Tesla : quand les nouvelles technologies bousculent l’apprentissage de la conduite

En Ontario, une adolescente de North Bay a récemment échoué son examen de conduite G parce qu’elle s’est fiée uniquement au freinage régénératif de la Tesla Model Y de son père, sans toucher à la pédale de frein. Cette technologie, répandue dans les véhicules électriques et hybrides, permet de ralentir et même d’arrêter complètement la voiture en relâchant simplement l’accélérateur.

Comme l’explique Jonathan Migneault dans CBC News, le père de la candidate, Éric Simard, a dénoncé cette décision qu’il juge injuste. Selon lui, même sans appuyer sur le frein, sa fille contrôlait parfaitement son véhicule, choisissant le moment exact où ralentir. Pourtant, l’examinateur a considéré la manœuvre inappropriée, allant jusqu’à cocher la case « véhicule hors d’usage » dans son rapport. La jeune conductrice a aussi été pénalisée pour une fonction de la Tesla qui émet un signal sonore lorsque le feu de circulation passe au vert.

Toujours cité par CBC News, la porte-parole du ministère ontarien des Transports, Julia Caslin, rappelle que le système de permis gradués exige que les candidats démontrent une maîtrise totale et sécuritaire de leur véhicule, peu importe les technologies à bord. Elle ne précise toutefois pas si l’usage de la pédale de frein est obligatoire même en présence du freinage régénératif.

Migneault rapporte également que le père a partagé son expérience dans un groupe Facebook de propriétaires de Tesla : certains disent avoir réussi leur examen avec le freinage régénératif, tandis que d’autres ont dû désactiver cette option à la demande de l’examinateur.

Pour Saad Tariq, de la Greater Sudbury Driving School, il est essentiel de revenir aux bases. Il explique à CBC News qu’il préfère enseigner sans assistance électronique : « Les capteurs peuvent être recouverts de neige ou de saleté. Les élèves doivent donc savoir exécuter les gestes de base. » Amanda Lacroix, de la Northern Lights Driving School, nuance : selon elle, si une personne conduit régulièrement une voiture dotée de ces technologies, elle devrait pouvoir s’en servir lors de l’examen, à condition de maîtriser aussi les manœuvres classiques.

Le reportage de Jonathan Migneault illustre ainsi un enjeu de société : faut-il adapter les examens de conduite à l’évolution rapide des technologies automobiles, ou maintenir des standards universels axés sur la maîtrise des gestes fondamentaux ?

Facebook
Twitter
LinkedIn
Reddit
Email

Les nouvelles à ne pas manquer cette semaine