Propagande pro-État islamique à Lévis : la menace terroriste demeure bien réelle au Québec

L’arrestation d’un homme de Lévis pour des allégations liées au terrorisme rappelle brutalement que la radicalisation islamiste n’est pas un phénomène lointain réservé à l’Europe ou au Moyen-Orient. Même dans la région de Québec, au cœur d’un quartier résidentiel de Saint-Romuald à Lévis, les autorités affirment avoir identifié un individu soupçonné de faire la promotion du groupe terroriste État islamique sur les réseaux sociaux.

Selon les informations rapportées par Radio-Canada et le Journal de Québec, la Gendarmerie royale du Canada a procédé jeudi matin à l’arrestation de Mohamed Ali Ben Chaoua, un homme de 40 ans résidant dans le secteur Charny–Saint-Romuald, à la suite d’une enquête de sécurité nationale amorcée en mars 2025.

Le journaliste Jérémie Camirand rapporte pour Radio-Canada que la GRC affirme avoir eu « des motifs raisonnables de craindre qu’il commette des infractions en matière de terrorisme ». Toujours selon Radio-Canada, le suspect aurait diffusé « de nombreuses publications » sur TikTok en soutien à l’État islamique, après avoir été signalé en ligne par un citoyen.

Le porte-parole de la GRC, Erique Gasse, a expliqué à Radio-Canada que la participation directe ou indirecte à des activités liées à un groupe terroriste constitue une activité criminelle au Canada. Il a également affirmé que les propos extrémistes et la propagande terroriste en ligne seraient « de plus en plus fréquents » ces dernières années.

Même si aucune accusation criminelle formelle n’a encore été déposée, les autorités ont jugé la situation suffisamment préoccupante pour demander l’imposition d’un engagement de ne pas troubler l’ordre public en matière de terrorisme, prévu à l’article 810.011 du Code criminel.

Le journaliste Vincent Desbiens rapporte pour le Journal de Québec que Mohamed Ali Ben Chaoua a finalement été remis en liberté sous des conditions extrêmement sévères : bracelet GPS obligatoire, interdiction d’utiliser Internet sans supervision, interdiction de communiquer avec des individus liés à des groupes terroristes, impossibilité de quitter le Québec et obligation de remettre son passeport.

Le procureur fédéral Me Henri Bernatchez a expliqué au Journal de Québec que l’objectif de cette démarche était notamment « de causer un arrêt d’agir » et de permettre aux policiers d’exercer une surveillance accrue afin de réduire les risques de passage à l’acte.

L’affaire a provoqué une onde de choc dans ce quartier familial de Lévis. Plusieurs voisins interrogés par le Journal de Québec ont affirmé être tombés des nues en voyant débarquer les véhicules de la GRC devant l’immeuble du suspect. Certains résidents ont décrit un homme discret et introverti qui ne semblait pas attirer l’attention.

Les policiers fédéraux ont également perquisitionné le logement du suspect et sa voiture pendant plusieurs heures à la recherche de matériel électronique ou d’éléments de preuve liés à l’enquête.

Au-delà du cas particulier, cette affaire illustre surtout une réalité plus large : la radicalisation passe désormais massivement par Internet. Radio-Canada rapporte que le codirecteur de l’Observatoire sur la radicalisation et l’extrémisme violent, David Morin, observe lui aussi une recrudescence des cas liés au radicalisme politico-religieux ainsi qu’un retour de groupes associés à l’État islamique.

Toujours selon David Morin, les groupes extrémistes utilisent désormais toutes les plateformes possibles pour recruter et diffuser leur propagande : réseaux sociaux, forums en ligne, jeux vidéo comme Roblox ou Minecraft, et divers espaces numériques fréquentés par les jeunes.

Cette arrestation survient d’ailleurs dans un contexte où plusieurs services de renseignement occidentaux continuent d’avertir que la menace terroriste islamiste demeure active, malgré la chute territoriale de l’État islamique au Moyen-Orient. Le phénomène s’est transformé : moins de structures organisées visibles, mais davantage d’individus radicalisés en ligne, parfois isolés, parfois influencés par une propagande permanente circulant sur les plateformes numériques.

Dans ce contexte, l’affaire de Lévis rappelle que le Canada n’est pas à l’abri de cette dynamique mondiale, et que la vigilance des autorités comme des citoyens demeure essentielle.

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