Le débat contemporain entourant la neutralité de l’État a atteint des extrêmes au Québec, reflétant les développements observés en France. Au cœur de ce discours réside une tension fondamentale entre le concept classique de la séparation de l’Église et de l’État et le concept très différent de laïcité tel qu’il a émergé au cours de la dernière décennie. Ces deux concepts reposent sur des fondements très distincts et leurs applications pratiques mènent à des résultats sociaux diamétralement opposés.
La séparation de l’Église et de l’État est un principe fondamental, durement acquis, qui permet aux deux sphères de fonctionner de manière indépendante dans les démocraties modernes. Elle garantit que l’État demeure neutre à l’égard de la religion, qu’il ne favorise ni ne défavorise aucune foi en particulier, et qu’il n’est contrôlé par aucun groupe religieux. Pourtant, l’expression religieuse peut s’exercer librement dans l’espace public. Ce concept permet à l’État de reconnaître un Dieu qui règne en maître sur toutes les prises de décision humaines, comme dans la formule « une nation sous l’autorité de Dieu » ou en faisant référence à la « suprématie de Dieu », comme c’est le cas dans la Charte canadienne des droits et libertés. Le fait que la Charte des droits et libertés de la personne du Québec ne mentionne pas Dieu, mais se réfère plutôt à la laïcité (une modification découlant de la Loi 21, abordée plus loin), jette les bases des tensions nées de cette différence.
L’interprétation moderne de la laïcité au Québec diffère de la séparation de l’Église et de l’État, étant fortement liée à un sécularisme idéologique. Loin d’un traitement neutre de la religion, elle possède ses propres dogmes de foi et se montre ouvertement hostile à la religion,[1] cherchant à purger toute expression religieuse de l’espace public. Tout en exerçant une discrimination à l’égard des religions traditionnelles, elle cherche à imposer ses propres valeurs et dogmes quasi-religieux à la société, repoussant toute expression religieuse vers la sphère privée.
Le concept de séparation de l’Église et de l’État, d’origine chrétienne, tel qu’appliqué aux États-Unis et inscrit dans la Charte canadienne des droits et libertés, perçoit la religion comme une influence potentiellement positive dans la vie publique. La laïcité, en revanche, considère la religion comme irrationnelle, source de violence, divisive, arriérée et menaçante pour ce qui est perçu comme les acquis du progressisme, tels que les droits LGBTQ et le droit à l’avortement. Le gouvernement de la CAQ avait tellement peur d’une restriction potentielle de l’accès à l’avortement au Québec par des moyens politiques qu’il a proposé (avant de retirer cette proposition) de suivre l’exemple français pour l’ancrer comme un droit incontestable dans une nouvelle constitution québécoise. Le ministre de la Laïcité de la CAQ, François Roberge, a défini la laïcité comme faisant partie de l’identité du Québec et a donné le ton aux tentatives du gouvernement d’imposer sa nouvelle orthodoxie à l’ensemble de la société : « Lorsque des courants religieux mettent en danger les bases de la laïcité québécoise, le gouvernement du Québec doit documenter la question pour pouvoir ensuite prendre les moyens pour contrer les influences religieuses et faire respecter ses choix sociétaux. » Aucune opposition n’est tolérée.
Développements récents au Québec
La « nouvelle laïcité » se caractérise par la volonté de remplacer l’ancienne source de l’identité nationale québécoise liée à la religion catholique par un ensemble de valeurs laïques, devant servir de base alternative à la cohésion sociale. Par conséquent, les gouvernements du Québec ont interdit tous les éléments religieux dans les espaces contrôlés et financés par l’État, comme le port de symboles religieux par le personnel des écoles publiques ou des hôpitaux. Celles et ceux qui n’adhèrent pas à ce nouvel ensemble de valeurs sont jugés hostiles à la société québécoise et exclus de l’espace public; ils sont jugés insuffisamment québécois. L’adhésion à la nouvelle laïcité devient littéralement un test de citoyenneté.
