La transition verte chinoise : une illusion à 60 milliards de dollars par an

Depuis plusieurs années, la Chine est présentée dans les forums internationaux comme le moteur incontesté de la transition énergétique mondiale. Aux yeux des élites politiques et financières occidentales, Pékin serait à la fois l’usine du solaire planétaire et l’architecte d’un futur décarboné. Pourtant, derrière les communiqués, les sommets et les graphiques flatteurs, les chiffres racontent une toute autre histoire. Dans une chronique au vitriol publiée par MarketWatch, Charlie Garcia démonte méthodiquement ce récit, révélant une réalité économique, énergétique et industrielle beaucoup plus brutale — et beaucoup plus carbonée.

Un discours triomphaliste… contredit par les faits

Dans sa chronique intitulée “Opinion: China’s green-energy revolution is losing $60 billion a year. Why are investors still throwing money at it?”, Charlie Garcia, fondateur et managing partner de R360, revient d’abord sur la mise en scène diplomatique récente de Pékin. Il rappelle que le vice-premier ministre chinois He Lifeng s’est présenté au Forum économique mondial de Davos comme le porte-étendard d’un partenariat mondial fiable en matière de commerce et d’énergies renouvelables.

Le message a été chaleureusement relayé par le Forum économique mondial, qui saluait encore en décembre 2025 la Chine pour avoir « consolidé son statut de puissance mondiale de l’énergie propre ». Mais, souligne Garcia dans sa chronique publiée par MarketWatch, cette célébration repose davantage sur un récit politique que sur une lecture rigoureuse des données économiques et énergétiques.

La Chine brûle plus de charbon que jamais

S’appuyant sur une analyse récente du bulletin financier Doomberg, Charlie Garcia rapporte dans MarketWatch que la Chine brûle aujourd’hui 56 % du charbon consommé mondialement, qu’elle a triplé sa consommation depuis 2000, et qu’elle construit actuellement des centrales au charbon au rythme le plus élevé de la dernière décennie.

Ces chiffres, écrit-il, entrent en collision frontale avec l’image d’un pays en voie de décarbonation accélérée. Alors que les conférences climatiques et les rapports institutionnels encensent le leadership vert chinois, la réalité énergétique demeure dominée par le charbon, pilier historique de la sécurité énergétique et industrielle du pays.

L’hémorragie financière du solaire chinois

L’un des points centraux de la chronique de Charlie Garcia dans MarketWatch concerne l’état réel de l’industrie solaire chinoise. Il rapporte qu’en 2024, la Chine a installé un record de 277 gigawatts de capacité solaire, un chiffre abondamment repris dans les médias internationaux comme preuve irréfutable du succès de la transition énergétique.

Mais ce que ces manchettes omettent, souligne Garcia, c’est que l’industrie solaire chinoise a perdu environ 60 milliards de dollars la même année. Un montant qui dépasse, note-t-il, le PIB annuel de pays comme le Luxembourg.

Toujours selon les données citées par Garcia dans MarketWatch :

  • Plus de 40 fabricants solaires ont fait faillite ou ont été radiés depuis 2024
  • Un tiers des 121 producteurs solaires cotés en Chine opèrent à perte
  • Les quatre plus grands fabricants ont cumulé 1,5 milliard de dollars de pertes au premier semestre 2025, après une année 2024 encore plus désastreuse

Il ajoute que cette spirale a conduit à des licenciements massifs, avec 87 000 emplois supprimés dans cinq grandes entreprises, selon une analyse de documents financiers réalisée par Reuters.

Une capacité solaire largement inutilisée

La chronique publiée par MarketWatch va plus loin en examinant l’efficacité réelle des installations solaires chinoises. Charlie Garcia cite des données de l’Atlantic Council, selon lesquelles le facteur de capacité solaire de la Chine n’était que de 14,7 % en 2023, contre 23,3 % aux États-Unis.

La situation se dégrade encore : en 2024, la capacité solaire a augmenté de 45 %, tandis que la production réelle n’a progressé que de 28 %, ce qui suggère un facteur de capacité tombant vers 11 ou 12 %. Des données de l’IEEFA, rapportées par Garcia, montrent que les heures d’utilisation sont passées de 1 030 heures en 2020 à seulement 473 heures en 2024.

