Le voyage de cinq jours de la première ministre Christine Fréchette à Paris a coûté près de 136 000 $ aux contribuables québécois, dont près de 50 000 $ uniquement en services de chauffeur, selon des documents obtenus par la Fédération canadienne des contribuables (FCC).
Christine Fréchette et sept autres membres de sa délégation se sont rendus dans la capitale française du 16 au 20 mai dernier. La facture totale de la mission s’est élevée à 135 891 $.
«Christine Fréchette a dépensé 136 000 $ de l’argent des contribuables pour cinq jours à Paris sans ramener un seul résultat concret», dénonce Nicolas Gagnon, directeur Québec de la FCC.
Les dépenses ont été obtenues par l’organisme à la suite d’une demande d’accès à l’information.
Près de 50 000 $ en chauffeurs
La dépense qui retient particulièrement l’attention de la FCC concerne les déplacements de la délégation à Paris.
Selon les documents obtenus par l’organisme, les services de la compagnie Avis Chauffeur ont coûté 48 604 $ pour cinq jours.
La FCC illustre l’ampleur de la somme avec une comparaison volontairement frappante : selon ses calculs, il aurait été possible de louer huit Porsche Cayman GTS — une pour chacun des membres de la délégation — pour un total de 30 672 $.
«Près de 50 000 $ en frais de chauffeur pour cinq jours à Paris, c’est tout simplement excessif», affirme Nicolas Gagnon.
«Les contribuables québécois ont payé davantage pour les déplacements de la première ministre à Paris pendant cinq jours qu’il en aurait coûté pour louer une Porsche à chacun des membres de sa délégation.»
Le transport aérien a également représenté une dépense importante. Le billet d’avion de Christine Fréchette a coûté 11 343 $, tandis que ceux des autres membres de la délégation ont coûté environ 2 200 $ chacun, selon la FCC.
À cela s’ajoutent 9 776 $ pour l’utilisation d’un salon VIP à l’aéroport de Paris.
40 000 $ d’hôtel et 4 000 $ de cocktails
La délégation québécoise a séjourné au Pullman Paris Montparnasse, pour une facture totale de 40 016 $.
L’établissement se présente lui-même comme «une véritable œuvre d’architecture contemporaine» offrant notamment des «chambres et suites luxueuses» ainsi qu’une «spectaculaire salle de bal», souligne la Fédération canadienne des contribuables.
Les contribuables ont également assumé une facture de 4 000 $ pour des cocktails servis lors d’un événement soulignant le 20e anniversaire de l’Accord Québec-Canada relatif à l’UNESCO.
Additionnées aux billets d’avion, aux transports terrestres, au salon VIP et aux autres frais de mission, ces dépenses portent la facture totale à 135 891 $.
Une mission défendue comme stratégique
Lors de son départ en mai, Christine Fréchette avait présenté cette mission française comme une occasion de développer les exportations québécoises vers la France et l’Europe, particulièrement dans les secteurs de la défense et des minéraux critiques.
Elle avait également rencontré le président français Emmanuel Macron et sollicité son appui à la candidature de Montréal pour accueillir la future Banque de défense, de sécurité et de résilience.
À son retour au Québec, la première ministre avait dû répondre aux critiques selon lesquelles elle revenait de Paris les «mains vides».
Fréchette avait alors soutenu que les projets entrepris avec la France nécessiteraient du temps avant de se concrétiser.
Un argument qui ne convainc pas la Fédération canadienne des contribuables.
«La première ministre peut certainement demander aux contribuables d’être patients, mais après un voyage de 136 000 $, ils sont en droit de s’attendre à des résultats concrets», conclut Nicolas Gagnon.



