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Unanimités wokes à répétition à l’Assemblée nationale ; qui Legault cherche-t-il à impressionner?

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Le 24 janvier dernier, François Legault accusait le Parti Libéral, le Parti Québécois et Québec Solidaire de former un « trio du statu quo » qui empêchait le Québec de mener à bien de grandes réformes. C’est une déclaration curieuse, considérant qu’au regard de l’unanimisme ambiant et renouvelé à de multiples reprises à l’Assemblée nationale depuis quelques années, on pourrait facilement arguer que la CAQ elle-même fait partie d’un « quatuor du statu quo » avec les partis d’opposition. Ce qui est particulièrement ironique, puisqu’avec un pouvoir écrasant de 89 députés, elle pourrait facilement se passer de faire des courbettes à l’opposition.

Évidemment, on n’a pas besoin de ressasser le passé en retournant voir le silence quasi-complet de l’opposition durant la pandémie, où toute la classe politique se tenait en petit soldat pour défendre les pires débordements réglementaires de mesures sanitaires. Quoi qu’on pense de cet épisode, un unanimisme inquiétant semblait figer la classe politique et médiatique alors que la population, elle, se déchirait sur ces enjeux et, dans beaucoup de cas, avait le sentiment de ne pas être entendue.

Mais cette culture d’unanimisme qu’on a commencé à relever lors de l’épisode pandémique semble perdurer jusqu’à aujourd’hui sur des sujets multiples, ce qui donne l’impression qu’il n’y a pas réellement de débats à l’Assemblée Nationale, et que malgré notre époque extrêmement polarisée, nos députés de tous les partis semblent toujours s’entendre. L’Assemblée nationale, c’est le pays des merveilles, des signalements de vertu hypocrites, du « pas de chicane dans ma cabane ».

Apparemment, tout le monde pense pareille à l’Assemblée nationale. En voici quelques exemples :

Le 2 février 2023, Québec Solidaire fait passer à l’unanimité une motion pour condamner la soi-disant « censure » des livres d’Élise Gravel dans les écoles de certains États américains. Dans un réflexe pavlovien de défense identitaire, on a présenté l’enjeu comme une grossière attaque contre une auteure québécoise de la part des méchants conservateurs américains. Ce qu’on omettait de mentionner, c’est que les livres en questions faisaient la promotion de la théorie du genre auprès d’un très jeune public dans une manifestation évidente d’activisme idéologique mal placée. D’autant plus que ses livres n’étaient pas du tout censurés ou interdits dans l’espace public, mais simplement sur les tablettes des bibliothèques des écoles primaires, sur lesquels le gouvernement a définitivement droit de regard.

Le 4 avril 2023, Québec Solidaire fait passer à l’unanimité une motion pour défendre les activités des drag queens auprès des enfants telles que la lecture de contes LGBTQ dans les bibliothèques publiques. Cette motion se fait dans la foulée du déplacement d’une lecture de conte de Barbada de Barbade par la Ville de Sainte-Catherine, en Montérégie, en raison de manifestants devant l’évènement. La motion affirmait donc s’opposer une soi-disant montée de l’intolérance contre « la communauté LGBTQ », alors qu’il était assez clair, encore une fois, que les nombreuses critiques concernaient le fait qu’on tente de manière croissante d’imposer ce genre d’activités à des enfants très jeunes et que de toute évidence, il s’agit d’une forme de subversion idéologique de l’enfance qui passe mal dans la population.

Pour un parti qui se targuait d’être opposé au wokisme et qui disposait alors de 90 députés à l’Assemblée nationale, le soutien de ces motions malhonnêtes et idéologiquement orientées ne peut être expliqué que par une mollesse et une lâcheté difficilement explicable de la part de la CAQ.