En 2023, cette hostilité envers la religion a amené la ministre du Tourisme, Caroline Proulx, à expulser un groupe chrétien qui avait loué un espace public à Québec, en se fondant sur ce qu’elle percevait comme une menace aux « principes fondamentaux du Québec ». Le fait que la Cour suprême lui ait par la suite infligé une amende de 60 000 $ pour abus de pouvoir confirme l’intention constitutionnelle de préserver la neutralité religieuse dans son sens classique et non discriminatoire, mais cela n’a entraîné aucun changement d’attitude chez les partis progressistes à Québec. Ils continuent de promouvoir la laïcité de manière agressive, menaçant désormais aussi de limiter le libre choix de l’école en discriminant les écoles religieuses. En 2026, la CAQ a adopté le projet de loi 9, qui interdit la prière dans les lieux publics, y compris les écoles, les universités, les CÉGEPs et même dans les parcs, à moins d’une autorisation du gouvernement municipal. Cela représente une grave restriction des libertés civiles dans la province et transforme fondamentalement les croyants en citoyens de seconde zone.
Le rapport Rousseau-Pelchat de 2025, commandé par le ministre Roberge, formule 50 recommandations pour promouvoir la laïcité à tous les échelons du gouvernement. La recommandation 9 vise à discriminer toutes les organisations religieuses en ne leur accordant plus les avantages fiscaux offerts aux organismes de bienfaisance non religieux, et la numéro 10 recommande de réduire le libre choix des écoles en retirant aux écoles religieuses les subventions accessibles à toutes les autres écoles, même si elles fournissent les mêmes services.
Les origines de la laïcité
La laïcité a pris naissance en France, lorsque le gouvernement a interdit tout enseignement par l’Église catholique (et d’autres organisations religieuses) avec la loi du 7 juillet 1904. Par la suite, la loi de 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État a défini la laïcité par la formule : « l’état ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. » À l’époque, le contexte était que les organisations catholiques étaient perçues comme loyales envers Rome, et non envers l’État français. L’État cherchait donc à contrôler ces organisations et à limiter leur influence sur les citoyens, en particulier sur les enfants d’âge scolaire.
Les racines de ce combat remontent encore plus loin, à la Révolution française, aux Lumières et à l’humanisme qui en a découlé, lequel place la raison humaine au-dessus de la révélation divine comme source de connaissance. La laïcité québécoise peut être vue comme une expression moderne de l’humanisme, où le gouvernement reprend la plupart des fonctions autrefois assurées par les Églises établies : la bienfaisance, le mariage et l’éducation. Mais elle va plus loin en excluant la religion du discours public et des espaces publics — et, bien sûr, des prises de décision gouvernementales. La religion devient une affaire privée, tandis que l’État devient complètement laïque, agit comme si Dieu n’existait pas (morale laïque) et, en fin de compte, exerce une discrimination envers les institutions religieuses dont les enseignements peuvent remettre en question sa propre idéologie.
La laïcité, une religion civile
Il est intéressant de noter que le rapport Rousseau-Pelchat recommande d’ancrer le concept de laïcité dans une Constitution québécoise. Cela exacerberait le conflit avec la Charte canadienne des droits et libertés, qui repose sur la neutralité de l’État à l’égard de la religion et reconnaît la suprématie de Dieu comme l’arbitre ultime du bien et du mal. Le concept humaniste de la laïcité élève le gouvernement à une position d’ultime autorité, éliminant le divin de toute prise de décision, ne laissant que l’humain (le gouvernement en place à ce moment-là) comme arbitre. Le gouvernement ne peut plus avoir tort.
Le rapport Rousseau-Pelchat présuppose qu’il existe un consensus sur ce qu’est réellement un symbole, un acte ou une croyance religieuse. C’est loin d’être le cas; les théologiens, les philosophes, les sociologues et les politologues sont profondément divisés sur la façon dont la « religion » devrait être définie. La raison en est simple : l’être humain est un être religieux, dans le sens où chacun d’entre nous doit nécessairement croire à quelque chose qu’il ne peut prouver — sur ce qui est bien ou mal, sur nos origines et notre raison d’être sur Terre, sur ce qui se passe après la mort, et sur l’existence d’une autorité divine qui devrait régir nos vies. Les présupposés religieux gouvernent toujours notre façon de voir le monde et d’y agir. C’est vrai à l’échelle individuelle, mais aussi pour les institutions et le gouvernement lui-même. Toute loi adoptée par le Parlement repose nécessairement sur des présupposés quant à ce qui est bon, et sur qui détient la vérité ultime sur la question traitée.
