Au début des années 2010, le Parti libéral du Canada était en déroute. Le Parti conservateur de Stephen Harper était au pouvoir. Le NPD était un parti social-démocrate respectable sous la gouverne de Jack Layton. Lors des élections fédérales de 2011, le PCC a finalement obtenu sa majorité avec 166 sièges. Le NPD est devenu pour la première fois l’opposition officielle avec 103 députés. Le PLC a subi un revers historique en faisant élire seulement 34 élus. À la veille des élections de 2015, le NPD de Thomas Mulcair était la solution de rechange aux conservateurs. Mais Justin Trudeau a su incarner le renouveau politique et le PLC a obtenu un gouvernement majoritaire. C’était le retour des Rouges au pouvoir après un purgatoire d’une décennie.
Or, après dix ans au pouvoir, la cote de popularité du premier ministre a chuté dramatiquement. Les Canadiens en avaient assez de la gouvernance irresponsable de M. Trudeau en matière de finances publiques et ils désiraient un homme politique plus expérimenté comme premier ministre du Canada. Pierre Poilievre a su incarner ce changement. Mais la guerre tarifaire du président Trump a tout fait basculer. Le nouveau chef libéral Mark Carney, avec l’aide de médias de masse, a su se positionner comme un leader fort, avec un beau CV, qui allait tenir tête au président du GOP. M. Carney fut élu à la tête d’un gouvernement minoritaire. Mais, après cinq défections et trois victoires dans des partielles, le chef du PLC va maintenant diriger le Canada avec une majorité jusqu’en 2029. La lune de miel entre lui et les Canadiens et Québécois est indéniable. La marque libérale semble être invincible. C’est une bonne nouvelle pour Charles Milliard et le PLQ.
Le gouvernement de la CAQ est en fin de vie et Christine Fréchette ne sera pas en mesure de lui éviter une mort agonisante. Pendant deux ans, Paul St-Pierre Plamondon était en tête dans les sondages. Mais sa cote de popularité est en baisse à cause de sa promesse de tenir un référendum sur la souveraineté du Québec. Les gens n’en veulent pas. PSPP a accordé une entrevue à Rebel News et cela ne va pas plaire aux 55 ans et plus qui regardent exclusivement les médias traditionnels.
Alors, les électeurs de la génération des baby-boomers tombent sous le charme de Charles Milliard. Ce dernier a un discours modéré qui ne va pas effrayer les Jacques et Louise de ce monde. Le chef du PLQ a un beau CV et il promet de mieux gérer le modèle québécois. Celui-ci ne propose pas de grosses réformes qui pourraient apeurer les 55 ans et plus. Selon le dernier sondage Léger, le PLQ est en tête dans ce groupe d’âge avec 40% des voix contre 35% pour le PQ. Je pense que le soutien du PLQ va continuer de grimper auprès de cet électorat dans les prochaines semaines.
J’estime qu’on va observer un Mark Carney 2.0 sur la scène provinciale. Les 55 ans et plus sont angoissés par les agissements du président Trump. Ils vont chercher une option politique qui va les rassurer. C’est Charles Milliard qui va en bénéficier. Le prochain gouvernement sera probablement minoritaire et c’est le chef libéral qui risque de devenir le nouveau premier ministre du Québec.
Les Rouges sont de retour en force à Ottawa et à Québec. Les nationalistes vont sûrement affirmer que les Québécois francophones ne vont jamais voter pour le PLQ. Pourtant, ceux de 55 ans et plus ont voté massivement pour le PLC en avril 2025. Ce dernier vient de remporter l’élection partielle de Terrebonne. Auparavant, ce comté était une forteresse du Bloc québécois. Et la sécurité est devenue un enjeu plus important pour cette classe démographique que le vieux clivage souverainiste-fédéraliste. En conséquence, la majorité des électeurs du baby-boom va soutenir le candidat qui va les rassurer et c’est Charles Milliard qui va incarner cela.
En conséquence, les Rouges sont de retour en force dans la Belle Province. La victoire de Mark Carney dans la partielle de Terrebonne en prouve bien. Alors, la prise de pouvoir des rouges provinciaux n’est plus une illusion et risque de devenir une réalité en octobre prochain.



