Enfants « trans » : quand la réalité perd contre l’idéologie

Le 27 juin 2025, la juge Allison Kuntz, nommée par Justin Trudeau, a suspendu temporairement la Loi 26 de l’Alberta, à la demande du groupe militant Egale Canada. Cette loi vise à protéger les mineurs contre les effets néfastes de l’idéologie transgenre, en interdisant la prescription de bloqueurs de puberté et d’hormones du sexe opposé aux enfants de moins de 16 ans, et les chirurgies de « changement de sexe » pour les moins de 18 ans.

Dans un monde où un enfant qui se prend pour un chat est (heureusement) doucement ramené à la réalité, pourquoi accepte-t-on que des enfants subissent des interventions médicales graves au nom d’une perception souvent passagère de leur « identité de genre »?

Cette question n’est pas théorique. C’est une réalité qui frappe aussi le Québec. De plus en plus de parents découvrent après coup que leur enfant a été socialement « transitionné » à l’école, parfois sans qu’on leur en parle du tout. Le nouveau documentaire Omerta scolaire, réalisé par Libre Média avec la collaboration du Centre juridique pour les libertés constitutionnelles (CJLC), lève le voile sur ce phénomène alarmant. On y apprend que certains milieux scolaires mentent délibérément aux parents, ou leur cachent activement la vérité, et que la directive viendrait du ministère de l’Éducation!

L’idéologie transgenre prétend qu’un garçon qui « se sent » fille est une fille, et que son corps doit donc être modifié pour refléter ses sentiments. Cela implique des traitements hormonaux qui peuvent stériliser de façon permanente, sans jamais permettre au garçon de devenir une femme à part entière : il ne produira jamais d’ovules, ne portera jamais un enfant, et même les chirurgies lourdes comme la vaginoplastie n’en font qu’une imitation douloureuse et médicale du corps féminin.

Chez les filles, les bloqueurs de puberté combinés à la testostérone peuvent causer infertilité, voix grave et pilosité faciale permanente. Ces jeunes femmes ne deviendront pas des hommes biologiques pour autant.

Une telle décision est déjà lourde de conséquences pour un adulte. Mais il est inacceptable qu’on laisse des enfants mineurs, souvent isolés de leurs parents et influencés par des soignants ou des éducateurs militants, faire des choix qui détruiront à jamais leur fertilité et leur santé.

C’est ce que tentait de corriger la Loi 26 en Alberta. Mais la juge Kuntz y a opposé une vision idéologique : elle affirme que le genre est « assigné » à la naissance (comme si les médecins tiraient ça au hasard !), et que subir la puberté naturelle serait une « atteinte irréparable » pour les jeunes qui ne s’identifient pas à leur sexe. Elle fait totalement confiance aux médecins qui prescrivent ces traitements, tout en ignorant presque complètement les témoignages de jeunes qui regrettent leur transition.

Ironiquement, pendant la crise sanitaire, les juges canadiens ont permis des atteintes majeures aux libertés fondamentales, sous prétexte que le gouvernement devait gérer une crise scientifique incertaine. Mais ici, malgré les données changeantes, les incertitudes médicales, et le fait que plusieurs pays européens (Suède, Norvège, Finlande, Royaume-Uni, Italie) ont reculé sur les transitions de mineurs, aucune marge de manœuvre n’est accordée au gouvernement albertain. La juge impose l’idéologie, pas la prudence.

La première ministre Danielle Smith devra sans doute invoquer la clause dérogatoire. C’est une disposition constitutionnelle légitime qui permet aux provinces d’agir malgré l’activisme de certains juges fédéraux. Le Québec devrait sérieusement envisager une loi semblable à celle de l’Alberta, et ne pas hésiter à recourir, lui aussi, à la clause dérogatoire.

Parce que la question n’est pas de savoir si un enfant se sent comme une fille, un garçon, un chat ou Napoléon Bonaparte. La question, c’est : allons-nous encore défendre la réalité, ou allons-nous tout sacrifier sur l’autel d’une idéologie destructrice?


John Carpay, B.A., LL.B. — président du Centre juridique pour les libertés constitutionnelles (CJLC)

(Note : les données citées du jugement et des effets biologiques sont tirées du jugement de la juge Kuntz et de la littérature médicale, disponibles publiquement.)

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