Pour un partisan de hockey québécois, voir le nom des Nordiques apparaître dans un article nord-américain suscite toujours un mélange de nostalgie et d’espoir. Ce fut le cas avec le texte de Dylan Gremont, publié dans The Hockey News, qui dresse la liste de plusieurs franchises disparues de la LNH et de l’Association mondiale de hockey (AMH) pouvant, selon lui, prétendre à une seconde vie. Si Québec retient naturellement l’attention au nord de la frontière, Gremont rappelle que d’autres villes, parfois inattendues, disposent d’arguments solides pour revendiquer leur place.
Son analyse ne se limite pas à un simple retour sur le passé : il examine pour chaque ville son marché, ses infrastructures, son héritage sportif et son potentiel à s’inscrire dans la LNH moderne, le tout illustré par des concepts de logos réinventés par Georgia Dogantzis.
Québec Nordiques – L’héritage canadien à raviver
Pour Gremont, les Nordiques restent « l’une des plus grandes équipes disparues de l’histoire de la LNH ». Actifs de 1979 à 1995 avant de devenir l’Avalanche du Colorado, ils ont marqué la culture sportive québécoise. L’auteur note que l’Avalanche elle-même a déjà honoré cet héritage avec un chandail Reverse Retro. Québec ne rivalise pas en taille de marché avec certaines métropoles américaines, mais, en tant que marché canadien passionné et historiquement engagé, il figure en bonne place si la ligue décidait de renforcer sa présence au Canada.
Houston Aeros – L’AMH au cœur du Texas
Les Houston Aeros, franchise dominante de l’AMH dans les années 1970 (1972-1978), ont remporté deux championnats et figuraient souvent parmi les leaders en assistance. Houston représente aujourd’hui un immense marché sportif, déjà rodé au succès avec les Rockets (NBA), Texans (NFL) et Astros (MLB). Pour Gremont, intégrer cette ville à la LNH permettrait d’élargir son implantation aux États-Unis et de profiter d’un public déjà familier avec le hockey professionnel.
Atlanta Thrashers – Un marché à reconquérir
Présents dans la LNH de 1999 à 2011 avant de devenir les Jets de Winnipeg, les Thrashers reviennent régulièrement dans les discussions d’expansion. Atlanta est une métropole sportive majeure, soutenant avec succès les Hawks (NBA), Falcons (NFL) et Braves (MLB). Pour Gremont, la marque des Thrashers reste populaire localement et pourrait s’appuyer sur la croissance du hockey dans le sud-est américain.
Phoenix Coyotes – Le potentiel du désert
Les Coyotes, qui ont opéré de 1996 à 2024 (après le déménagement des Jets originaux), n’ont jamais manqué de partisans, malgré une gestion et des problèmes d’aréna chaotiques. Gremont souligne que Phoenix est l’un des plus grands marchés de la côte ouest, capable de soutenir plusieurs franchises majeures (Cardinals en NFL, Suns en NBA, Diamondbacks en MLB). Un retour, avec une structure de propriété solide et un aréna approprié, pourrait transformer cette franchise en actif majeur pour la LNH.
Cleveland Barons – Un marché sous-estimé
Les Barons n’ont existé que deux saisons en LNH (1976-1978), mais Cleveland a depuis prouvé son attachement au hockey via ses clubs de l’AHL et de la NAHL. Le marché n’est pas gigantesque, mais il est passionné, comme en témoignent les succès des Browns (NFL), Cavaliers (NBA) et Guardians (MLB). L’Ohio, déjà terre des Blue Jackets, possède un bassin de partisans qui pourrait soutenir deux franchises.
Kansas City Scouts – L’oublié des années 1970
Les Scouts n’ont joué que deux saisons (1974-1976) avant de devenir les Rockies du Colorado, puis les Devils du New Jersey. Kansas City, qui brille aujourd’hui grâce aux Chiefs (NFL) et Royals (MLB), dispose d’un marché sportif solide et en croissance. Pour Gremont, un retour des Scouts serait l’occasion d’ancrer la LNH dans une région en pleine expansion démographique.
California Golden Seals – Un come-back californien
Les Golden Seals ont vu le jour lors de la première grande expansion de la LNH en 1967, mais n’ont duré que jusqu’en 1976. Gremont imagine un retour, non plus à Oakland, mais à San Francisco, où le succès des Warriors (NBA), Giants (MLB) et 49ers (NFL) prouve la viabilité du marché. Une implantation dans la baie permettrait aussi de créer une rivalité instantanée avec les Sharks de San Jose.
Indianapolis Racers – Le premier club de Gretzky
Les Racers, actifs dans l’AMH de 1974 à 1979, sont célèbres pour avoir été la première équipe professionnelle de Wayne Gretzky (huit matchs, six points). L’Indiana, passionnée de sport (Pacers en NBA, Colts en NFL, Indy 500), a déjà connu plusieurs ligues mineures de hockey. Gremont estime que cet historique, combiné au dynamisme sportif local, pourrait justifier une relance.
Cincinnati Stingers – Le Midwest en demande
Franchise de l’AMH entre 1975 et 1979, les Stingers laissent derrière eux un marché resté fidèle au hockey via diverses équipes mineures. Cincinnati est aussi une ville sportive importante, avec les Bengals (NFL) et les Reds (MLB). Un retour permettrait de créer une rivalité naturelle avec Columbus, consolidant l’ancrage de la LNH dans l’Ohio.
Hartford Whalers – La nostalgie de la côte Est
Les Whalers, nés dans l’AMH en 1972 sous le nom de New England Whalers, sont passés dans la LNH en 1979 et y sont restés jusqu’en 1997 avant de devenir les Hurricanes de la Caroline. Leur logo, leur chandail vert et la célèbre chanson Brass Bonanza sont restés cultes. Hartford conserve une présence AHL forte et un bassin de partisans passionnés, dans une région où le hockey est profondément enraciné.
Une vision où Québec tient son rang
Si toutes ces villes possèdent des arguments, Gremont souligne que chaque candidature repose sur un équilibre entre marché, héritage et viabilité économique. Dans ce contexte, Québec se distingue par un atout que peu peuvent revendiquer : un lien identitaire indéfectible entre la ville, son équipe et ses habitants.
Pour les amateurs québécois, cette analyse publiée par The Hockey News est un rappel que, malgré la concurrence féroce des marchés américains, le rêve du retour des Nordiques demeure légitime. Comme Winnipeg avant elle, Québec pourrait prouver qu’une ville de taille moyenne, portée par une passion exceptionnelle, peut s’imposer à nouveau dans le plus haut niveau du hockey.



