Un arrêt progressif des vols dès jeudi
Selon un reportage de The Canadian Press publié par CTV News, Air Canada a annoncé qu’elle amorcera dès jeudi une suspension graduelle de ses vols, afin de procéder à un arrêt ordonné de ses opérations dans l’éventualité d’un conflit de travail avec ses agents de bord. Les premières annulations sont prévues pour le 14 août, suivies d’une deuxième vague vendredi, avant une interruption totale des vols d’Air Canada et d’Air Canada Rouge au cours du week-end.
Les vols d’Air Canada Express opérés par Jazz et PAL Airlines ne seront pas affectés et continueront d’être assurés normalement. La compagnie a précisé que les clients touchés recevront une notification, auront droit à un remboursement complet et, lorsque possible, bénéficieront de réacheminements via d’autres transporteurs canadiens et étrangers.
Une escalade rapide du conflit
Le syndicat représentant environ 10 000 agents de bord a émis mercredi un préavis de grève de 72 heures. En riposte, Air Canada a transmis un avis de lock-out, confirmant que les négociations sont dans une impasse. Le chef de la direction, Michael Rousseau, a déclaré dans un communiqué : « Nous regrettons l’impact qu’une interruption aura sur nos clients, nos partenaires et les communautés que nous desservons ».
Mardi, la direction avait déjà reconnu que les pourparlers étaient bloqués, les deux parties restant éloignées sur plusieurs points clés. Le syndicat reproche à l’employeur de refuser de s’attaquer à ce qu’il qualifie de « salaires de pauvreté » et au travail non rémunéré lorsque les avions sont au sol.
Rejet de l’arbitrage et volonté de vote des membres
Toujours selon The Canadian Press, Air Canada avait proposé de recourir à un arbitrage exécutoire, solution rejetée par le syndicat. Ce dernier soutient que cette procédure priverait ses membres de la possibilité de se prononcer, puisque la décision de l’arbitre serait finale et non soumise à un vote.
Le syndicat estime également que les arbitres ont tendance à « s’appuyer sur les précédents et sur le statu quo », ce qui irait à l’encontre de ses objectifs dans la négociation actuelle. Il affirme vouloir parvenir à une entente négociée qui puisse être présentée aux membres pour approbation.
Un bras de fer aux répercussions nationales
Ce conflit survient à un moment où la demande en transport aérien demeure élevée, notamment durant la saison estivale. L’arrêt complet envisagé d’ici la fin de semaine pourrait perturber les plans de voyage de milliers de passagers, affecter les correspondances internationales et mettre à l’épreuve la capacité des autres transporteurs à absorber la clientèle redirigée.
La situation illustre également la tension croissante dans le secteur aérien canadien, où les enjeux de rémunération, de conditions de travail et de reconnaissance professionnelle des équipages refont surface après plusieurs années de turbulences économiques liées à la pandémie et à la reprise du trafic aérien.



