D’après un article de Nicole Thompson et Cassandra Szklarski publié par la Presse Canadienne dans le Globe and Mail le 12 juillet 2025
Le phénomène du smishing, contraction de « SMS » et « phishing », connaît une résurgence inquiétante au Canada. Cette escroquerie numérique, où un simple texto cherche à soutirer des informations personnelles en incitant la victime à cliquer sur un lien frauduleux, est désormais amplifiée par l’utilisation de l’intelligence artificielle.
Nicole Thompson et Cassandra Szklarski rapportent que, selon Jeff Horncastle, agent de liaison au Centre antifraude du Canada, les tentatives de smishing « augmentent probablement », même si les signalements ont diminué. Cette baisse apparente ne refléterait pas la réalité, puisque très peu de Canadiens signalent effectivement ces fraudes.
Les nouvelles technologies permettent aux escrocs de coordonner des attaques massives et de rédiger des messages extrêmement convaincants. Horncastle explique que « l’un des anciens conseils consistait à repérer les fautes d’orthographe », mais cette stratégie devient obsolète, car les outils d’IA rendent les messages bien plus crédibles, même lorsqu’ils proviennent de l’étranger.
La tactique des fraudeurs repose souvent sur la peur ou l’urgence : un colis bloqué, un compte bancaire suspendu ou encore une fausse promesse de remboursement d’impôts. L’illusion est renforcée par le fait que les numéros de téléphone peuvent être usurpés pour apparaître comme appartenant à des institutions reconnues, y compris l’Agence du revenu du Canada ou même le Centre antifraude lui-même.
Le Bureau de la concurrence du Canada a récemment publié une alerte, affirmant que le public observe une recrudescence de messages douteux. Josephine Palumbo, sous-commissaire à la direction des pratiques de commercialisation trompeuses, souligne que « le public informé est la meilleure protection contre le smishing ». Elle précise également qu’il est difficile de remonter jusqu’aux auteurs, ceux-ci utilisant fréquemment des cartes SIM prépayées sans vérification d’identité.
Selon les données du Centre antifraude, 886 rapports de smishing ont été enregistrés pour les six premiers mois de 2025, contre 2 546 pour l’année 2024. Mais comme l’indique Horncastle, cela ne représente qu’un très faible pourcentage des cas réels, estimant que seulement 5 à 10 % des victimes prennent la peine de déclarer ces fraudes.
L’intelligence artificielle ne se limite pas à la rédaction de textos : elle est aussi utilisée pour exploiter des fuites de données et identifier des cibles potentielles. Horncastle prévient que les fraudeurs « peuvent maintenant créer des messages d’hameçonnage en masse et les envoyer automatiquement via des plateformes sophistiquées ».
Le Bureau de la concurrence recommande vivement de ne jamais cliquer sur des liens suspects, de transférer les textos frauduleux au 7726 (SPAM), de bloquer l’expéditeur et de supprimer le message sans y répondre, même si celui-ci demande un simple « STOP ».
En somme, alors que l’arsenal technologique des escrocs s’étoffe, la vigilance et la sensibilisation demeurent les meilleurs remparts contre ces cyberattaques quotidiennes.



