Ce qui devait être une parenthèse de voyage et de reconstruction personnelle à l’autre bout du monde s’est terminé devant les tribunaux. Un Canadien de 33 ans, installé temporairement en Nouvelle-Zélande, a été condamné pour possession de matériel d’exploitation sexuelle de mineurs et sera expulsé vers le Canada après avoir purgé une peine d’assignation à résidence.
L’homme vivait à Christchurch avec une mère monoparentale et ses quatre enfants lorsqu’une découverte troublante a tout fait basculer. Sa conjointe, avec qui il s’était lié en 2024 après une rencontre sur l’application Tinder, a fouillé son ordinateur portable après avoir ressenti un malaise diffus. Elle y a trouvé un enregistrement vidéo montrant l’exploitation sexuelle d’une enfant. Confronté une première fois, l’homme a nié toute intention criminelle, affirmant qu’il n’avait pas cherché ce type de contenu et qu’il comptait avertir les autorités.
Les doutes ne se sont toutefois pas dissipés. Une semaine plus tard, une nouvelle vérification de l’ordinateur a permis de découvrir un dossier de fichiers supprimés, effacés peu après la première confrontation. La femme a alors pris soin de documenter ce qu’elle avait vu, a caché l’appareil et a exigé qu’il quitte la maison. La police a été appelée peu après.
L’enquête a révélé l’ampleur des faits. Les appareils saisis contenaient 2 680 images et 357 vidéos jugées illégales, dont près de 600 mettaient en scène des enfants âgés de 13 ans ou moins. Devant le tribunal de Christchurch, l’accusé a reconnu avoir acheté deux dossiers de ce matériel, tout en soutenant qu’il n’avait pas visionné l’ensemble des fichiers un à un.
Au moment de la sentence, la juge Jane McMeeken a rappelé que la production de ces images repose sur des agressions bien réelles et qu’elle est alimentée par la demande de consommateurs. Elle a insisté sur le fait que ces infractions doivent toujours être condamnées avec la plus grande fermeté, puisqu’elles touchent directement des enfants parmi les plus vulnérables. La peine maximale prévue par la loi néo-zélandaise pour ce type d’infraction peut atteindre dix ans de prison.
Malgré cela, la cour a imposé une peine réduite de dix mois d’assignation à résidence, suivie d’une expulsion rapide vers le Canada. La juge a expliqué avoir tenu compte de plusieurs facteurs : un plaidoyer de culpabilité précoce, l’absence d’antécédents judiciaires, des problèmes de santé dont la nature n’a pas été rendue publique et un potentiel de réhabilitation appuyé par un suivi psychologique déjà amorcé.
Des conditions strictes accompagnent la sentence. L’homme n’aura pas le droit d’avoir de contacts non supervisés avec des mineurs de moins de 16 ans, ne pourra utiliser Internet qu’avec autorisation et supervision, et devra suivre un programme de traitement obligatoire.
Au milieu du texte judiciaire, on apprend que cette affaire a été révélée par la salle de rédaction du National Post, qui s’appuie sur des informations provenant de Radio New Zealand et du journal The Press de Christchurch. Le quotidien a également contacté Affaires mondiales Canada, qui a confirmé être au courant de la détention du citoyen et fournir une assistance consulaire, sans commenter davantage pour des raisons de confidentialité. L’Agence des services frontaliers du Canada a aussi été sollicitée afin de déterminer quelles restrictions pourraient s’appliquer à son retour.
La conjointe à l’origine de la dénonciation affirme que l’homme n’a jamais agressé physiquement ses enfants, mais reconnaît que certains comportements les rendaient mal à l’aise. Elle décrit une expérience traumatisante, affirmant que les images découvertes resteront gravées dans sa mémoire et qu’elles ont irrémédiablement transformé sa perception de chaque interaction passée.



