Alors que le premier ministre Mark Carney multiplie les discours sur la rigueur budgétaire et la nécessité de contrôler les dépenses publiques, de nouveaux documents obtenus par la Fédération canadienne des contribuables (FCC) révèlent que lui et son entourage ont facturé près de 200 000 dollars en repas servis à bord d’avions gouvernementaux lors de seulement trois voyages internationaux.
Selon les documents rendus publics par la FCC, les déplacements à Londres, Rome et Bruxelles en 2025 ont engendré une facture totale de 195 400 $ en services de traiteur aérien. Les menus comprenaient notamment du filet de bœuf avec sauce bordelaise, du veau, du saumon écossais, des charcuteries européennes haut de gamme, des desserts élaborés ainsi qu’une sélection de vins dont certaines bouteilles se détaillent autour de 55 $.
Pour Nicolas Gagnon, directeur Québec de la Fédération canadienne des contribuables, ces dépenses sont difficilement justifiables dans le contexte actuel.
« Mark Carney a dépensé plus d’argent en repas d’avion lors de trois voyages que ce qu’une famille moyenne dépensera en épicerie pendant une décennie », affirme-t-il.
La FCC souligne que le gouvernement fédéral consacre actuellement plus d’un milliard de dollars par semaine au seul paiement des intérêts sur la dette nationale. Dans ce contexte, l’organisme estime que les contribuables sont en droit de s’attendre à davantage de sobriété de la part de leurs dirigeants.
Le voyage le plus coûteux fut celui effectué à Rome en mai 2025, avec une facture de 93 780 $ pour la nourriture servie à bord. Les passagers y auraient notamment dégusté une escalope de veau, du poulet grillé à la grecque accompagné de pâtes orzo et de feta, ainsi qu’une variété de desserts comprenant gâteau au fromage aux bleuets, mousse au chocolat et crème brûlée.
Au déjeuner, les menus proposaient notamment des omelettes aux herbes et au gouda fumé, des saucisses de dinde, des pommes de terre déjeuner ainsi que des crêpes servies avec crème à la vanille et compote de fruits.
La comparaison avec l’ancien gouvernement Trudeau risque également d’alimenter les critiques. Selon les documents obtenus par la FCC, Justin Trudeau et son entourage avaient dépensé environ 43 000 $ en nourriture lors d’un déplacement similaire en Italie en 2024. Le voyage de Carney à Rome aurait donc coûté plus du double en services alimentaires.
Le déplacement à Bruxelles et aux Pays-Bas, en juin 2025, a quant à lui généré une facture de 49 043 $. Les menus comprenaient notamment du bœuf sauté avec sauce crémeuse, du poulet accompagné d’une sauce au vin blanc ainsi que du bœuf mijoté lentement avec réduction au vin rouge.
Le voyage à Londres, en mars 2025, a ajouté 52 610 $ à la facture totale. Les repas servis comprenaient notamment du bœuf braisé au vin rouge, du saumon poêlé accompagné de couscous au citron et aux herbes, ainsi que du gigot d’agneau.
Pour Franco Terrazzano, directeur fédéral de la FCC, ces dépenses contredisent directement le message politique que tente de projeter le premier ministre.
« Mark Carney répète sans cesse aux Canadiens qu’il veut réduire les dépenses, mais il dépense déjà davantage en repas lors de ses voyages à l’étranger que Justin Trudeau », soutient-il.
Les révélations surviennent alors que le gouvernement Carney tente de se présenter comme une administration plus disciplinée sur le plan budgétaire après une décennie de déficits records sous les libéraux. Or, ces nouvelles dépenses risquent d’alimenter le scepticisme d’une population déjà confrontée à un coût de la vie élevé, à une crise du logement persistante et à une dette fédérale qui continue de croître.
Selon les données compilées par la Fédération canadienne des contribuables à partir de réponses gouvernementales déposées au Feuilleton de la Chambre des communes, Mark Carney et son entourage auraient accumulé depuis son arrivée au poste de premier ministre un total de 524 000 $ en nourriture servie à bord des avions gouvernementaux.
La controverse dépasse toutefois la simple question des repas. Elle touche à un enjeu plus fondamental : celui de la crédibilité politique. Les gouvernements demandent régulièrement aux citoyens d’accepter des compressions, des hausses de taxes ou des sacrifices financiers au nom de la responsabilité budgétaire. Lorsque les dirigeants eux-mêmes semblent incapables de faire preuve de retenue dans leurs propres dépenses, le message devient beaucoup plus difficile à faire accepter.