En d’autres termes, résume Garcia dans MarketWatch, les panneaux solaires chinois demeurent inactifs la majorité du temps — une vitrine énergétique coûteuse, incapable de s’intégrer efficacement au réseau.

Un système électrique conçu pour protéger le charbon

Pourquoi cette énergie renouvelable est-elle si peu utilisée ? Selon Charlie Garcia, la réponse se trouve dans l’architecture contractuelle du système électrique chinois. Il explique, dans sa chronique pour MarketWatch, que le réseau fonctionne principalement sur la base de contrats à moyen et long terme garantissant l’achat d’électricité produite au charbon.

Ces contrats, assortis de pénalités en cas de non-respect, assurent au charbon une part de marché indépendante de la disponibilité d’énergies renouvelables. Garcia rapporte que, selon les chiffres officiels, le taux de délestage du solaire a atteint 6,6 % au premier semestre 2025, contre 3,9 % l’année précédente, tandis que l’éolien est passé de 3 % à 5,7 %.

Des analystes indépendants de Carbon Brief estiment toutefois, selon Garcia, que les taux réels seraient plus proches de 5,5 %, révélant un écart significatif entre les données officielles et la réalité du terrain.

L’intégration verticale du charbon

Un autre élément clé souligné par Charlie Garcia dans MarketWatch concerne la structure de propriété des nouvelles centrales au charbon. Il rapporte qu’en 2024, plus de 75 % des nouvelles capacités au charbon approuvées en Chine ont été financées par des entreprises minières ou des groupes énergétiques exploitant eux-mêmes du charbon.

Cette intégration verticale, explique Garcia, permet aux producteurs de sécuriser à la fois l’offre et la demande, verrouillant le système énergétique pour des décennies et neutralisant toute concurrence réelle des renouvelables.

Le méthane, l’angle mort climatique

La chronique de MarketWatch attire aussi l’attention sur un sujet largement absent des discours officiels : le méthane. Charlie Garcia rappelle que les mines de charbon chinoises seraient responsables d’environ 70 % des émissions mondiales de méthane liées à l’extraction du charbon, un chiffre qui pourrait atteindre 75 % si tous les projets en cours sont menés à terme.

Il cite des données satellitaires montrant que la province du Shanxi émettrait à elle seule 1,2 million de tonnes de méthane par an, soit quatre fois plus que certains des plus grands bassins pétroliers nord-américains. L’International Energy Agency estime par ailleurs, selon Garcia, que les émissions de méthane liées à l’énergie sont sous-déclarées d’environ 80 % à l’échelle mondiale.

Des importations de charbon en hausse record

Enfin, Charlie Garcia souligne dans MarketWatch que la dépendance au charbon ne diminue pas : les importations chinoises ont atteint un record de 543 millions de tonnes en 2024, en hausse de 14,4 % par rapport à 2023, qui constituait déjà un sommet historique.

Une stratégie parfaitement rationnelle… mais pas verte

La conclusion de la chronique est sans ambiguïté. Selon Charlie Garcia, la Chine n’a jamais réellement cherché à réduire ses émissions. Elle a cherché à en donner l’impression, tout en sécurisant son approvisionnement énergétique, son emploi industriel et sa stabilité sociale.

Le boom du solaire, écrit-il dans MarketWatch, a servi à absorber des capitaux excédentaires, soutenir les exportations, fournir un discours de façade lors des sommets climatiques et créer des emplois temporaires — non à remplacer le charbon. Celui-ci demeure la véritable colonne vertébrale du système énergétique chinois.

Bref, à travers sa chronique publiée par MarketWatch, Charlie Garcia ne décrit pas une transition énergétique, mais une addition énergétique : du charbon, toujours plus, accompagné de renouvelables déficitaires et structurellement marginalisés. La Chine, conclut-il, ne mène pas la transition verte mondiale. Elle vend le récit, encaisse les bénéfices diplomatiques — et brûle du charbon pour imprimer les slogans.

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