Maintenant, 2 juin 2023, la ministre du Tourisme confirme l’annulation d’un évènement anti-avortement au Centre de Congrès de Québec et reçoit un appui unanime de l’Assemblée-Nationale. Bien qu’il s’agisse d’un sujet extrêmement controversé, sa censure arbitraire par le gouvernement pose tout de même problème du point de vue de la liberté d’expression. Quoiqu’il ait appuyé cette annulation en chambre, même le PQ aura au moins de courage d’émettre des préoccupations par la suite dans les médias.

Le 20 septembre 2023, les députés de l’Assemblée nationale votent à l’unanimité une motion de Québec Solidaire – encore une fois – pour appuyer le projet de tramway à Québec quelques jours seulement après des sondages révélant qu’il n’est soutenu que par 33% des citoyens de la ville de Québec, une chute de dix points de pourcentage par rapport au début de l’année. C’est donc dire que la classe politique n’entend pas du tout écouter la population à ce sujet et se fout éperdument de son acceptabilité sociale.

Plus récemment, le 7 février 2024, Québec Solidaire fait passer une motion à l’unanimité pour que le gouvernement s’engage à « sortir le Québec du gaz naturel » alors que la semaine d’avant, Legault interdisait aux municipalités de le bannir, de multiples experts sortaient dans les médias pour remettre en question la diabolisation de cette ressource, le secteur industriel sortait aussi dans les médias pour expliquer qu’une sortie du gaz constituerait pour eux une catastrophe, que quelques mois auparavant, Hydro-Québec lui-même lançait un avertissement contre ces campagnes anti-gaz naturel et affirmait qu’il ne disposerait pas de l’énergie nécessaire pour en sortir complètement… Mais non, comme un papa qui dit oui à tous les caprices de ses enfants, le bon Legault et son parti hégémonique ont quand même soutenu cette motion solidaire.

Et ça n’arrête pas! Hier, le 8 février 2024, le lendemain de la motion unanime sur le gaz naturel, Québec solidaire – ENCORE – fait passer une motion unanime pour soutenir Élise Gravel – ENCORE – et Myriam Daguzan Bernier et condamner une soi-disant censure de leurs ouvrages – ENCORE – dans une bibliothèque juive de Montréal, ainsi qu’un coup d’éclat anecdotique d’une élue américaine ayant brûlé l’un des livres au lance-flamme. Bon, disons que le coup du lance-flamme est un peu douteux, mais comment se fait-il que les députés de l’Assemblée nationale ne fasse preuve d’aucun esprit critique et passent toujours constamment sous silence le fait que ces livres, pour une immense proportion de la population partout en Occident, constituent ni plus ni moins que de la propagande destinée aux enfants afin de les rendre confus au niveau de leur identité sexuelle en un âge où ils devraient plutôt aller jouer au parc avec leurs amis? Pourquoi n’y a-t-il pas, au strict minimum, une reconnaissance que l’idéologie présente dans ces livres est extrêmement controversée, et qu’un tel genre de controverse ne devrait pas être imposée aux enfants sans une discussion appropriée entre adultes?

C’est à croire que c’est Québec Solidaire qui mène le bal de la guerre culturelle à l’Assemblée nationale, et que la CAQ, avec une représentation historique et écrasante de 89 députés, s’écrase constamment devant leurs perspectives woke comme de bons toutous. C’est absolument ahurissant. Bien qu’on ait critiqué maintes fois le fait que la CAQ était devenue trop puissante et que ça posait le risque de causer un déficit démocratique, il ne fait aucun sens qu’elle ne profite pas de ce mandat fort pour résister à ce genre de positions idéologiques contre lesquelles elle prétendait pourtant s’opposer. La CAQ a vendu sa salade en promouvant le développement économique du Québec, l’affirmation identitaire décomplexée et l’opposition au péril postmoderniste qu’on qualifie désormais de woke. Mais dans les faits, elle semble complètement paralysée par son envie d’être acceptée par tout le monde et ne fait que capituler devant des signalements de vertu environnementalistes et woke à longueur de semaine.

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