C’est pourquoi les critiques de la laïcité soulignent depuis longtemps qu’un gouvernement antireligieux ne fera que remplacer la religion de ses citoyens par sa propre religion civile. Le Québécois Charles Taylor, chargé en 2007 de tracer la voie des accommodements culturels par l’entremise de la Commission Bouchard-Taylor, a qualifié le projet de loi 21 du Québec (l’interdiction d’arborer des symboles religieux) de discriminatoire et d’« injuste et contraire à nos principes fondamentaux ». Dans son livre coécrit avec Jocelyn Maclure, il avertit que le sécularisme peut devenir une conception globale du monde prétendant à des absolus moraux, devenant ainsi une religion civile. Il plaide plutôt pour un accommodement raisonnable de l’expression et de la pratique religieuses si elles ne violent pas les droits d’autrui.
De même, le juriste australien Augusto Zimmermann avertit que « la recherche d’une telle zone exempte de religion est, en fait, extrêmement intolérante. (…) la portée limitée que les sécularistes sont prêts à concéder aux croyances traditionnelles repose en réalité sur leur propre présupposé religieux selon lequel ce sont les êtres humains qui ont créé Dieu, et non Dieu qui a créé les êtres humains. Ainsi, même lorsque les sécularistes prétendent avoir banni la “religion” de la place publique, ils n’ont rien fait d’autre que de l’imprégner de leur propre vision religieuse du monde. Ils ont privatisé toutes les religions sauf la leur, qu’ils ont en fait privilégiée par rapport à toutes les autres. » Le philosophe Scott Smith explique qu’au lieu d’offrir la neutralité et la tolérance, le type de libéralisme qui sous-tend le concept de laïcité « rejette comme fausse toute position religieuse qui nie ses valeurs. (…) Le libéralisme peut reposer sur l’agnosticisme concernant certaines vérités, mais non concernant sa propre vérité. »
Pour inculquer les valeurs de laïcité promues par l’État, l’éducation devient un outil d’ingénierie sociale luttant contre l’influence religieuse des parents et des institutions religieuses. Seb Rich de Le Québec Réveille se fait l’écho des avertissements de ses pairs mentionnés ci-dessus : « On a sorti les signes religieux de l’école au nom de la neutralité. Très bien. Mais si c’était pour remplacer le crucifix par le drapeau militant, le sermon religieux par le sermon progressiste et le catéchisme par la pédagogie idéologique, alors on n’a rien réglé. On a simplement changé de clergé. »
Favoriser la cohésion sociale
L’État cherche à accroître la cohésion sociale et à créer une identité nationale plus forte en bannissant le religieux de la sphère publique. L’expérience avec cette stratégie montre toutefois que cette approche peut créer ou exacerber des conflits, plutôt que de les atténuer. Exiger des citoyens qu’ils renient leur identité religieuse, qui est souvent leur identité première, crée automatiquement un conflit pour toute personne confrontée à la décision de choisir entre une identité nationale et une identité religieuse qui n’est pas tolérée dans la sphère publique.
La laïcité voit la religion comme une source de conflits et de divisions. Mais faire des communautés de foi des boucs émissaires et les considérer comme une menace pour la démocratie ou pour l’amélioration de la société néglige la contribution positive de ces communautés. Elles apportent souvent de la résilience en offrant une perspective de vie stable et en stimulant l’action communautaire au-delà de leurs propres membres, tout en assurant une stabilité interne et familiale au sein de ces groupes. De plus, exclure l’expression religieuse et la désigner comme quelque chose de dangereux en fait une cible pour le militantisme et, parfois, la violence. Inversement, les membres de minorités religieuses peuvent être poussés vers l’extrémisme en réaction à l’exclusion qu’ils subissent, cherchant ainsi à répondre à un besoin psychologique de valorisation.
