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Trump 2024, l’administration Biden et les présidentielles françaises | Entrevue avec Guy Milliere

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Guy Milliere est geopoliticologue, senior fellow du Gatestone Institute et au American Freedom Alliance a Los Angeles et est également professeur à l’université de Paris VIII. Il est l’ancien président de l’Institut Turgot à Paris et économiste à la Banque de France. Il a publié 40 livres sur la France, l’Europe, les États-Unis, Israël et le Moyen-Orient. Il est l’auteur de milliers d’articles publiés en France, en Israël et aux États-Unis.

Q : Pensez-vous que Donald Trump sera candidat du GOP aux présidentielles de 2024?

Il est trop tôt pour évoquer cette perspective, mais il est clair que Donald Trump a dessiné le 28 février à Orlando une stratégie qui mène à répondre que si, comme c’est probable, la présidence Biden tourne au désastre, si les conditions permettant d’éliminer les fraudes massives qui ont volé l’élection à Donald Trump en 2020 (car, oui, il y a eu des fraudes massives), et si les républicains  remportent une victoire lors des élections de mi-mandat, Donald Trump sera très vraisemblablement candidat en 2024 et aura, comme il l’a dit lui-même, de fortes chances de l’emporter pour la troisième fois.

Je peux reprendre les choses point par point. Premier point. La présidence Biden est, en réalité, d’ores et déjà en train de tourner au désastre: une crise migratoire très grave est en train de prendre forme à la frontière sud du pays. Une crise économique et financière se profile tant les décisions prises dans le domaine économique sont ineptes et nuisibles (une vague d’inflation est enclenchée par le recours délirant à la planche à billets, les prix de l’énergie montent en flèche depuis l’arrêt du Keystone Pipeline et vont avoir des répercussions dans tous les domaines). Une crise internationale se profile au Proche-Orient où l’administration Biden fait preuve de faiblesse vis-à-vis du régime des mollahs, déstabilise l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis et met Israël sous pression. Le désastre semble inévitable, hélas.

Deuxième point: les démocrates veulent faire voter une loi légalisant les fraudes, la loi HR1. Elle a déjà été adoptée à la Chambre des représentants et le sera sans doute au Sénat. La Cour suprême la déclarera sans doute anticonstitutionnelle. Si ce n’est pas le cas, de nombreux États refuseront de l’appliquer et je doute que Biden (ou Kamala Harris qui va lui succéder) envoie l’armée fédérale. Les fraudes massives ne pourront sans doute pas avoir lieu une deuxième fois, d’autant plus que la censure sur tout ce qui concerne les fraudes du 3 novembre ne pourra pas durer indéfiniment. 

Sans fraudes massives, les républicains auront toutes les chances de remporter les élections de mi-mandat, d’autant plus qu’elles auront lieu dans le contexte des désastres que je viens d’évoquer. Trump, dans ces conditions, se présentera sans doute, et devrait l’annoncer alentour de janvier février 2023. Et oui, il aurait alors de fortes chances de l’emporter. Il est, bien sûr, possible que Trump choisisse plutôt de soutenir un candidat de son choix, mais cela me semble, en cet instant, très improbable. Il est possible aussi que les choses se passent autrement, et que les démocrates arrivent à maintenir la loi HR 1 et suffisamment de fraudes  pour remporter les élections de mi-mandat, et en ce cas la situation deviendra très préoccupante, et on sera confronté à un risque de délitement des Etats-Unis, mais ce risque, en cet instant, me semble lui aussi très improbable.

Q : Quelles seront les relations entre le Canada et les USA sous l’administration Biden?

Le Canada a pour l’heure un premier ministre de gauche qui a quasiment toutes les idées requises pour s’entendre avec la gauche américaine présentement au pouvoir à Washington, DC. L’abandon du Keystone pipeline par l’administration Biden a, sur le coup, semblé déplaire à Justin Trudeau, mais passé ce moment initial, Trudeau s’est très bien accommodé de la décision de l’administration Biden. Le Canada pourra continuer à vendre du pétrole de schiste aux États-Unis (moins sans doute et transporté par le rail et la route), et le Canada pourra vendre davantage de pétrole de schiste à la Chine, qui ne demandera pas mieux, et Justin Trudeau est sur des positions d’apaisement vis-à-vis de la Chine, et n’hésitera sans doute pas à aller dans ce sens.

Si le Canada changeait d’orientation politique et si les conservateurs revenaient au pouvoir, les choses deviendraient différentes, mais cela semble improbable. Je sais que des rumeurs d’élections anticipées circulent au Canada, et des élections pourraient avoir lieu avant 2023, mais si des élections avaient lieu au Canada dans les mois à venir, Justin Trudeau, si l’on se fie aux sondages, les gagnerait, et pourrait passer de la situation actuelle où il est à la tête d’un gouvernement minoritaire, à une situation où il pourrait former un gouvernement majoritaire. Nous sommes dans une phase où les gouvernements de gauche sont au pouvoir dans de nombreux pays du monde occidental. C’est le résultat d’un long travail de la gauche pour prendre le pouvoir dans les secteurs de l’éducation, de la culture, du journalisme.

