Délire indigéniste : Vancouver manque de transparence après avoir rebaptisé une rue avec un nom imprononçable

Jamie Sarkonak, chroniqueuse au National Post, met en lumière une controverse qui secoue Vancouver : la Ville a prévu de verser 33 500 $ à la Première Nation Musqueam dans le cadre du renommage de l’ancienne rue Trutch, désormais appelée šxʷməθkʷəy̓əmasəm Street. Or, ces paiements, détaillés dans un budget obtenu par la députée provinciale Dallas Brodie, devaient rester confidentiels selon la Ville, qui invoque la protection des intérêts autochtones pour justifier ce secret.

Le budget précisait 10 000 $ pour l’événement inaugural, 6 000 $ pour dix consultations, 7 500 $ pour la conception des panneaux et guides de prononciation, ainsi qu’un autre 10 000 $ pour la fête de lancement. Celle-ci comprenait repas, discours, activités culturelles mais aussi animations ludiques comme un château gonflable et un train miniature.

La Ville a rapidement affirmé que ces informations avaient été diffusées par erreur, exigeant que Brodie détruise les documents. L’élue refuse, rappelant que la loi provinciale sur l’accès à l’information ne s’applique pas aux députés dans l’exercice de leurs fonctions. Sarkonak explique que ce bras de fer révèle une tension plus profonde : depuis 2021, une modification législative impose la confidentialité sur toute donnée pouvant toucher au patrimoine ou au savoir autochtone, ce qui rend opaque l’usage de fonds publics.

Dallas Brodie critique cette opacité, dénonçant le contraste entre des hausses successives de taxes foncières à Vancouver et des dépenses jugées symboliques. Elle ajoute que le centre-ville est laissé à l’abandon, tandis que des sommes sont consacrées à des projets de prestige.

Le choix du nouveau nom soulève aussi des débats historiques et communautaires. Pour Brodie, effacer la référence à Joseph Trutch, premier lieutenant-gouverneur de la Colombie-Britannique, revient à gommer des pans de l’histoire, même controversée. De leur côté, les Squamish ont exprimé leur mécontentement, estimant que la rue traverse l’un de leurs anciens villages.

Sarkonak souligne enfin que cette situation illustre un phénomène plus large : au fédéral comme au provincial, plusieurs lois isolent certaines informations liées aux relations avec les Premières Nations, ce qui réduit la transparence démocratique. Reste à voir si Vancouver tentera d’utiliser ces dispositions pour contraindre une députée provinciale, ce à quoi Brodie promet de s’opposer fermement.

Facebook
Twitter
LinkedIn
Reddit
Email

Les nouvelles à ne pas manquer cette semaine