L’exclusion a tendance à accentuer les tensions sociétales, tandis que l’inclusion et le dialogue atténuent ces tensions et facilitent la coexistence pacifique. Comme l’a constaté la politologue Vasiliki Fouka (Stanford), « les politiques réduisant les coûts d’ajustement des immigrants au pays d’accueil sont systématiquement plus efficaces pour promouvoir l’intégration que les politiques incitant aux efforts des immigrants en leur refusant des ressources et en réglementant l’accès aux droits. » En plus, la croyance religieuse peut stabiliser la société, même en présence d’injustices, puisque les croyants peuvent s’en remettre à une Puissance supérieure pour rendre la justice ultime, ce qui leur permet parfois d’accepter l’injustice sans réaction violente. Enlever cette attente peut radicaliser les gens, car ils estiment alors devoir prendre les choses en main pour obtenir justice.
Un sécularisme intolérant qui se retourne contre lui-même
Historiquement, l’exclusion des mouvements religieux perçus comme radicaux du processus politique n’a pas donné les résultats escomptés. En Iran, l’idéologie politique chiite radicale s’est épanouie en tant qu’opposition marginalisée sous le règne laïque du Shah, et en Égypte, les Frères musulmans réprimés ont gagné en crédibilité auprès de larges pans de la population sous le régime laïque et panarabe de Nasser. Dans ces deux exemples, les groupes marginalisés ont finalement eu recours à la violence. L’arrangement politique laïque promettait l’égalité, mais il a plutôt incité les acteurs à s’identifier encore plus profondément à leur tradition religieuse. Cet effet involontaire est compris par les chercheurs comme une réaction à l’exclusion perçue, qui entraîne alors une identification religieuse accrue comme stratégie défensive. Alors que le gouvernement du président égyptien el-Sisi cherche à réprimer l’opposition politique musulmane, augmentant le coût de sa pleine participation au discours national, le ressentiment envers le gouvernement et ses partisans chrétiens coptes a augmenté. Il en est résulté une polarisation continue et croissante entre Musulmans et Chrétiens coptes, marquée par une violence accrue contre les Chrétiens.
En France, ce qui était perçu comme un racisme anti-arabe continu a conduit à la « marche des beurs » en 1983 et, en raison de l’échec de l’orientation de sa laïcité à intégrer les minorités, à un renouveau de l’identité religieuse sous la bannière des « jeunes musulmans ». Les gouvernements qui poursuivent le concept de laïcité radicale renforcent-ils en réalité les mouvements d’identité religieuse, plutôt que de créer un terrain d’entente pour l’appartenance et l’unité nationales? Comme le dit le sociologue français Alain Policair, « la laïcité apparaît aujourd’hui comme une réaction nostalgique d’une identité majoritaire, incapable de penser les identités minorées. »
D’autres preuves proviennent d’une étude française de 2020 examinant l’interdiction des symboles religieux dans les écoles, en particulier le hijab, à partir de 2004. Elle a révélé qu’au lieu d’une égalité accrue, les jeunes filles musulmanes ont connu une baisse de la réussite scolaire au secondaire, avec des conséquences négatives sur leur trajectoire ultérieure sur le marché du travail et sur le plan familial. La loi a également accru la perception de la discrimination et renforcé à la fois l’identité nationale (étrangère) et l’identité religieuse chez les Arabes en France. Après 2004, la laïcité en France s’est vue de plus en plus renforcée comme marqueur d’identité nationale, et les expressions visibles de l’identité musulmane en sont venues à être représentées comme potentiellement incompatibles avec l’unité nationale. Cela place les musulmans nés en France dans une position difficile alors qu’ils adaptent leur comportement pour être acceptés dans la société française, se sentant à la fois français et exclus.
