Le café bientôt moins amer à l’épicerie? Un répit en vue pour les consommateurs canadiens

Après des années de hausses marquées, le prix du café pourrait enfin commencer à redescendre — du moins, en partie. Dans un reportage publié par BNN Bloomberg, la journaliste de CTV News Allison Bamford explique pourquoi les consommateurs canadiens pourraient bientôt voir un certain soulagement à l’épicerie, même si les prix dans les cafés risquent de demeurer stables.

Une flambée historique des prix

Comme le rappelle Allison Bamford, les prix du café ont presque doublé depuis 2020. Cette envolée est attribuable en grande partie aux conditions météorologiques défavorables ayant affecté les récoltes dans plusieurs grands pays producteurs.

Les données récentes de Statistique Canada montrent d’ailleurs que le prix moyen du café au détail a augmenté de 30 % sur un an. Cette hausse a été particulièrement visible dans les rayons des supermarchés, où le « choc des étiquettes » a frappé de plein fouet les consommateurs.

Le rôle clé du Brésil

Cependant, selon des experts cités par BNN Bloomberg, une amélioration pourrait se dessiner au cours des prochains mois. Le Brésil — plus grand producteur mondial de café — prévoit une récolte record pour la prochaine saison.

Mike von Massow, économiste agroalimentaire à l’University of Guelph, estime que la production mondiale de café devrait augmenter d’environ 4 %. « Au cours des prochains mois, nous devrions commencer à voir un certain soulagement des prix sur le marché du café », a-t-il déclaré, cité par Allison Bamford.

Selon lui, c’est surtout à l’épicerie que les consommateurs pourraient constater des baisses notables. Il précise toutefois qu’il ne faut pas s’attendre à effacer entièrement la hausse annuelle de 30 %, mais plutôt à observer des diminutions substantielles.

Pourquoi les cafés ne baisseront pas leurs prix

Le scénario est différent pour les cafés indépendants et les chaînes spécialisées. Toujours selon von Massow, les établissements ont souvent absorbé une partie importante de la hausse des coûts au cours des dernières années, plutôt que de la refiler intégralement aux clients.

Ainsi, même si certains ajustements demeurent possibles, la principale conséquence d’un recul des prix du café vert serait de permettre aux commerces de récupérer une partie de leurs marges et d’améliorer leur viabilité financière.

Le reportage de BNN Bloomberg cite notamment l’exemple du Café Del Rey, à Saskatoon. Son propriétaire, Devereaux Gatin, explique avoir tenté d’absorber une part importante des hausses. Selon lui, l’approche adoptée correspond généralement à un partage de 70/30 — 70 % des coûts absorbés par l’entreprise, 30 % transférés au consommateur — ce qui s’est traduit par des hausses de prix modestes sur le menu.

Une pression qui dépasse le café

Comme le souligne Allison Bamford, le café n’est toutefois qu’un élément parmi d’autres dans l’équation financière des établissements. Devereaux Gatin affirme avoir observé d’importantes augmentations de coûts touchant également le lait, la farine, le sucre et même les gobelets. Il note que les hausses sont souvent liées à l’emballage et aux coûts logistiques.

L’inflation, ajoute-t-il, influence aussi le comportement des clients. Ceux qui fréquentaient le café quatre ou cinq fois par semaine se montrent désormais plus prudents dans leurs dépenses.

Un répit fragile

Si les prévisions liées à la production brésilienne sont encourageantes, elles ne garantissent pas un retour durable à des prix bas. Le marché mondial du café demeure extrêmement sensible aux aléas climatiques, aux perturbations logistiques et aux fluctuations monétaires.

Comme le résume Gatin dans le reportage de BNN Bloomberg : « Les prévisions sont bonnes pour nous, mais les défis sont toujours en route. »

Pour les consommateurs canadiens, le soulagement — s’il se confirme — devrait donc d’abord se matérialiser dans les paniers d’épicerie. Quant aux cafés de quartier, ils pourraient surtout profiter de ce répit pour consolider leur stabilité financière plutôt que pour réduire leurs prix affichés.

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