Quelques semaines après le décès de Serge Fiori, c’est une autre figure légendaire des années 70 qui nous quitte. Le prince des ténèbres lui-même, Ozzy Osbourne, a tiré sa révérence après un long combat contre la maladie de Parkinson.
Le monde entier, par le biais des réseaux sociaux, a rendu hommage à cet homme autrefois controversé, mais devenu au fil des années un personnage profondément attachant. Chaque fois qu’une grande figure disparaît, notre monde perd un peu de son âme. Au Québec, nous avons nos exemples : Serge Fiori, Lucien Francoeur, Victor-Lévy Beaulieu. À l’international, Ozzy était de ceux-là. Un chanteur de heavy metal à la personnalité drôle, imprévisible et profondément humaine.
Ozzy Osbourne a révolutionné la musique comme peu de gens avant lui, participant à l’invention – ou du moins à la cristallisation – du heavy metal. S’il fut dénoncé dès ses débuts par des chrétiens conservateurs, qui associaient la musique métal à une forme de psychose satanique infiltrant la société, il a su conquérir le cœur de millions de fans à travers le monde.
On le connaîtra aussi pour son émission de téléréalité culte, où il partageait son quotidien familial. Cette série révéla un homme sans prétention, drôle, parfois farfelu – comme lorsqu’il acheta pour 600 $ de barres Mars au dépanneur. Des lubies, oui, mais toujours avec une candeur touchante.
On se demande qui pourra bien chausser ses bottes. Son ami Elton John lui a rendu un hommage émouvant. Mais force est de constater que, plus le temps avance, plus les géants s’éteignent – et que la relève peine à émerger avec la même force.
Nous vivons à une époque hyperfragmentée. Chaque jour, plus de trois millions de vidéos sont mises en ligne sur YouTube. Cent mille nouvelles chansons apparaissent quotidiennement sur Spotify. Le problème n’est pas la qualité, mais la saturation. À tel point qu’il est presque impossible aujourd’hui de partager une culture pop commune. Autrefois, il fallait acheter un disque pour l’écouter, ou espérer voir le clip de son artiste préféré à MusiquePlus. Aujourd’hui, l’offre est infinie, mais l’impact est souvent dilué.
C’est peut-être pour cela que la mort d’un homme comme Ozzy nous bouleverse autant : à chaque départ, une brique de notre édifice collectif s’effrite. Et bien souvent, aucune nouvelle pierre ne vient la remplacer.
Qu’Ozzy repose en paix. Il a donné au métal toutes ses lettres de noblesse. Et il nous aura fait rire, émus, et divertis pendant toutes ces années.