Les conservateurs n’ont pas été assez vigilants. Ils paient leur insuffisante vigilance. La gauche détériore toujours les sociétés dont elle a la charge et, souvent, quand les gens ressentent les effets de la détérioration dans leur vie quotidienne, ils se tournent à nouveau vers les conservateurs pour que ceux-ci redressent la situation, mais ce n’est pas toujours le cas. Parfois la gauche suscite une résignation qui lui permet de rester au pouvoir, et le pays concerné glisse alors vers le déclin.

Q : Quelques sondages donnent Le Pen et Macron en vue de la présidentielle de 2022. Marine Le Pen a-t-elle des chances de devenir présidente de la France?

Je ne pense pas que Marine Le Pen deviendra présidente et a des chances réelles, et je pense qu’Emmanuel Macron sera réélu. Je dis cela sans joie car Emmanuel Macron est à mes yeux en train de détruire la France. Marine Le Pen bénéficiera du mécontentement très net de la population française, sera très certainement au deuxième tour de l’élection présidentielle, et aura un score très élevé, au premier et au deuxième tour. Mais je ne pense pas qu’elle pourra rassembler autour d’elle tous les mécontents. La gauche et l’extrême gauche ont toujours de la force en France, et le discours disant qu’il faut faire “barrage au fascisme” et “sauver la république” se fera entendre à nouveau, bien qu’il soit sans fondement (Marine Le Pen n’est pas fasciste et ne menace pas la république) et jouera le rôle que Macron en attend.

Macron restera dès lors président par défaut: non pas parce que les Français veulent de lui (ce n’est pas le cas), mais parce qu’une majorité de Français continuera à avoir peur de Marine Le Pen. Ce que je dis n’annonce rien de bon pour la France: un président élu par défaut n’a pas de légitimité, et Macron a déjà été élu par défaut en 2017. Pour l’heure, Macron maintient dans le pays des règles dignes d’un régime autoritaire en utilisant la peur de la pandémie, et les Français ne voient pas encore pleinement l’ampleur des dégâts, mais si les règles s’assouplissent, des explosions de colère sont à prévoir.

Macron entend éviter ces explosions de colère en maintenant les règles. Combien de temps pourra-t-il encore le faire? Nul ne le sait, mais plus longtemps les règles seront maintenues, plus les dégâts seront importants. La France décline et est dans une zone de turbulences majeures. Macron est nuisible, mais il n’y a personne qui suscite assez d’adhésion pour le remplacer. C’est une situation tragique.

Que pensez-vous de la condamnation de l’ancien président Sarkozy pour corruption et trafic d’influence?

Cette condamnation montre un peu davantage que la France est un pays à la dérive, et je le dis sans avoir de sympathie pour Nicolas Sarkozy qui, à mes yeux a été un mauvais président (comme tous les présidents français, hélas, depuis des décennies). La justice en France est aux ordres du pouvoir politique, et elle ne rend pas la justice: elle obéit aux ordres. Nicolas Sarkozy semble avoir eu l’intention de se présenter à l’élection présidentielle de 2022, Macron a considéré que Sarkozy aurait été un candidat dangereux pour lui, il l’a fait éliminer.

On peut ajouter que la grande majorité des juges en France sont de gauche et d’extrême gauche, et pour la gauche et l’extrême gauche, Nicolas Sarkozy est un ennemi à abattre à tout prix. Le texte du jugement de condamnation montre un mépris total pour les principes les plus élémentaires du droit et de la présomption d’innocence, et pourrait avoir été écrit par un militant gauchiste. Le commentateur Eric Zemmour a dit, à juste titre, que ce texte aurait pu être signé par Edwy Plenel, le journaliste gauchiste le plus connu en France, et Eric Zemmour a raison. Ce n’est pas la première fois que la justice française vise un ennemi politique de Macron. En 2017, Macron néetait pas au pouvoir, mais la justice française savait qu’un candidat socialiste ou gauchiste ne pouvait être élu, elle savait que Marine Le Pen perdrait. Elle ne voulait pas de François Fillon, elle l’a éliminé.

Sans cette élimination, Macron ne serait pas président aujourd’hui. Si Marine Le Pen se révélait dangereuse en 2022, je ne doute pas que la justice française trouverait un moyen de l’incriminer, et de l’éliminer. Non seulement la France est un pays à la dérive, mais elle n’est plus un pays démocratique et ne garde de la démocratie que les apparences, On ne cesse de le voir, de mois en mois.

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