Dans un article publié le 12 août 2025 par BNN Bloomberg, la journaliste Spencer Van Dyk rapporte que le ministre fédéral de l’Énergie et des Ressources naturelles, Tim Hodgson, se montre convaincu qu’il existe un marché solide pour le gaz naturel liquéfié (GNL) canadien, alors que le gouvernement Carney prévoit annoncer, dès le début de l’automne, les premiers projets « d’intérêt national » en vertu de la nouvelle Loi sur la construction du Canada (Bill C-5).
Un marché « prêt à acheter » selon Ottawa
Interrogé par Vassy Kapelos sur le réseau iHeart Radio, Hodgson a insisté sur l’avantage concurrentiel du Canada face aux États-Unis : proximité accrue avec les marchés asiatiques, empreinte carbone plus faible que celle du GNL américain et intérêt marqué de la part des alliés du pays.
« Je sais qu’il y a des acheteurs », a-t-il affirmé, assurant que ses discussions, ainsi que celles du premier ministre Mark Carney et des ministres des Affaires étrangères et du Commerce international, confirment cet engouement.
Actuellement, un seul terminal d’exportation est en activité — LNG Canada, à Kitimat (C.-B.) — qui a commencé ses expéditions en juin 2025. Six autres projets sont en cours. Si les sept voient le jour, la capacité canadienne atteindrait environ 50 millions de tonnes par an, soit la moitié de celle des États-Unis, dont les volumes devraient encore croître d’ici 2030.
La Loi sur la construction du Canada : réponse aux tarifs américains
Comme le rappelle Spencer Van Dyk, Bill C-5, adopté en juin, confère au gouvernement fédéral des pouvoirs élargis pour approuver des projets jugés essentiels à l’intérêt national. Mark Carney le présente comme un outil stratégique pour stimuler l’économie et réduire la vulnérabilité du pays face aux tarifs imposés par l’administration Trump.
Hodgson promet un « ensemble d’annonces progressives » cet automne, au fur et à mesure que des promoteurs présenteront des projets répondant aux cinq critères prévus par la loi. Selon Lisa Baiton, PDG de l’Association canadienne des producteurs pétroliers, cette perspective pourrait générer « plus d’emplois, plus de partenariats autochtones et une plus grande sécurité économique », à condition d’assouplir le cadre réglementaire hérité de la dernière décennie pour attirer les investissements.
Des politiques climatiques encore floues
Spencer Van Dyk rapporte que le ministre a été pressé à plusieurs reprises de dire si le gouvernement Carney maintiendra les objectifs climatiques fixés par Justin Trudeau, notamment la réduction des émissions de 40 % sous le niveau de 2005 d’ici 2030. Hodgson s’est refusé à confirmer, affirmant que la priorité est de produire « le meilleur produit possible » à faible coût et faible carbone.
Concernant des mesures controversées comme la Loi C-69 (« plus de pipelines »), l’interdiction de certains pétroliers au large de la Colombie-Britannique ou le plafonnement des émissions pétrolières et gazières, Hodgson n’a pas exclu des suspensions temporaires, mais refuse de « traiter d’hypothèses » avant l’automne.