Plus près de chez nous, la Loi 21 du Québec (2019), qui élimine progressivement les symboles religieux chez les employés du secteur public, et le débat public environnant la laïcité ont pu enhardir des préjugés préexistants envers les immigrants. Une étude récente a révélé que les femmes musulmanes ont plus de difficultés à trouver un emploi depuis l’adoption de la loi. Le verdict des auteurs est désastreux : « La Loi 21 accule systématiquement les femmes musulmanes à des positions vulnérables de citoyennes de seconde zone. » Une autre étude a révélé que les débats entourant les politiques de laïcité au Québec étaient associés à un sentiment d’appartenance réduit au Québec chez les immigrants racisés. Et cet effet ne s’est pas limité aux minorités religieuses, mais s’est étendu aux minorités non religieuses ainsi qu’aux francophones.
Une meilleure voie
La trajectoire actuelle au Québec suggère une évolution vers une forme de laïcité identitaire de plus en plus discriminatoire. Au lieu d’intégrer les citoyens en acceptant leurs différences ethniques et religieuses, elle donne à la laïcité des significations politiques spécifiques destinées à lui conférer un statut d’identité nationale — comprise comme une religion civile par les chercheurs — qui est ensuite imposée à l’ensemble de la société. La tentative du Parti Québécois d’inscrire la laïcité dans sa Charte des valeurs proposée et la Loi 21 de la CAQ l’établissant comme faisant partie de l’identité du Québec en l’ajoutant à la Charte québécoise illustrent la volonté du gouvernement de créer cette nouvelle identité. Cela conduit à l’aliénation de ceux qui ne partagent pas les valeurs des élites québécoises, renforçant la segmentation de la société en diverses identités religieuses. Certaines personnes quittent même la province, au détriment de son secteur des services et de son économie.
De plus, la jurisprudence récente confirme que la manière dont le Québec applique la laïcité est inconstitutionnelle. La décision Saguenay de la Cour suprême a établi que le devoir de neutralité interdit à tout gouvernement au Canada de promulguer des lois qui « créent un espace public préférentiel qui favorise certains groupes religieux et est hostile à d’autres ». Cela a été confirmé dans le jugement condamnant l’ex-ministre Proulx. En se concentrant sur le retrait des « privilèges » et des symboles, l’État risque d’aliéner de larges pans de sa population et de détruire les institutions sociales qui offrent soins et soutien communautaire à des milliers de personnes.
Tout en accusant la religion d’être un danger pour la démocratie, la laïcité elle-même met la démocratie en danger en excluant le religieux de l’espace public et en accroissant la polarisation de la société québécoise. La laïcité, telle qu’elle est actuellement mise en œuvre par la province de Québec, n’est pas un véritable système de valeurs québécois et s’oppose aux concepts de liberté démocratique, de participation et de non-discrimination — qui sont de véritables valeurs québécoises. La fermeture unilatérale du débat et l’exclusion de quiconque s’oppose à l’agenda laïque de l’État risquent de transformer le Québec en une société totalitaire. L’État ne doit favoriser aucune religion, mais il ne doit pas non plus favoriser un sécularisme qui ne tolère aucune opposition démocratique. Plutôt qu’une laïcité identitaire, l’État doit revenir à un sécularisme institutionnel véritablement neutre, qui n’est contrôlé par aucune religion mais permet tout de même à tous les citoyens de participer aux espaces publics et à la démocratie sans renier leurs identités religieuses. Les élites québécoises doivent apprendre à composer avec le religieux dans le respect et l’échange civil, plutôt que de simplement l’exclure. La province doit revenir à un traitement véritablement neutre de la religion fondé sur :
- La non-ingérence : L’État ne devrait pas s’immiscer dans le fonctionnement interne ou les préceptes théologiques des groupes communautaires ou religieux.
- Le financement impartial : Les subventions ou les avantages fiscaux pour les services sociaux devraient être basés sur la qualité et l’impact du service fourni, et non sur l’affiliation religieuse du fournisseur.
- La liberté d’expression : Les symboles religieux et les expressions publiques de la foi (comme la prière) devraient être protégés selon les mêmes normes que toute autre forme de discours, à condition qu’ils ne portent pas atteinte aux droits d’autrui ou à l’ordre public.
[1] Bauberot, Jean : Laicité, religion civile, tenues et signes religieux en France, dans : Denis, Jeffrey : Laicité et signes religieux à l’école. Presses de l’Université Laval, 2015, p.30



