même allé jusqu’à qualifier ces paroles de « violence contre la vérité ». Des influenceurs sur TikTok ont réagi en se filmant en train de prendre du Tylenol « par esprit de défi », tandis que des parents d’enfants autistes ont exprimé leur colère face à l’idée de vouloir « guérir » leur condition.

Pourtant, remarque Sarkonak, les recommandations canadiennes actuelles rejoignent celles des États-Unis : le Tylenol demeure un traitement recommandé contre la fièvre et la douleur pendant la grossesse, mais il doit être utilisé « à la dose minimale efficace et pour la durée la plus courte possible ». En ce sens, les autorités reconnaissent implicitement les mêmes incertitudes et appellent elles aussi à la prudence.

Selon la chroniqueuse, le problème ne réside donc pas tant dans le contenu scientifique que dans le changement de ton médiatique. Avant l’intervention de Trump, les mises en garde étaient traitées comme un sujet sérieux mais modéré. Après son implication, les mêmes hypothèses sont brusquement étiquetées « dangereuses » ou « stigmatisantes ». Sarkonak estime que ce double standard mine la crédibilité des médias et alimente la méfiance du public.

En conclusion, elle note avec ironie que l’ensemble du débat pourrait être l’une des « controverses les plus absurdes de 2025 », puisque tout le monde ou presque s’accorde sur le principe de base : éviter de prendre du Tylenol pendant des semaines lorsqu’on est enceinte, et plus largement, ne jamais en abuser, car le médicament est déjà la première cause d’insuffisance hépatique aux États-Unis.

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