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Une décennie dans le rouge

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Nicolas Gagnon est le directeur pour le Québec de la Fédération canadienne des contribuables.

Le ministre des Finances Eric Girard est en train d’enfoncer le Québec dans une spirale d’endettement insoutenable, et l’absence de plan de retour à l’équilibre budgétaire n’augure rien de bon.

Le déficit de cette année atteint le seuil record de 11 milliards de dollars. Il s’agit du déficit le plus important de l’histoire du Québec, plus élevé que les déficits enregistrés pendant la pandémie de COVID-19.

Après des années d’endettement chronique, les frais d’intérêt sur la dette sont appelés à augmenter et à engloutir une grande partie de l’argent des contribuables. Cette année seulement, les contribuables devront payer 9,7 milliards de dollars en intérêts sur la dette.

Pour vous mettre en contexte, cela représente environ 1 000 dollars par Québécois. Au cours des cinq prochaines années, les intérêts de la dette coûteront 52 milliards de dollars aux contribuables.

Les dépenses pour assumer les intérêts de la dette du Québec seront plus importantes cette année que les revenus des sociétés d’État et les impôts fonciers scolaires combinés.

Les paiements d’intérêts sont si élevés que le coût de la dette cette année est supérieur aux dépenses de portefeuille de tous les ministères sauf trois.

Les Québécois préféreraient sûrement garder cet argent dans leur poche au lieu de verser des milliards aux institutions qui détiennent des obligations sur la dette du Québec.

Ces mêmes Québécois auraient certainement espéré avoir droit à un allègement fiscal lors du dernier budget, mais ils sont plutôt restés sur leur faim.

Pour ajouter l’insulte à l’injure, le gouvernement du premier ministre François Legault n’a aucun plan pour équilibrer le budget. Ils se sont plutôt engagés à présenter un plan lors du prochain budget, en mars 2025.

Si le gouvernement Legault ne donne pas un coup de barre, le Québec sera encombré dans les déficits jusqu’en 2030. Une décennie avec les finances dans le rouge, c’est difficilement pardonnable.

Girard prévoyait précédemment un retour à l’équilibre budgétaire d’ici 2027-28, mais ce plan est aujourd’hui réduit à néant, en grande partie à cause des milliards de subventions accordées à la filière électrique, les concessions coûteuses faites aux syndicats du secteur public et une augmentation significative des dépenses publiques.

Avec des dépenses qui augmentent de 4,4 %, soit près du double du taux de croissance des revenus (2,4 %), il est clair que le gouvernement n’a montré aucun signe de retenue.

Ceci est un problème car cela mènera à une hausse de la dette, ce qui se traduira par des paiements d’intérêts plus importants. Au cours des cinq prochaines années, la dette brute de l’État augmentera de près de 67 milliards de dollars, passant de 235 milliards de dollars cette année à 302 milliards de dollars en 2029-30.

Le ratio dette-PIB de la province devrait également grimper en flèche, passant de 41,5 % en 2024-25 à 44,7 % en 2026-27.

Si la situation ne semble pas déjà alarmante, elle devrait l’être : les agences de crédit tirent la sonnette d’alarme. DBRS Morningstar et Moody’s ont indiqué que le gouvernement devait changer de cap sous peine de voir sa cote se dégrader.

C’est très préoccupant. Les cotes de crédit des obligations sont comme les notes de crédit personnelles : de mauvaises cotes de crédit signifient des frais d’intérêt plus élevés, tout comme une mauvaise note de crédit personnelle signifie un taux d’hypothèque plus élevé.

Le dernier budget semble être impopulaire auprès de tous. Selon un récent sondage, 58 % des Québécois estiment que le dernier budget est irresponsable.

S’il y a une lueur d’espoir dans le dernier budget du gouvernement Legault, c’est bien l’annonce d’une révision des dépenses gouvernementales.

Un exercice similaire a été entrepris au fédéral par le gouvernement libéral de Paul Martin en 2003 et par le gouvernement conservateur de Stephen Harper en 2009. Dans les deux cas, les économies réalisées ont permis de réduire les dépenses et d’assainir les finances publiques.

Si le gouvernement de la CAQ est sérieux au sujet de l’examen des dépenses, les résultats se verront dès le prochain budget.

D’une manière ou d’une autre, Legault et Girard doivent déposer la carte de crédit du contribuable, prendre une paire de ciseaux et rétablir une certaine santé fiscale au Québec.

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