MONTRÉAL — Mohamed Abdullah Warsame, un Canadien de 51 ans ayant déjà plaidé coupable aux États-Unis pour soutien matériel à al-Qaïda, fait désormais face à une possible peine de prison à perpétuité au Canada. Comme le rapporte Morgan Lowrie pour La Presse Canadienne, le procureur fédéral Samuel Monfette-Tessier a invoqué lundi l’article 83.27 du Code criminel, qui permet de considérer comme infraction terroriste une accusation initialement passible d’une peine moins lourde — ici, la profération de menaces.
Warsame a été arrêté à Montréal le 5 juin après avoir, selon les autorités, déclaré à un employé de la Mission Old Brewery — un refuge pour sans-abri du centre-ville — qu’il souhaitait fabriquer des bombes et les faire exploser dans les transports publics. La Presse précisait dans un article :
« [Un] travailleur a alors commencé une conversation en arabe avec Warsame, qui aurait dit à l’employé qu’il voulait recruter et constituer un groupe armé depuis longtemps, qu’il savait comment fabriquer des bombes, que cela lui était facile, qu’il voulait en déposer dans des avions, des trains ou dans le métro, et ainsi tuer « un million de personnes ».
L’organisme a rapidement alerté le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), et le dossier a ensuite été confié à la Gendarmerie royale du Canada (GRC).
Selon l’article 83.27, lorsqu’une infraction est jugée comme constituant également une activité terroriste, la peine maximale peut être portée à l’emprisonnement à vie. Me Monfette-Tessier a déclaré aux journalistes que c’était, à sa connaissance, la première fois qu’un tel article était invoqué dans un dossier similaire au Québec. « On considère que l’acte qui est allégué avoir été commis par M. Warsame constitue également une activité terroriste, ce qui fait en sorte que la peine maximale augmente à un emprisonnement à la perpétuité », a-t-il expliqué à la sortie de la salle d’audience.
Warsame a déjà subi une évaluation psychologique, dont les conclusions ont été mises sous scellés à la demande de la défense. Il demeure en détention pour le moment.
Né en Somalie, Warsame a fui la guerre civile à l’adolescence avant de s’établir au Canada, où il a obtenu la citoyenneté. Il s’est ensuite rendu en Afghanistan au tournant des années 2000, où il a reçu une formation dans des camps d’al-Qaïda et rencontré personnellement Oussama ben Laden. Il a plus tard envoyé de l’argent à des figures du groupe et maintenu des communications avec ses réseaux après son installation aux États-Unis. Il a été arrêté au Minnesota en 2003, puis condamné en 2009 à 92 mois de prison, incluant une longue détention préventive en isolement. Il a été expulsé au Canada en 2010.
Il était sans domicile fixe au moment de son arrestation en juin. La prochaine audience dans cette affaire est prévue pour le 14 juillet.



