D’après un article de Rachelle Younglai publié dans The Globe and Mail le 10 juillet 2025
La Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) affirme que les plafonds imposés à l’immigration temporaire contribuent à faire baisser les loyers demandés dans plusieurs grandes villes canadiennes. Dans une étude dévoilée mardi, l’agence nationale note une diminution des loyers mensuels moyens demandés à Vancouver, Calgary, Toronto et Halifax, attribuée à la fois à une explosion du nombre de logements neufs et à une réduction de la population de résidents temporaires, notamment les étudiants étrangers et les nouveaux résidents permanents.
Comme le souligne Rachelle Younglai, journaliste au Globe and Mail, ces baisses s’observent particulièrement dans les appartements en copropriété destinés à la location ainsi que dans les immeubles de logements locatifs construits à cette fin (les purpose-built rentals). Par rapport à l’année précédente, les loyers mensuels demandés ont chuté de 2 à 8 % dans ces deux types de logements.
Selon Statistique Canada, les résidents temporaires représentaient 7,1 % de la population canadienne en avril 2025, contre un sommet de 7,4 % en octobre 2024. Tania Bourassa-Ochoa, économiste en chef adjointe à la SCHL, indique que « la faiblesse de la demande locative devient de plus en plus évidente », particulièrement dans les régions où la croissance démographique ralentit.
Des baisses de loyers dans les principales villes
À Vancouver, le loyer mensuel moyen demandé pour un appartement de deux chambres a atteint 3 001 $ au premier trimestre de 2025, soit une baisse de 4,9 % par rapport à l’année précédente. En comparaison, le loyer avait augmenté de 4,5 % entre 2023 et 2024.
À Calgary, le loyer moyen s’élevait à 1 872 $, en baisse de 3,5 % par rapport à 2024, alors qu’une hausse de 17 % avait été enregistrée entre 2023 et 2024.
À Toronto, le loyer moyen a reculé de 3,7 %, atteignant 2 522 $, tandis qu’à Halifax, il a chuté de 4,2 %, pour se fixer à 2 171 $.
Concernant les copropriétés en location – souvent détenues par des investisseurs individuels – la tendance est similaire. À Vancouver, le loyer pour un logement de deux chambres a diminué de 4,8 % cette année, alors qu’il avait augmenté de 1,2 % l’année précédente. À Calgary, le recul est de 3,6 %, contre une hausse de 10,7 % en 2024. À Toronto, la baisse est plus modeste (-1,7 %), tandis qu’à Halifax, elle atteint 8,3 %, après une flambée de 11,7 % en 2024.
Les restrictions sur les étudiants étrangers ont un impact régional
Selon le rapport, le plafonnement du nombre d’étudiants internationaux a des effets directs sur la demande locative en Colombie-Britannique, en Ontario et en Nouvelle-Écosse. Toutefois, comme le rapporte Rachelle Younglai, la SCHL n’a pas fourni de données précises pour des villes universitaires importantes comme London, Kingston ou Kitchener.
Cette étude s’appuie sur un rapport trimestriel de la SCHL en collaboration avec Statistique Canada, qui mesure les loyers demandés à l’échelle nationale – un indicateur plus précis du marché locatif actuel que les données fondées sur les logements déjà occupés, lesquelles tendent à sous-estimer les prix.
À travers cette analyse, il devient clair que la politique migratoire plus restrictive du gouvernement Trudeau, couplée à un accroissement rapide de l’offre immobilière, commence à détendre un marché locatif longtemps tendu.



