Les prochaines élections générales auront lieu en octobre prochain. Depuis deux ans, le Parti québécois est en tête dans les sondages. Ce dernier avait réussi à se positionner comme l’alternative à la CAQ, qui est en perte de vitesse. Or, depuis quelques mois, le parti souverainiste baisse dans les sondages. Quel est l’état de la situation dans le paysage politique québécois? Allons voir cela de plus près.
Tout d’abord, Paul St-Pierre Plamondon a sauvé le PQ de la mort politique lors des élections de 2022. Rapidement, le Parti québécois s’est hissé en tête dans les intentions de vote pour le prochain scrutin. Les Québécois ont rapidement tourné le dos à la CAQ à cause de ses nombreuses promesses brisées. Alors, PSPP s’est démarqué et positionné comme premier ministre en attente. Au plus fort de sa popularité, près de 25% de son électorat n’était pas souverainiste. Mais, à mesure que le prochain scrutin approche, son discours est de plus en plus centré sur le référendum, et a un effet repoussoir pour les électeurs non indépendantistes du PQ. En conséquence, les soutiens du Parti québécois sont en chute libre. Selon le dernier sondage, le PQ a seulement une avance de trois points sur le PLQ. Si PSPP continue de faire du référendum sur la souveraineté sa priorité, il va poursuivre sa descente et le poste de premier ministre va lui échapper. Décidera-t-il de changer de cap et d’adopter un programme de bon gouvernement? C’est à suivre…
D’autre part, en octobre 2022, le Parti libéral a subi une de ses pires défaites électorales de son histoire sous le leadership de Dominique Anglade. Cette dernière a rapidement quitté le leadership libéral. Pablo Rodriguez est devenu le nouveau chef du PLQ. Le court règne de ce dernier a été centré sur les questions de manquements à l’éthique et du financement douteux de sa campagne au leadership. L’ancien ministre du gouvernement Trudeau a démissionné de son poste et on a assisté au couronnement de Charles Milliard. Celui-ci ne fait pas partie de la vieille garde libérale. Cela sera un aout pour lui car il peut se présenter comme le candidat du renouveau. Cet homme politique ne fait pas de vagues et il adopte un discours centriste qui ne déplaît à personne. L’effet de nouveauté semble aider le PLQ, qui remonte dans les sondages après une longue traversée du désert. Si la prochaine campagne électorale est centrée sur le référendum, le PLQ pourrait se présenter comme le seul capable de freiner les élans du PQ. Je pense que le Parti libéral va probablement reconquérir les régions de Laval et de l’Outaouais. Mais, si la CAQ choisit Christine Fréchette comme cheffe, le PLQ pourrait peut-être aspirer au pouvoir, surtout si le PQ s’embourbe dans sa stratégie référendaire.
Le Parti conservateur du Québec commence tranquillement à s’imposer comme une force politique en dehors de la région de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches. Le PCQ a obtenu 35% et 26% des voix lors des élections partielles d’Arthabaska et de Chicoutimi. Ce dernier a terminé deuxième derrière le PQ. Éric Duhaime a réussi à professionnaliser son parti et il va faire élire des députés lors des prochaines élections générales : en zone rurale à Québec et en Beauce. Mais ce parti de droite risque de bien performer dans certaines régions comme le Saguenay-Lac-St-Jean. Il est en train de prendre sa place dans le paysage politique québécois grâce au travail acharné de son chef.
Également, la CAQ a obtenu une forte majorité lors des élections de 2022. Mais la chute de ce parti fut spectaculaire et rapide. Les troupes de François Legault n’ont pas tenu promesse dans certains dossiers importants comme le troisième lien et l’explosion des dépenses et du déficit. François Legault va quitter son poste quand les militants choisiront leur nouveau chef. M. Legault laisse un parti en ruines. Si Mme Fréchette devient la nouvelle première ministre, la CAQ va disparaître aux prochaines élections. Par contre, Bernard Drainville aurait les capacités d’assurer la survie de cette formation politique. Les nationalistes québécois seraient séduits par le penchant identitaire de M. Drainville. Ce dernier a toujours défendu avec détermination l’identité québécoise. Il est allé au front pour défendre la Charte des valeurs du PQ. De plus, M. Drainville a contribué au renforcement de la laïcité avec l’adoption de la loi 94. Donc, celui-ci serait un adversaire redoutable à PSPP. J’estime que la CAQ pourrait peut-être rêver de conserver le pouvoir avec Bernard Drainville à sa tête.
Pour conclure, on ne sait pas quel parti va remporter les prochaines élections. L’électorat est imprévisible et l’issue du prochain scrutin demeure incertaine. Alors, les prochains mois seront intéressants dans le paysage politique québécois.



